I. Voir à ce sujet l'édition de P. Paris, VI, p. 5o3-3o
3i4 AUGUSTE MOLINIER
feuillet, des vers latins, dont nous donnons les six premiers, seuls à retenir :
Ut bette régna regas, per que bene régna reguntur, Hec documenta legas que libri fine sequuntur, Ut mandata Del serves prius hoc tibi presto, Catholice fidei cultor dévolus adesto. Sancta patris vita per singula sit tibi forma, Menteque sollicita sub eadem vivito norma...
Les pièces de vers sont écrites de la même main que le corps du volume.
La fin du manuscrit est occupée par une copie visiblement plus récente de la vie française de saint Louis, traduite du latin de Guillaume de Nangis. Cette partie du volume date du xiv*^ siècle. M. Meyer a le premier fait remarquer qu'entre les deux parties il y avait trace de feuillets coupés. La vie de S. Louis a donc remplacé un morceau plus ou moins considérable.
Les deux pièces de vers, française et latine, sont adressées au même prince, à un roi Philippe ; la première se rapporte au roman des rois, aux Grandes chroniques, la deuxième servait d'intitulé a des documenta dont le poète recommande au roi la lecture et la méditation. De Wailly, et avec lui M. Meyer, supposent que ce saint roi dont la vie doit servir de modèle à son fils, est Philippe III le Hardi. Sans vouloir aucunement dilïamer ce prince, c'est à notre sens lui faire beaucoup trop d'honneur. Philippe fut un prince pieux et plein de courage, mais figure assez terne, il ne paraît pas avoir joui d'une réputation si extraordinaire de son temps. Comment d'ailleurs interpréter le mot documentai Cette expression, M. Brosien en a fait la remarque, est employée également par Nangis et désigne chez ce dernier un texte bien connu, les Enseignements de S. Louis, dont un poète en 1274 pouvait bien naturellement recommander la lecture au fils de ce même prince, Philippe III. Nous croyons donc avec le savant allemand que c'est bien à Philippe III que le versificateur s'adresse et que le manuscrit renfermait primitivement, outre le texte français des Grandes chroniques, le texte latin des Enseignements, et c'était pour faire honneur a ces Documenta vénérés qu'on les avait fait précéder d'une peinture de cette importance. Le volume renfermaitil dès lors une vie de S. Louis, la question paraît superflue a discuter; nous penchons pour la négative ', toutefois le manuscrit de Sainte-