Villani, VII
NOTES SUR LE FORMULAIRE DE RICHARD DE POFI i^^
dont le nom manque, mais doit être Lucques,car c'est à Lucques seule que peuvent convenir des expressions comme celles-ci : militas tribulationes et perseciitiones hostiles ut Ecclesiam ipsam non lederent... diutius in angusto positi siibierunt ; . . . licet postremo severitate tyrampnica compulsi dolentes deviuni. declinarunt, nunc auteni. . . ad nostra et ejusdem Ecclesie mandata que per spéciales syndicos ad hoc ordinatos servare jurarunt dévote et huniiliter redierunt. Mais cette bulle suppose les Lucquois déjà absous. Or il est naturel de la rapprocher de P. 19 478 (29^nov. 1265), où le pape mentionne des ambassadeurs lucquois qui se rendent auprès de Charles d'Anjou, et de P. 19486 (28 déc. i 265), où le pape insiste sur les services que Luc(jues pourrait rendre au roi, soit en facilitant le passage de ses troupes, soit comme base d'opérations en Toscane. Je crois donc qu'il convient de placer la réconciliation de Lucques et du Saint-Siège et par conséquent le n" 17 vers novembre 1265 ; et le n° 18 à la fin de novembre ou dans le courant de décembre de la même année.
La bataille de Bénévent provoqua naturellement en Toscane une réaction guelfe. Le pape put espérer un instant ramener toute la Toscane sous son influence; l'année 1266 est marquée par d'activés négociations entre le Saint-Siège et les diverses villes toscanes. Dans le formulaire de Richard de Pofi se trouvent plusieurs lettres qui s'y rapportent. D'abord (19, fol. i74v°) une bulle du [ i i mai 1266] par laquelle Clément IV charge son chapelain j Bernard de Languisselj d'absoudre les Siennois, après avoir reçu leur soumission ; puis (20, fol. 172 v°), une autre bulle [4 août 1266] par laquelle le pape accrédite auprès des [Siennois] le même [Bernard de Languisselj pour recevoir la ratification de la paix conclue par l'entremise du pape entre eux d'une part, leurs exilés, les comtes \de Pitigliano et de Santa-Fiore, et Orvieto] de l'autre. Je connaissais déjà ces deux bulles, conservées en original aux Archives de Sienne; le texte donné par Richard de Pofi (sauf quelques lapsus de copiste et la suppression des noms propres) est parfaitement conforme aux originaux; on a ainsi un moyen de contrôler le degré de confiance que mérite notre formulaire. On y rencontre encore [21, fol. i'j'i\ une lettre [adressée probablement à Bernard de Languisselj par laquelle le pape lui enjoint d'imposer aux habitants de Sienne et d'Orvieto une trêve, l'acceptation de son arbitrage, et la mise en liberté de leurs prisonniers respectifs. Cette pièce, dont je n'ai pas retrouvé l'original à Sienne, est bien probablement contemporaine du n'' 19.
Le pape se préoccupait en même temps^ en Toscane comme en Sicile, de châtier les prélats qui avaient pris parti pour Manfred.
L'évêque de Grosseto, très ami des Siennois, s'était particulièrement compromis avec les Gibelins. Le 2 5 juillet 1266, les Siennois décidaient d'intercéder en sa faveur auprès du pape'. Notre formulaire renferme précisément (22, fol. 2 55,, une bulle qui le concerne; c'est un ordre ;à Bernard de Languissel?] de citer à comparaître devant le pape un évêque qui ne peut être que celui de Grosseto, puisque la citation doit être faite in majori ecclesia Grossetensi.
On sait que Clément IV ne réussit pas par la seule diplomatie, à rendre la prépondérance au parti guelfe. Conradin devenant menaçant, il se décida à la fin de mars 1267 à inviter Charles d'Anjou à envoyer des troupes en Toscane '. C'est certainement après ce moment et avant l'arrivée en Toscane de Charles d'Anjou lui-même -\ que se place une lettre '23, fol. 244) par laquelle le pape, après avoir félicité une ville de sa récente soumission, l'exhorte à soutenir énergiquement l'évêque [d'Arezzo '] et les troupes du roi [de Sicile]. Je serais tenté de croire que cette lettre est adressée à Florence, jusqu'alors excommuniée, et qui passe décidément au parti guelfe le 16 avril I 267 -\ Deux autres bulles, dans notre collection, concernent Florence. 24, fol. 188. Le pape écrit [à Jean de Brayselve, vicaire général de Charles d'Anjou en Toscane ", ou à Jourdain de l'Isle, vicaire royal à Florence '']., qui avait sommé le frère et les neveux du cardinal [Ottaviano degli Ubaldini] de se soumettre à lui et de lui donner des otages, que ceux-ci, bien que dévoués au roi |de Sicile], ne peuvent pour le moment entrer à son service, et qu'ils ne sont pas d'ailleurs ses feudataires, non plus que ceux de la commune de Florence; le pape défend d'user à leur égard d'aucune violence. - 25, fol. 187 v°. Le pape après avoir rappelé les services rendus à [Florence] par le cardinal [Ottaviano], défend aux [Florentins] d'élever aucune revendication sur les châteaux qui lui appartiennent.
J'ai publié ailleurs^, une lettre du 17 juin 1268, par laquelle Clément IV reproche aux Florentins d'avoir de nouveau, et malgré ses ordres antérieurs, attaqué les terres du cardinal Ottaviano. Ces ordres antérieurs sont bien probablement notre n°25. Quant au rôle