‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 273 sur 340 · Les chronikes des comtes de Flandre, Bruges · texte numérisé non relu

Les chronikes des comtes de Flandre, Bruges

4. Voy. par exemple Kervyn, Istore, etc., p. 4 (notice sur la fondation d'Anchin), p. 32 (description de la tombe de Baudouin à la hache), p. 36 (supplice d'Isaac, meurtrier de Charles le bon par les bourgeois de Saint-Omer), p. 41 (description de la tombe de Guillaume de Normandie'i.

5. Ibid., p. 3 5. L'abréviateur parle du retour de Charles le bon de France en Flandre, sans s'apercevoir qu'il a oublié de dire antérieurement que le comte s'était absenté pour le service du roi.

II. M. L. Delisle a montré récemment que la Chronique de Flandre a utilisé une histoire des rois de France rédigée en français contenue dans le ms. 6295 du fonds des Nouvelles acquisitions françaises de la Bibliothèque Nationale', Les emprunts faits par elle à cette source vont du règne de Thierry d'Alsace aux événements qui suivirent la bataille de Bouvines ' (Sauvage, pp. 11-41 ; Kervyn, pp. 43-1 2 5). Le compilateur a sauté gauchement du texte de V Ancienne chronique à celui de l'histoire des rois de France. 11 ne s'est pas donné la peine de chercher une transition pour dissimuler la soudure, qui reste visible. La marche de la narration est brusquement interrompue comme par un heurt après la mort de Guillaume de Normandie, et le lecteur se sent jeté sur une autre voie 3, C'est non seulement la forme, mais encore la matière même du récit, qui changent subitement. Jusqu'à Thierry d'Alsace, il n'a été exclusivement question que de la Flandre. Désormais, nous n'avons plus affaire qu'à un abrégé d'histoire de France. Si l'on n'était prévenu par le titre, on ne se douterait pas que l'on a sous les yeux une chronique flamande. On n'y peut relever, en effet, aucune touche de couleur locale, aucune trace de tradition nationale. Les quelques mots qui sont consacrés à Thierry et à Philippe d'Alsace ne sont amenés que par les relations de ces princes avec le roi et par le rôle qu'ils ont joué pendant les croisades. Si Ferrand de Portugal est un peu mieux traité, c'est tout simplement parce qu'il figure au premier rang des ennemis de Philippe Auguste. Mais en revanche, le règne de Jeanne de Constantinople est entièrement sacrifié. Manifestement, l'abréviateur ne soupçonne même pas l'existence d'une historiographie flamande. Il ne s'inquiète pas de savoir quelle a été, dans leur pays même, l'importance des comtes du xii^ et du commencement du xiii^ siècle. De leurs luttes avec les seigneurs locaux, de leurs rapports avec les villes ou avec les princes voisins, pas un mot. Il ne voit en eux que de grands vassaux combattant leur suzerain. Il n'a pas cherché à intercaler dans la trame de l'histoire des rois de France qu'il a abrogée, quelques épisodes empruntés à la tradition flamande. S'il ajoute quelque chose à sa source, ce sont de longues digressions sur les croisades, puisées dans la chronique d'Ernoul '. Ça et là, il est

1. Notice sur la chronique d'un anonyme de Béthune du temps de Philippe-Auguste. {Notices et extraits des mss. de la Bibliothèque nationale, t. XXXIV, i ""e partie, p 378.) Cf. Petit Dutaiilis, Revue hist., t. L, p. 70.

2. M. H. Vander Linden a bien voulu comparer, à ma demande, le texte de la Chronique de Flandre avec celui du ms. 6295, f* 44-62. Je lui en adresse ici mes vifs remerciements.

3. Comparez dans l'édition de Kervyn, Istore, etc., la fin de la page 41 et le commencement de la page 43 .

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