‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 281 sur 340 · Walsingham, 1, 324. Cf. Chron. Anglise, p. SgS · texte numérisé non relu

Walsingham, 1, 324. Cf. Chron. Anglise, p. SgS

4. C'est d'ailleurs l'opinion que soutient Lechlei' : Johann von Wiclif und die VorgescIiiclUe der Reformation, I, 412 et suiv. (Leipzig, 1873, 2 vol.)

LES PREDICATIONS POPULAIRES 38i

que ce dernier avait formé un corps de prédicateurs pour convertir toute la nation à ses doctrines; John Bail « ajouta que, si on ne résistait pas, /7s détruiraient tout le royaume. — Cette confession fut dûment rédigée sous forme d'instrument public, comme on le verra à la fin, » L'évêque Baie a ajouté sur le manuscrit, en marge : « Sed hucusque non patet ' ». La copie de l'instrument public en question n'a pas été insérée dans les Fasciculi, ou a été perdue. C'est dommage. Mais ce texte, à supposer qu'il ait jamais existé et qu'il fût authentique, suffîrait-il pour nous faire croire que John Bail a été véritablement le disciple de Wycliffe, que celui-ci se proposait de bouleverser tout l'ordre politique et social, et que par conséquent il faut lui attribuer ja majeure responsabilité de la révolte de i38i ? Nullement.

Les confessions auxquelles on contraint les condamnés sont toujours suspectes au Moyen Age, même en Angleterre. Celle-ci contient des assertions particulièrement invraisemblables. D'abord, ainsi que l'ont déjà dit plusieurs historiens, John Bail ne saurait être considéré comme un disciple de Wycliffe. Tout au plus peut-on croire qu'il a adopté sur le tard quelques-unes des théories du recteur de Lutterworth, qui venaient confirmer et préciser les siennes. Il ne faut pas oublier qu'au dire de tous les chroniqueurs il s'est mis à prêcher une vingtaine d'années avant la révolte, donc environ quinze ans avant que Wycliffe ait pris position comme réformateur". C'est lui qui a donné au fameux hérésiarque l'exemple de la rébellion, et ce n'est pas sans quelque raison que Knighton l'appelle à plusieurs reprises le précurseur de John Wycliffe-'. Quant à soutenir que Wycliffe désirait une révolution dans l'ordre civil, aucun de ceux qui connaissent sa vie et ses ouvrages n'y a jamais songé. Il voulait certainement le maintien d'un régime politique qui, après tout, le laissait libre de parler et d'écrire ; il cherchait des appuis dans l'aristocratie, et était l'ami du duc de Lancastre. On feuilleterait en vain ses œuvres pour y trouver la justification des exigences nouvelles de la classe rurale. Au contraire il a conseillé aux vilains la résignation. Enfin il a désapprouvé formellement le soulèvement de i38i, qu'il a appelé un (( lamentabilis conflictus ^ ». On peut croire qu'il était sincère. Il n'est pas inutile de remarquer que Wycliffe était recteur de Lutterworth,

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