Cabinet des manuscrits, t. III, p. i
5. Le texte que nous donnons est celui de l'inventaire de 1411 (Ms. fr. 2700, fol. 81 ^"-8 2, n»s 370 et 38i) désigné, dans le catalogue de M. L. Delisle, par la lettre D. Cf. [Van Praet], Catalogue de l'ancienne bibliothèque du Louvre, Paris, i836, in-S", n° 35 7 et 517; L. Douët- D'Arcq, Inventaire de la bibliothèque du roi Charles VI, fait au Louvre en 1423 (1424), Paris, 1867, in-S", nos 383 et 393.
LE MANUEL D'HISTOIRE DE PHILIPPE VI DE VALOIS ^l-j
SOUS le numéro 889 doit être identifié avec celui qui porte aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale le numéro 19477 du fonds français. Tel est l'avis qu'a bien voulu nous exprimer M. L. Delisle auquel nous avons soumis le cas. Ce qui nous faisait hésiter, bien que les deux premiers mots du second feuillet fussent ceux qui sont indiqués ici : le catalogue, c'est qu'il n'en est pas ainsi des premiers mots du dernier feuillet. Mais il est aisé de remarquer que le dernier cahier a été refait et que les caractères paléographiques de son écriture permettent d'en placer la réfection après 1424, date du dernier inventaire de la bibliothèque de Charles V . Ce volume subit donc, à sa sortie de cette illustre bibliothèque, une mutilation dont on chercha vite à le guérir. C'est un nouveau numéro à ajouter à la liste des épaves de cette fameuse collection '.
Un examen même rapide du texte des manuscrits de notre chronique conservés à la Bibliothèque Nationale nous forcerait à donner à notre travail, déjà très long, des développements auxquels nous ne pouvons songer. Nous nous contenterons donc de signaler les continuations qui s'y trouvent et de dresser ensuite la liste des manuscrits dans lesquels nous l'avons reconnue '.
A. Continuations.
I. Quatre de ces manuscrits ont reçu des continuations qui ont été prises dans les continuations de Guillaume de Nangis. L'une d'elles va jusqu'à 1384 (Nouv. acq. fr. 1159) et les autres jusqu'à i339 (Fr. 4947) et 1347 (Fr, 693 et i368 . Elles sont tirées de ces familles de manuscrits auxquelles M. L. Delisle a assigné les lettres E et
1 . Le n" 890 ne paraît devoir eue identifié ni avec l'un des manuscrits conservés aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale, ni avec l'un de ceux dont nous avons constaté l'existence dans d'autres bibliothèques. Les mots : fu faicte, qui commençaient le second feuillet se trouvent dans le paiagraphe consacié à la Création.
2. Voici, afin qu'on puisse facilement reconnaître cette chronique dans les manuscrits, les premiers mots des deux prologues et du premier chapitre : Premier prologue : << La cause de faire cette compillacion fu la grant instance d'un grant baron de Fiance. . . >• — Deuxième prologue : << Il est assavoir que puisque le compiieour ot ceste œuvre coDipilée. . . » — Premier chapitre : <• Comment Diex fist tout le monde en vi jours. Au commencement, ainsi comme la sainte Escriiure le tesmoigne, Dieu créa le ciel et la terre, selonc les docteurs et les sains, en une masse confuse que il appelent matire sanz forme, et les ancians philosophes appelent celle masse caos. . . » (Fr. 19477,(0!. 2i'''"-22.)
438 CAMILLE COUDERC
F dans son classement des manuscrits de Guillaume de Nangis'.
II. Trois manuscrits (Fr. 1405, 4940 et 4948) ont reçu des continuations qui s'arrêtent à i383 et finissent toutes par les mots suivants : « ... en Flandres qui est dessus nommé. »
III. Trois autres (Fr. 1406, 4980 et 24910) ont été l'objet de continuations indépendantes qui s'arrêtent respectivement à i336, 1340 et i383.
IV. Deux manuscrits ne contiennent que l'addition relative à P.Remy(Fr. 1410 et 4939), deux s'arrêtent à la mentiondel'avénement de Philippe VI (Fr. 19477 et Nouv. acq. fr. 14 10) et un (Fr. 4957), visiblement incomplet, à l'avènement de Charles le Bel.
Il semble, en effet, que le passage relatif à P. Remy doive être considéré comme une addition. Non seulement on ne le trouve pas dans deux manuscrits, dont l'un (Fr. 19477) peut compter parmi les plus anciens, mais il ne figure pas d'avantage dans les trois autres manuscrits de la seconde rédaction (Fr. 693, i368 et 4947). Les emprunts faits aux continuateurs de Nangis y commencent immédiatement après la mention de l'arrivée au trône de Philippe VI. La pendaison de P. Remy y est bien signalée, dans le paragraphe consacré à l'année i328, mais en une ligne : « Celle année mesmes, avoit il fait pendre Pierre Remy, qui avoit esté trésorier du Roy ». Dans la première comme dans la seconde rédaction, la chronique devait donc finir par les mots suivants: « ... et régna pour li Philippe, jadis fils Charles, conte de Valois et d'Engo, lequel fu filz le roy Philippe, le filz saint Loys, lequel règne a présent'. »
B. Manuscrits.