‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 44 sur 340 · Isid., De reg. Goth., 35 ; ibid., 5i · texte numérisé non relu

Isid., De reg. Goth., 35 ; ibid., 5i

Son attitude à leur égard est un problème qui a donné lieu à diverses solutions, Certains historiens, dom Vaissete, Tillemont, Fauriel regardent sa conduite comme dictée par le fanatisme le plus ardent. Les autres, Dahn, Révillout, Lœhning pensent que les mesures d'Euric contre les catholiques ont été provoquées par la nécessité où il se trouvait de combattre l'influence romaine représentée surtout par les évèques.

Ce qui, en réalité, a provoqué ces discussions, c'est la nature des deux textes principaux que nous ayons sur ce sujet : ils émanent de deux évèques catholiques, Sidoine et Grégoire de Tours '. Ces textes se réduisent même à un seul : Grégoire de Tours, de son aveu, s'inspire de la lettre de Sidoine à Basilius, qui reste ainsi le document fondamental. Cette lettre est suspecte, parce qu'elle a été écrite en pleine guerre d'Euric contre l'empire, au moment où l'évêque de Clermont dirigeait la résistance de l'Auvergne. Elle contient un tableau lamentable de la situation de l'Eglise catholique, situation que Sidoine attribue à la violence de la persécution wisigothi(|ue. Il prétend que, dans plusieurs diocèses, des églises restent sans titulaires. Les édifices du culte tombent en ruines; dans les villes comme dans les campagnes, les habitants cessent de les fréquenter. Ces plaintes, Sidoine les illustre par des exemples : Bordeaux, Périgueux, Rodez, Limoges, Javols, Eauze, Bazas, Comminges ont perdu leurs évèques sans que ceux-ci aient été remplacés. Selon d'autres textes, certains évèques auraient été bannis, quelques-uns même, comme Galactorius, évêque de Lescars, mis à mort".

En examinant de près ces accusations, on voit qu'elles perdent beaucoup de leur importance. L'abandon des églises, la négligence des fidèles sont moins un résultat des violences d'Euric que les suites naturelles d'un affaiblissement général de la foi catholique au v^ siècle. Les actes des différents conciles en témoignent. Les conciles d'Arles (452), d'Angers (455), l'édit de Glycérius '478) renferment des dispositions destinées à raffermir la discipline ecclésiastique % à réformer les mœurs du clergé séculier ' et régulier % à faire cesser le scandale des élections épiscopales*'. De plus, certains faits rapportés par des écrits ecclésiastiques, sont controuvés : ainsi la désaffectation de l'église de

1. Sidoine Apoii., Ep. VII, 6. — Grég. de Tours, Hist. Fr., H, 2 5.

2. Grég. de Tours, Hist. Fr., Il, 20. — Vita sancti LiceiitiAcl. Sanctoriim, 27 août . — Vita sancti Galactorii (Act. Sanct., 27 juillet).

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