‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 47 sur 340 · Grég. de Tours, De glor., martynun · texte numérisé non relu

Grég. de Tours, De glor., martynun

6. Concile d'Arles, 4^2, Can. 10 et 11. — Concile d'Angers, 4^5, Can. 4.

du règne, les Wisigoths apparaissent comme les ennemis irréductibles de la foi catholique. Aussi les catholiques invoquent-ils contre eux le secours des Francs, le seul peuple barbare qui ne soit pas arien parce qu'il n'est pas encore chrétien. Tout comme les évêques burgondes ', les évèques du royaume wisigothique entrent en relations avec les Francs'. Ainsi fait, par exemple, Voluscanus, évèque de Tours, dont les intrigues sont découvertes et punies par un emprisonnement en Espagne. Mais ni les rigueurs, ni la bienveillance ne réussissent à changer les dispositions des catholiques. Au début du vi^ siècle, sous l'influence de leurs évêques, les catholiques du royaume wisigothique souhaitent ardemment la domination franque et travaillent à la préparer.

La différence de religion entre vainqueurs et vaincus, avec les tiraillements incessants qui en résultaient, telle fut la cause principale de la ruine d'une puissance qui semblait appelée à de longues destinées. Ajoutons-y la perturbation morale provoquée par un siècle entier de guerres et d'invasions, les progrès croissants du désordre matériel et de la misère qui les accompagnaient, et nous constaterons bien vite que le royaume wisigothique fondé par Euric ne répondait guère à sa brillante apparence. La culture romaine que ces Barbares avaient commencé à s'approprier ne devait servir qu'à les affaiblir en les amollissant. Aussi, moins de vingt ans après la mort d'Euric, le royaume constitué par lui en Gaule s'effondrait sous les coups des Francs, et une seule bataille anéantissait presque la domination wisigothique dans ce pays.

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