‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 58 sur 340 · Patr. lat., XCVl, p · texte numérisé non relu

Patr. lat., XCVl, p

2. Je ne suis point complèlement sur que l'indication de la flotte manque dans le document en question. Le texte donne : ex Cabarisianis et Septensianis, seu de Sardinia atque de Africaiio exercitu. Gelzer (éd. de Georges de Chypre, p. xliii) a fort ingénieusement corrigé Calarisianis. On peut remarquer pourtant que le mot Septensiani pourrait désigner à lui seul tout ce qui restait de l'exarchat d'Afrique (Afrique et Sardaigne), et au lieu du Cabarisiani, on pourrait rétablir, au moyen d'une transposiiion de lettres qui n'est pas rare, Carabisiani.

3. Miracles de S. Déinélrius [Patr. grecque, CXVI, 1 3 49). Théodore Studite le nomme encore à la fin du viii'^ siècle [Pair, gr., XCIX, 918).

la plupart de ces thèmes primitifs'. Ce ne sont point des noms purement géographiques, tels que ceux qui s'appliqueront d'ordinaire aux provinces de création postérieure: on ne dit point le thème d'Arménie, d'Anatolie, de Cibyra ou d'Hellade, mais bien le gouvernement des Arméniaques, des Anatoliques, des Cibyréotes, des Helladiques; et de ce fait, on peut légitimement conclure que ces termes ont commencé par désigner un groupement d'hommes plutôt riu'une réunion de circonscriptions territoriales.

Les titres que portent les commandants des premiers thèmes ne sont pas moins significatifs. Ils ne sont point, comme au x^ siècle, uniformément désignés par le terme de patrice et stratège. Sur neuf gouvernements que nous connaissons, il y a, à côté de cinq stratèges, deux exarques, un drongaire, celui des Cibyréotes, et un comte, celui de l'Opsikion. Outre que la variété de ces ap[)ellations indi(|ue bien le caractère successif de la réforme accomplie, leur nature permet une autre conclusion encore. Ces titres appartiennent nettement à la hiérarchie militaire et ils ne comportent essentiellement aucune attribution de Tordre civil.

11 y a plus. Le mot thème, qui désigne au x*^ siècle les divisions administratives de l'empire, ne se rencontre jamais à l'époque que nous étudions. Le patriarche Nicéphore ne remploie pas une seule fois ; Théophane, sauf une exception unique, ne s'en sert qu'à partir de la première moitié du viii^' siècle'. Au lieu de ce mot, un terme — et très caractéristique — revient sans cesse dans les textes : c'est celui de cj-paTo; ou d'exercitiis. Je relève dans Nicéphore par exemple les mentions suivantes : '( le corps d'armée appelé Anatolique » (to-: àva-ro/axoù xaXouaÉvou crToa~£ÙaxTo;), « l'armée dite des Anatoliques » (toO' TO)v àvaToX'.xo)v ÀïyotjLÉvou (TToaTou) -\ De même on trouve « l'armée appelée des Arméniaques » (xou xaÀouaÉvo-j Toiv 'Asaîv.axov TToatou), « l'armée dite de l'Opsikion « (t.o tou '(hlr/J.o-j Àïv^^aÈvc) ^Tpaxcô), « l'armée appelée des Cibyréotes » (toW K-.pusxuoTwv xaÀouaÉvou cTiaxou) . Même chose dans les textes latins : le stratège de Sicile est désigné comme le chef de Vexercitus insiilae Siciliae -' ; ailleurs on rencontre Vexercitiis Italiae ", ou Vexercitus Afncanus ; et c'est là si bien un terme officiel que dans la lettre impériale déjà citée, Justinien II énumère

1. Bury delà a fait celle remarque, mais d'une façon beaucoup trop absolue yl. c, p. S^o;.

2. Théophane, p. 3S3 Opsikion, ann. 7i3), 414 iThracésiens, ann. 741). 417 (Arméniaques, ann. 742), 352 (Anatoliques, ann. 669). Théophane ne nomme pomi d'autres 9£ua-:a.

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