I. Pardessus. Diplomata, n
joutent des diplômes de Childebert III pour Saint-Denj's (710) et de Chilpéric II pourCorbie (716)'. Viennent ensuite des diplômes carolingiens de Pépin, de Charlemagne, de Louis le Pieux, de Charles le Chauve. Ces actes sont nombreux. Quatre ont pris place dans les formules impériales : un est un don de tonlieu à une église; trois sont des exemptions de l'impôt indirect dans tout l'empire ou des régions déterminées'. Notons ce premier fait. Les plus anciennes chartes d'immunité, celles qui sont insérées dans les formules de Marculfe et de Sens, ne contiennent aucune clause relative aux privilèges commerciaux du couvent \
De cet ensemble de documents se dégage donc cette impression, que l'immunité commerciale est surtout conférée par les Carolingiens, à l'époque même où Tévêché et l'abbaye, devenus grands propriétaires, se transforment en commerçants privilégiés. C'est au viii*' siècle que leur puissance économique se constitue.
Remarquons encore que la plupart de ces chartes sont concédées à des monastères. Sur une trentaine de diplômes, six seulement concernent des évêchés : Trêves, Angers, Orléans, Nevers, Paris, Vienne^. Ce n'est pas que les rois aient prétendu faire un partage inégal de leurs bienfaits. Ce n'est pas non plus que les abbayes aient été mieux dotées, plus riches que les églises épiscopales. Mais par leur situation sur les fleuves ou les grandes voies, le nombre de leurs moines, leurs règles même, elles formaient des colonies de travail aussi bien que de prières. Elles devenaient des centres importants de production, de consommation ou d'échange. On comprend ainsi la part qu'elles prennent au mouvement commercial de leur temps. Un grand nombre de transactions, au ix^ siècle, se font par elles et à leur profit.
Analysons maintenant ces chartes d'immunité. Leur forme et leurs concessions sont très diverses. En voici une que nous empruntons aux formules de la chancellerie de Louis le Pieux -\
« A tous les évêques, abbés, etc., nous faisons connaître que le » vénérable homme Adam, abbé du monastère de Jumièges, nous a » présenté un diplôme de notre seigneur et père, d'heureuse mémoire, >' Charles- Auguste, dans lequel il était écrit que lui-même et notre