Baluze, t. II, col 1402 : Actum Cassanogelo palatio
4. Doni Bouquet, t. VI, p. 666 : Actum in Casanogili palatio.
5. Dom Bouquet, t. VIII, p. 3oo : In Aquitania Karoli Magni imperatoiis palatium, quod Cassinogilum vocabatur dissipatum est et eveisum. »
6. La fréquence de noms français ou provençaux qui supposent Cassinogilum a l'origine confirme l'hypothèse faite par les grammairiens (cf. notamment W. Meyer dans la Zeitschrift filr romanische Philologie, VIII, p. 236) d'un mot bas-latin cassinus ou cassanus, signifiant chêne. De là viendrait le vieux français chasne, le provençal casse, etc. Cassinogilum correspondrait au français chênaie, bois ou taillis de chênes.
7. Valois, Notilia Gallianim, 1675, p. 181 ; Alteserra, Rerum Aquitanicarum libri, 1648- 57, p. 28, éd. de 1677; Baluze. Capitulaires, app., col. 1491 ; Expilly, Dictionnaire de la France, 1764, au mot Casseneuil; d'Anville, Notice de l'ancienne Gaule, p. 20. Parmi les érudits du xix" siècle, Barrère, Histoire religieuse et monumentale du diocèse d'Agen, t. I, i85 5, p. 168 ; Pourpory, Congrès scientifique de Bordeaux, i86i,t. II, p. 378 ; Spiïmer et Menke, Handatlas, n'^ 3o, 1876, etc.
8. Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, i856-57, t. XVIII, p. 465. Il est à remarquer que la plupart de ceux qui ont opté pour Chasseneuil ont méconnu ou ignoré la part prise par M. Dellsie dans cette attribution. L'attribution à Chasseneuil se trouvait chez le chroniqueur de Saint-Denys, chez Besly, Histoire du Poitou, p. 141. Pour Chasseneuil se sont décidés Simson (i883,II, p. 90) ; Bôhmer et Miihlbacher, Die Regesten des Kaiserreichs (t. I, 1889,
9. En dernier lieu, Longnon, Allai historique de la France, c. 7, et Bladé dans les Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux, 1892, p. 298. Et avant eux, Argenton (mort en 1780) et Magen {i8bS), Société d'Agriculture d'Agen, t. VIII, p. i37 et i56; Boudon de Saint- Amans, Antiquités du Lot-et-Garonne, 1859, p. 74; Gauban, Histoire de la Réole, 1873, p. 400; le même dans la Revue Catholique de Bordeaux, 1887, p. 759. [Grellet] Bal[guerie], Les deux Eglises, 1862, pense surtout à Caudrot, qui confine à Casseuil.
LE PALAIS CAROLINGIEN DE CASSINOGILUM 9
en avant par Bonnel ', n'ont point trouvé d'adhérents sérieux. Quels sont les arguments qui militent en faveur de l'une et l'autre de ces localités ?
Casseneuil et Caussiniojouls n'ont pour elles que l'étymologie de leur nom. Aucun document antérieur au xiV siècle ne les recommande au choix de l'érudit. Il faut les écarter sans hésitation.
En faveur de Casseuil-sur-Garonne, les textes abondent, au moins au premier abord. Voici d'abord des actes du onzième siècle, qui appellent cette bourgade Cassinolium ', villa Cassanoilo '\ Cassinoilo villa ^ ; on reconnaît aisément Cassinogiluin. — Ceci est plus décisif : — En l'an 1004, une troupe de religieux bénédictins, du couvent de Fleury-sur-Loire,se rendit à La Réole, autre monastère de l'Ordre, qu'il s'agissait de réformer. Le chroniqueur Aimoin, qui était du voyage, nous l'a raconté deux fois. Pendant son séjour à La Réole, il alla, dit-il, visiter, à trois milles de là ^ « le palais du grand Empereur, Cassinogilum ». « Détruit par les Normands, ses ruines témoignent encore de sa grandeur et de sa gloire. Il est bâti au confluent du Drot et de la Garonne », ce qui est bien la situation de Casseuil, et Aimoin ajoute des détails précis : « Il renfermait une tour de briques, construite sur les bords du Drot, destinée à empêcher et à prévoir l'arrivée des pirates; la flotte royale était construite dans la petite rivière, puis lancée en Garonne. Il y avait deux églises contiguës, bâties en briques; dans la plus petite, se trouvait un tout petit sarcophage, renfermant (on le croyait du moins) la dépouille du frère jumeau de Louis le Pieux*'». Il semble qu'on ne puisse être plus net et
1. Die Anfxnge des karolingischen Hanses, 1866, p. 145; cité d'aprè-. Abel ei Simson, I, p. 542.
2. Acte de 1079, Archives historiques de la Gironde, V, p. 126.