est mort au début du xu"^ Biècle
2. Pertz, Scriplores, t. X, p, 36i : « Villa regia quae vocatur Cassinogilus et est inter « Droth et Warunnam >> ; p. 379 : « Palatium, quod dicebalur Cassinogilum, inter Droht flu- « vium et Varunnam positum. ■>
3. Archives historiques de la Gironde, i. XV, p. 539 : ". Locum (Caudrot près Casseuil) supra « littus Garonne positum, regalibus edificiis olim, sicut apparet, constructum, at nunc pro i< nimia vetustate penitus dirutum et desolatum. )>
4. Polyptique de l'abbé Irminon, t. II, p. 344 (original à la Bibliotlièque nationale, suppl. lat. 804, P 97) : " Pipinus, gratia Dei rex Aquitanorum. Cum nos, in Dei nomine, Casanogilo " villa, palaiio nostro, in pago Pictavo, secus alveum Clinno. . .» C'est M. Léopold Delislc qui a attiré l'attention sur ce texte, Bibliothèque de l'Ecole des CharteSj i856-57, p. 465.
5. C'est encore M. Léopold Delisle qui l'a signalé dans son livre sur le Cabinet des manuscrits, t. I, 1868, p. 4. Le ms. est le 9575 lat. de la Bibliothèque nationale.
6. Claudii Taurinensis episcopi epistolse 'dans les Monumenla Germanise historien, Epistolx, IV, iS9S,p. 592, édit. Diimmler) : <■ Regali jussione pii principis domni Hiodoici régis in Aquitanicam jussus sum venire provinciam, et quod ibi initiavi, hic Deo favente in Cassanolio palatio jamdicti principis consumavi. »
7. " Finitum opusculum in Casanolio palatio, suburbio Pictavino, provinlia Aquilanica, .. annus DCCCXI. d C'est le ms. même que nous possédons. On ne peut considérer le texte des
LE PALAIS CAROLINGIEN DE CASSINOGILUM çî
plus un voyageur lointain qui visite les ruines du palais de Charlemagne, c'est un habitué du palais qui s'y trouve et qui en parle. Voilà, semble-t-il, qui doive emporter la conviction.
Que ferons-nous alors des quatre textes relatifs à Casseuil ? — Au fond, ces quatre textes peuvent se ramener à un seul. Le document local s'inspire d'Aimoin, que l'on connaissait et que l'on lisait à La Réole et aux environs, même au xiii^ siècle; Hugues, moine de Fleury, copie son prédécesseur au cloître. Toutes les preuves en faveur de Casseuil reposent sur le témoignage d'Aimoin, qui vit les débris du palais 1 5o ans après sa destruction. Aimoin est honnête, consciencieux, mais un peu crédule. Les Bénédictins de La Réole avaient intérêt à voisiner avec les ruines du grand palais de Charlemagne : c'était une illustration pour leur monastère, et l'école de Fleury-sur-Loire n'avait aucun désir de discuter leurs assertions. Ou plutôt, tous ces gens-là étaient, j'en suis convaincu, d'une extrême bonne foi '. La région de la Garonne était pleine du souvenir des actions de Charlemagne. Mais, depuis deux siècles qu'il avait disparu, la légende s'était formée. C'est surtout de 814 à 1000 que la mémoire des peuples s'est le plus brouillée, qu'ils ont le plus perdu la notion de l'histoire et l'esprit de la critique. Il y avait des ruines à Casseuil ; le nom était celui du palais carolingien. Il n'en fallait pas davantage pour attacher à ces ruines le souvenir de l'empereur.
Et cependant, on peut hésiter encore avant d'attribuer définitivement à Chasseneuil le palais où naquit Louis le Pieux. On se demandera s'il n'y a pas eu deux palais carolingiens de ce nom. Et cette hypothèse semble confirmée par la remarque suivante : quand il s'agit de Casseuil ou de la villa où Louis le Pieux est né, que Charlemagne a habitée, les chroniqueurs" et Aimoin écrivent Cassinogilum ; quand il s'agit de celle du Poitou, les documents mettent toujours Cassanogilum -\
Chroniques de Saint-Denys : « En Poitou, en un chaslel qui a nom Cassinole », comme ayant une valeur documentaire.
1. Ce qui aurait .nduit Aimoin à placer Cassinogilum à Casseuil /dit Simson, t. I, p. 90) serait que la Vita Ludovici semble dire qu'il était sur la Garonne (cf. plus haut) : Charlemagne « reliquit uxorem in villa et transiit Garonnam ». Il me paraît difficile que cela ait suffi pour décider Aimoin. Il n'est pas certain que quand il parle de \a.Vita ejus ou de Heinardus relatorVitx illius, il s'agisse de la vie de Louis par l'Astronome (comme le veut Simson). J'ajoute qu'Aimoin a voyagé, il a écrit une Histoire des Francs, il a été à Poitiers, et sans doute plus d'une fois, il a dû entendre parler du Casianogihun poitevin. L'école de Fleuiy, à laquelle il appartenait, était la plus célèbre école du temps; son maître Abbon et lui-même étaient peut-être les hommes les plus savants de leur époque. Voyez Pfîster, Robert le Pieux, p. 8.