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2. <■ Domino vere beatissiino ac sanctissimo, totiusque sanctae Dei Ecclesiae roseo pii régis « Christi sanguine acquisiiae Pontifici et universaii Papae Nicolao, Ludovicus magnus et Lotha- « rius, divina praeveniente giatiâ reges, in principe pastorum Christo sempiternam summae « felicitatis pacem et gloriam.
«i Nullus mortalium sanctissimi apostolàtus vestrl sospitatem largius audiie et uberius " videre desiderat quam nostra unaminis affectio, et sicut spiiitaies et devotissimi fiiii, aimifluam
(1 paternitatem vestram toto cordis affectu amplexamur immo mente et corpore veslras sanctae
« paternitati nos humiliier committimus Cum apostoius dicat : non est enim potestas nisi
« a Dec. « Baronius ad. ann. 860. — Cf... D.Cousiant: Bib. Nat, M. S. 16, 987. fol. 60.
3. Cf. D. Coustant : Bibl. Nationale M. S. 16. 987. Fol. i53.
PRINCIPES DU PAPE NICOLAS 1er io3
sa main toutes les puissances et tous les droits des trônes, et avec lui notre frère très auguste. Pour tout cela, nous désirons montrer de toutes façons une soumission plus empressée et plus fidèle envers votre Saint-Siège '. »
Je ne citerai rien de Charles le Chauve. Personne ne pourrait douter de l'extrême soumission que dut avoir pour Nicolas I'^'' ce prince qui déclara en 859 au Concile de Savonnières tenir la royauté de l'élection des évêques comme de celle des fidèles et être soumis à leur jugement. Qi-i'il me suffise de dire que Nicolas lui-même était surpris de son humilité, si étonné même qu'il tint un jour à lui en révéler le secret et à l'en complimenter ".
Nous en avons assez dit pour apprécier l'œuvre de Nicolas I*^"" et comprendre comment la conquête de la souveraine puissance fut consommée au milieu du ix^ siècle au profit de la papauté. Le désordre était partout; la brutalité et la corruption, le despotisme et la faiblesse régnaient dans la société civile, comme la confusion, le bon plaisir et l'indiscipline dans le monde religieux. Irrité de la licence générale introduite par l'indignité des souverains, Nicolas avait voulu que la réforme partît du centre de l'Eglise, et il avait travaillé à élever sur les débris de l'empire de Charlemagne un royaume où la religion devait régner en souveraine absolue par l'intermédiaire des pontifes de Rome. Déclarant en même temps la guerre tant aux abus de l'ordre temporel qu'à ceux de l'ordre spirituel, il avait proclamé et fait reconnaître son indépendance, sa primauté dans la triple plénitude du sacerdoce, de l'enseignement et du gouvernement; il s'était subordonné les églises particulières, les évêques, archevêques, métropolitains et primats, les conciles particuliers, les rois, et dans un pontificat de neuf ans, il avait réussi à établir cette conviction que le pape est l'interprète de la foi, le chef de l'Eglise universelle, qu'il est au-dessus de toutes les assemblées d'évêques, au-dessus de tous les gouvernements. A sa mort cette idée a pris corps; elle est formée, et ne périra pas. Les contemporains eux-mêmes ne s'y trompèrent point et ils saluèrent dans Nicolas le plus grand des pontifes que le monde eût encore vu. En terminant le récit de cette existence si
1. « Vestrae siquidem sanctissimae pollicitationis gratisîimum atque carissimnm nobis munus « exstiiit, quod nulluin regiae dignitatis et noiniiiis consimileiii proferie aut piaspoiiere nostiœ « mansuetudini deceinatis, nisi illum in cujus manu sunt omnes potestateset oninia jura regno- « rum, et germanum noslrum augustissimum. Pro quibus omnibus, in obsequio revererida; sedis .V vestrae alacriores ac fideliores esse omnimodis desideramus. » — D.Coustant, I. c. fol. 2o5. — Baronius, ad annum 864.