DOCUMENTS CAROLINGIENS DE L'ABBAYE DE MONTIERAMEY
Les archives du département de l'Aube ont recueilli quelques documents carolingiens provenant de l'abbaye de Montieramey, fondée vers 837 par un prêtre du nom d'Arremar, au milieu de la vaste forêt du Der. Mais il s'en faut de beaucoup que ces documents représentent tous les diplômes concédés à l'abbaye par les souverains carolingiens. Dès 1786, le dernier archiviste du monastère, Dom Brincourt, écrivait en envoyant au Comité des Chartes copie d'une pièce de 871 : « La déprédation des archives de Monstiéramey est cause qu'on ne peut rien envoyer depuis cette charte jusqu'en 1 100. » Entre autres pertes subies en effet par ces archives, l'une des plus regrettables est certainement celle d'un recueil de date ignorée que plusieurs de ceux qui l'ont connu ont cité sous le nom de Vieux cartulaire et qui contenait certainement beaucoup de documents anciens. A en croire une note datée de 1634, qui se lit à la p. 91 du ms. lat. 12777 de la Bibliothèque nationale, ainsi conçue : « Cecy a esté autrefoys extraict du cartulaire de l'abb. de Monstiéramey perdu depuis quarante ans», la perte de ce manuscrit remonterait aux dernières années du xvi e siècle.
Parmi les auteurs qui l'ont mentionné et qui en ont publié quelques extraits, il faut indiquer: Pierre Pithou,mort en i5ç6 [Bref recueil des évoques de Troyes dans ses Coutumes de Troyes, éd. de 1609), qui pourrait bien, étant donné ses habitudes bien connues, être responsable de la disparition du volume ; Camuzat (Prompt uarium, 16 10), André Duchesne (Hist. de la maison de Vergy, 162 5), N. Desguerrois (La saincteté chrétienne, 1608), Courtalon (Topographie histor. de la ville et du dioc. de Troyes, 1784); mais, de tous ces auteurs, Pithou seul paraît avoir directement connu l'original.
Il s'en trouve de plus quelques extraits dans le volume du Monas~ ticon, cité plus haut ; d'autres, plus nombreux, de la main d'André Duchesne, au t. 39 de la Collection Baluze, où le recueil est désigné sous le titre de Cartularium Arremarensis monasterii; d'autres enfin, au t. 22 de la Collection de Champagne, où il est appelé Cartularium monasterii Adremari, et où chaque extrait est accompagné de la mention qu'il a été « tiré sur le ms. de M. de P. » J'ai fait de vaines
ETUDES CAROLINGIENNES ia3
recherches pour savoir ce que pouvait être ce recueil de M. de P., et aucun des savants champenois que j'ai consultés n'a pu me renseigner à cet égard. Je présume que ce recueil a dû être la source commune aussi bien des extraits d'André Duchesne que de ceux de la Collection de Champagne, car les uns et les autres donnent à peu près les mêmes fragments.
Plusieurs d'entre eux font connaître des actes inédits, malheureusement bien incomplets, restés inconnus à l'historien des comtes de Champagne et à l'éditeur du Cartulaire de Montieramey *. Quelques-uns sont particulièrement intéressants à cause des renseignements qu'ils fournissent sur des personnages du ix c et du x e siècles, parmi lesquels il suffira de citer : le comte Raoul, oncle de Charles-le-Chauve ; Robert, fils du comte Eudes de Troyes, marié à une fille de Louis-le-Bègue du nom de Gisèle, oncle du comte Aleaume, et Eudes son frère, qu'on avait confondus souvent à tort avec les fils de Robert-le-Fort ; le comte Boson; Ancher, comte d'Oscheret; Richard, comte de Troyes après Aleaume, dont l'existence avait été contestée par M. d'Arbois de Jubainville, etc.
Voici la série des documents carolingiens provenant de Montieramey jusqu'au milieu du X e siècle ; pour ceux qui sont déjà publiés, je n'ai donné qu'une analyse suivie de références 2 .