‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 153 sur 326 · Bulle du 14 octobre 1140 (Jafle-Lœwenfeld, n · texte numérisé non relu

Bulle du 14 octobre 1140 (Jafle-Lœwenfeld, n

4. L'union, au moins personnelle, de ces deux sièges était peut-être déjà faite en 11 33; Svidger, le premier évêque de Wloclawek, est également appelé évêque de Kruschwitz (Voy. Abraham, Organizacya Kosciola w Polsce t p. 97 ; J. Fijalek, Ustalenie chronologie biskupow Wloclawskich, Cracovie, 1894. Le plus ancien catalogue des évêques de Wloclawek est dans tes Mon. Polonix historica, t. IV, p. 24.

5. Herbord, Vita Ottonis,ll t 7 {Mon. Gtrm. Script., t. XIV, p. 778,1. 25). —Cf. Ebbon. Vita Ottonis. II, 3 (Ibid., p. 843) : ce Missis ad apostolicum Kalixtum honorabilibus legatis « licentiara evangelisandi Pomeraniam impetravit. »

6. En 1 1 2 5 au plus tôt, car c'est au printemps de cette année-là qu'Ebbon, dans sa Vie d'Olton de Bamberg, place l'établissement à Wollin du siège épiscopal de Poméranie (II, 1 5 ; Mon. Gtrm. Script., t. XIV, p. 853, 1. 29).

LA POLOGNE ET LE SAINT-SIÈGE DU Xe AU XIII* SIECLE 1 7 1

Pourtant, en 1 1 33, les tristes effets du schisme qui divise l'Eglise Romaine se font sentir en Pologne. Le cardinal de Tusculum, qui est venu consacrer l'œuvre de Boleslas Chrobry, se trouve parmi les fauteurs de l'antipape Anaclet II, et le pape Innocent II sacrifie tout au désir d'entraîner l'empereur Lothaire jusqu'à Rome, pour en finir avec son rival. Le conseiller le plus écouté de l'empereur est Norbert, archevêque de Magdebourg. Y eut-il des engagements antérieurs, ou simplement une effusion de reconnaissance, je l'ignore ; ce qui est certain, c'est que l'Eglise polonaise tout entière fut offerte par le pape à l'Allemagne secourable et au tout-puissant conseiller de l'empereur. Le 4 juin n 33, le jour même où il couronnait au Latran le roi de Germanie, Innocent récompensait les services de Norbert en soumettant d'un trait de plume le diocèse et la province de Gnesen à l'archevêché de Magdebourg '.

Ce sacrifice de l'indépendance religieuse de la Pologne, consenti par le pape sous la pression des circonstances, ne fut pas heureusement de longue durée. Trois ans plus Jtard 2 , Innocent II, confirmant, à la demande de l'archevêque Jacques, les possessions de Varchevêchi de Gnesen, reconnaissait implicitement que l'acte de 1 1 33 était sans valeur, et, à la fin du xn e siècle, quand le Provincial Romain reçut sa forme définitive, la Pologne y figura tout entière comme une seule province ecclésiastique, dont Gnesen était la métropole : a In Polonia, Archiepiscopatus Kencscnsis habet hos sujjraganeos : Vredicilatensem, Lubicenscm, Cuiaviensem, Plozensem, Cracobiensem , Poznaniensem, Mazovienscm, Pomeraniensem 3 . » La curie romaine attribuait ainsi à Gnesen sept suffragants : les évêques de Breslau, de Lebus, de Wloclawek (pour la Cujavie), de Plock (pour la Mazovie), de Cracovie, de Posen et de Poméranie.

Au milieu de ces vicissitudes qu'était devenu le cens payé par le duc de Pologne ? Les documents ne nous l'apprennent point. Le Liber Censuum de l'Eglise Romaine, rédigé en 1192 par le camérier Cencius, est à cet égard d'un silence surprenant. C'est seulement au commencement du xm e siècle qu'une lettre d'Innocent III soulève tout d'un coup le voile. S'adressant aux chrétiens de Pologne, le pape leur reproche d'user de subterfuges pour le paiement du cens qu'ils doivent

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