‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 175 sur 326 · Melleville, op. cit · texte numérisé non relu

Melleville, op. cit

9. Le comté de Montdidier passe à Raoul de Crépy dès 1054, puis à la maison de Vermandois. Les trois ou quatre comtes connus antérieurement au milieu du xi° siècle portent tous le nom de Hildouin. Voy. V. de Beauvillé, Histoire de la ville de Montdidier 2* éd., Paris, 1875, 3 vol. gr. in-4 ), *> 4 6 80 »«

10. Nesle, Somme, arr. Péronne. Voy. Leroy- Morel, Dénombrement d'un seigneur dcNesle

d'Amauri de Nevers (11, i3, i63), de Gui de « Surgière » et « Simon ses fils» (1, iç5 ; 11, 161) ', de Lancelin de Verdun (1, i63, 294; 11, 161) % pas de « Huedes » (Eudes), évêque d'Orléans « frères Ii bons dus Hernaïs » (1, 5o), d'Henri, évêque de « Chaalons qui en Champaigne sist » (1, 61) 3 .

Inutile d'autre part d'insister sur des personnages réels tels que Geoffroi d'Anjou (11, i5), Richard de Normandie (1, 67), Salomon de Bretagne, etc., qui sont de simples figurants que les chansons de geste s'empruntent l'une à l'autre. Impossible encore de tenir compte de Baudouin le Flamand (1, 1 53), de Guillaume « li quens as Poitevins » (1, 162, 173), de « Haimeri » le vieux comte de « Toartois » (1, 295) ; en effet, depuis le X e siècle, presque tous les comtes de Flandre, de Poitou, les vicomtes de Thouars, se sont appelés Baudouin, Guillaume, Aimeri et nous n'avons aucun critère qui nous permette de reconnaître tel ou tel d'entre eux. — Ayant ainsi déblayé le terrain, arrivons aux quelques personnages dont l'identification a un caractère dp certitude ou au moins de vraisemblance :

i° Tout d'abord il est élémentaire d'identifier Robert de Boves, Anjorrant de Couci et Thomas de Marie (1, 162. 294) 4 et les éditeurs de Garin ont reconnu du moins le dernier. Le fameux Thomas de Marie, sire de Couci et de Boves, de 11 16 à n3o, était fils d'Enguerrand I er , sire de Couci et comte d'Amiens de io85 à 11 16. D'après l'ordre d'énumération, c'est celui-ci qui est V « Anjorrant » de notre poëme, bien plutôt qu'Enguerrand II (11 30-1147), fils aîné de Thomas de Marie, comme le prétend Ed. du Méril (p. xlv, note 1). Dans Robert de Boves, nommé le premier, je verrais plutôt,

dans le xm e siècle avec des notes historiques, suivi de la généalogie de ce seigneur. (Amiens, 1857, in-8°), p. 17.

1 . « Guis de Surgière » étant nommé à côté de « Gosses qui tint Auni » il n'est point douteux qu'il s'agisse de Surgères dans la Charente-Inférieure, arr. de Rochefort, et non de Surgières dans l'Aveyron, commune de Buzeins. Aucun sire de Surgères n'a porté le nom de Gui avant la fin du xui° siècle et je ne vois pas de Simon. Le nom le plus fréquent de cette maison est Guillaume ou Guiart et tous ses membres semblent avoir eu le surnom de Mangot. Voy. Louis Vialart, Histoire généalogique de la maison de Surgères, Paris, 1717, in-fol.

2. Aucun comte, vicomte, avoué, évêque n'a porté un nom tel que Lambert, Lantfried, Landri, etc., dont Lancelin est l'hypocoristique. Voy. abbé Clouët, Histoire de Verdun et du pays Verdunois (Verdun, 1865-70, 3 vol, in. 8°). Selon Dom Cal met (Histoire de Lorraine, 1, 54}) et la Gallia Christian a (xm, col. 1171-1172) il aurait existé au vu* siècle un comte Anselin ennemi de l'évêque de Verdun, Magdalueus. Mais ces deux ouvrages renvoient à Wassebourg, Antiquité de la Gaule Belgique, 1, fol. xvn vo dont l'autorité est si suspecte. Cet érudit du xvi e siècle connaissait, au moins sous la forme d'un remaniement en prose, la légende de « Guérin m. Son « Anselin » est tout simplement emprunté aux Lorrains. Donc rien à tirer de la.

3. Il y eut bien à Cbalons-sur-Marne un évêque de ce nom, mais au xm e siècle et encore aussitôt élu il se démit de ses fonctions épiscopales.

4. 11 est dit aussi (m, 1S6) Thomas de Fère. La Fère lui appartenait en effet.

non pas le second fils de Thomas, mort au siège d'Acre en 1191, mais le frère aîné d'Enguerrand I er , qui possédait Boves et Péronne, et dont on constate l'existence de 1069 à 1 108 ».

2 II est étonnant que les éditeurs n'aient pas reconnu Droes d'Amiens (1, 147, et suiv. 394), qui joue un rôle assez important au commencement du poëme. Du Cange y avait déjà vu le Drogo cornes, d'Orderic Vital (1. ni, c. 8; 1. vu, c. 14) 3 . Ce comte de Vexin et d'Amiens, ami intime du duc Robert de Normandie, l'accompagna dans son pèlerinage en Terre-Sainte et mourut avec lui à Nicée en io35 3 . L'identification est certaine et était des plus aisées.

3° Par contre, l'existence tf Amauri, fils de Dreux d'Amiens (1, 294), ne me semble pas aussi assurée qu'à Du Cange 4 . Dans un diplôme de Philippe 1 er de l'an 1069 auquel il renvoie, il est question de deux seigneurs ou châtelains de Pontoise dont l'un s'appelle en effet Amauri : proceres castri Pontis Isarae, Warnerii scilicet et Amaurici 5 , mais rien dans l'acte ne permet de faire supposer que cet Amauri soit fils de Dreux 6 . Comme celui-ci était comte de Vexin et qu'il s'agit de Pontoise, il y a bien une présomption, mais très faible. Elle se trouve au surplus annulée par le fait qu'Orderic Vital nous donne la liste des fils de Dreux (Raoul, Gautier, Fouques) et qu'Amauri n'y figure pas.

4 Hues de Troies rabatti Jocelin.

Champenois poingnent, de bien entaUnti, Por lor signor aidier et garentir (i, 2 58).

Et de Champagne Hues qui Troies tint (1, 292 ; cf. 1, 104; 11, i3, i63, etc.).

Il n'est pas malaisé de reconnaître Hugues, comte de Troies et de Bar-sur-Aube depuis 1089, au plus tard, jusqu'à 1 1 2 5, et il n'y a pas d'hésitation possible, un seul comte de Troies ayant porté ce nom 7 .

1. Voy. Du Cange, Histoire des comtes d'Amiens (Amiens, 1840, in-8°), p. 3396(246-347.

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