‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 216 sur 326 · LA SEIGNEURIE DE SAINT-SEURIN-LÈS-BORDEAUX · texte numérisé non relu

LA SEIGNEURIE DE SAINT-SEURIN-LÈS-BORDEAUX

de deux hameaux sis dans le Tinement général, allait jusqu'à écrire que le chapitre n'avait pas la directe sur la dixième partie des fonds qui composaient ce tènemçnt '.

Pour les terres qui relevaient d'autres seigneurs, le chapitre soutenait que les redevances dont ces immeubles étaient grevés n'étaient pas des cens, mais de simples rentes secondes sans rapport avec la directe 2 . Le parlement deToulouse, engagé par des arrêts antérieurs, acceptait cette manière de voir 3 .

En ce qui concerne les alleux, les chanoines ne les reconnaissaient pas comme tels. Il n y avait pas, disaient-ils, de véritables alleux dans le Tinement général y tous les fonds y étant frappés d'un cens collectif dû par les propriétaires et connu sous le nom de taillade 4 .

Le chapitre levait, en effet, on l'a déjà vu, une poule par feu vif, trois cents corvées et 2 5o réaux d'or de taillade. Les habitants de la paroisse payaient la poule dès le xm e siècle 5 , sans que nous sachions d'où leur venait cette obligation ; les trois cents corvées et les 2 5o réaux furent imposés par une sentence arbitrale de 1 349 6 . Mais cette sentence n'implique nullement au profit du chapitre la directe générale.

Il y avait eu, en 1849, désaccord entre les chanoines, d'une part, et les habitants du Tènement généraly de l'autre. Les premiers prétendaient que les seconds étaient questaux, c'est-à-dire taillables à merci 7 . Les chefs de famille consentirent à un compromis : les uns agissant en leur propre nom, les autres, qui étaient chefs de famille parce qu'ils avaient épousé une héritière, agissant du consentement de leur femme. Les arbitres décidèrent que les habitants étaient et resteraient questaux, quant à leur personne et quant à leurs biens, « tam de corporibus quam de bonis suis >, mais ils limitèrent leurs charges à trois cents corvées et à 2 5o réaux.

Or, cette taille n'atteignait pas les bientenants domiciliés hors du Tinement ; elle ne grevait pas les possessions des bourgeois de Bordeaux, par exemple, et même les gens de la sauveté n'y contribuaient

i. Arch. de la Gironde, G 1 140.

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