RELATIONS DE CLEMENT IV AVEC LA LOMBARDIE
Les pièces de ce groupe se placent dans la période qui précède mmédiatement la descente de Conradin en Italie.
2? (fol. 204 v°). Le pape remercie des inconnus de leur dévouement quam nuper in significandis nobis Alamannie rumoribus per spéciales lit te ras ostendistis... Profecto talibus assertionibus aures non dcspicimus adhibere, licet contrarium nobis extiterit diversorum aliorum nuntiorum de partibus illis venientium assertione relatum... Quare.. regem sollicitare curavimus ut consulte provideat... nosque nichilominus in partibus Lombardie gêneraient in brcvi decrevimus destinare legatum.
28 (foi. 1 63). Le pape félicite les habitants de Crémone dont les ennemis, qui excidium vestrum fraudulenta nimis astutia prcpararcnt, ont échoué et in manus Jidelium regredientes impii corruerunt, penam in se ipsis digna ultione ferentes, quam infligere forsan aliis intcndcbant.. Il annonce l'envoi très prochain d'un légat. Je pense qu'il est question dans cette pièce du coup de main malheureux que Boso de Doara et les Véronais tentèrent contre Crémone le 20 juin 1 267 3 . En tout cas l'allusion faite à l'envoi d'un légat prouve que les bulles 27 et 28 sont de peu antérieures à la suivante.
29 (fol. 198). Le pape nomme Philippe, archevêque de Ravennes, légat dans les patriarcats de Grado et Aquilée, les provinces de Raguse, Ravenne, Milan, Gènes, la Lombardie, la Romagne et la Marche de Trévise. Cette bulle [du 8 juillet 1267], qui se trouve
1. P. to3 3i. — L'original est aux Archives du Vatican, Arm. Il, caps. 5» n» 4, 3. Ann. Placent. GhtbclL (Pertz, Scriptoret, XVIII, 522).
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dans le Registre de Clément IV {an III, n°56) a déjà été publiée \ Enfin 30 (fol. 243), le pape s'adressant à une ville dont le nom manque promet de faire en sorte quod Ma provincia... tranquille tatis et pacis gratia pcrfruatur. Ad id quoque mentem nostram dircximus, et jam quod intendimus percepistis effectum, nisi negotium Tuscie quod.. rex prosequitur effectum hujusmodi retardasset. Sed credimus firmiter quod de cetero non diutius differetur. Scimus enim quod ipse rex prosperum statum vestrum affectât et ad eum promovenâum insistet viriliter et sollicite vigilabit. C'est seulement à partir de juillet 1267 que Charles d'Anjou est en Toscane. La province en question est certainement la Lombardie. Je serais porté à croire que cette lettre était adressée à Plaisance, où le roi envoya en effet des troupes en 1 267 2 .
Cette rapide analyse d'une partie seulement de la collection de Richard de Pofi permet cependant, croyons-nous, de résoudre quelques-unes des questions qui se posent à son sujet. Tout d'abord on voit ce qu'il faut penser de l'affirmation contenue dans le texte de plusieurs manuscrits, d'après laquelle notre formulaire ne serait qu'un extrait des registres d'Urbain IV et de Clément IV. En réalité, sur 3o pièces dont il vient d'être question, une seule, le n° 29, existe dans les registres de Clément IV, conservés au Vatican. J'ai pu me convaincre qu'on ne trouverait pas une proportion beaucoup plus élevée en faisant porter la comparaison sur l'ensemble du formulaire. On doit donc, ou rejeter comme sans valeur le renseignement des manuscrits, ou admettre soit qu'une partie des registres de Clément IV a disparu, soit que les registres de ce pape actuellement existants ne sont que des extraits de registres plus étendus, aujourd'hui perdus. Le P. Denifle 3 a montré la vraisemblance de cette dernière hypothèse pour certains registres duxm e siècle.
Je crois qu'en tous cas la valeur du formulaire de Richard de Pofi, en tant que source historique, reste très sérieuse, et qu'on peut y recourir avec confiance. M. Simonsfeld avait été enclin à plus de scepticisme, à cause d'une phrase de l'introduction : quasdam litteras diversarum formarum secundum Romane curie stilum ex mandato superioris et ingenii mei parvitate confectas. Il en concluait qu'une bonne partie des lettres insérées dans le formulaire avaient été composées de toutes pièces par Richard de Pofi, comme modèles de style. Mais on a déjà proposé une interprétation différente de ce passage 4
t. P. 20072 : cf. Reg. Clèm. IV, 487.