îbid., p. 7, i3 et
enfin, avec le « Johannes d'Orléans, pictor » qui peignit en 1424 l'horloge de la cathédrale de Bourges et avait exécuté des travaux décoratifs pour les obsèques du duc de Berry '. L'identification paraît indiscutable et je l'accepte d'autant plus volontiers, pour ma part, qu'elle confirme tout à fait ma thèse. Ce Jean Granger, dit d'Orléans, ayant exercé sa profession de 1410 a 1459 au moins, il est matériellement impossible de le rattacher au nôtre. Quelle qu'ait été la longévité d'Evrard et de Jean d'Orléans, ce dernier n'a pas vécu cent vingt ans, au bas mot.
Il appartient aux érudits tourangeaux de découvrir, en continuant à compulser les archives, la parenté qui liait peut-être le peintre des rois Jean, Charles V et Charles VI au peintre du duc de Berry, Jean Granger, devenu plus tard valet de chambre sinon peintre de Charles VII.
La question se complique encore de la difficulté, de savoir s'il faut reconnaître l'un ou l'autre ou admettre un troisième peintre homonyme dans le « Jehannin d'Orliens, paintre, demorant à Paris », qui, en 136c, vendit au duc de Berry c certains tableaux à ymages » 2 ; dans le « Jean d'Orléans », peintre», dont parle, en 1 37 1 , un compte du même duc 3 ; dans le « Jehennin d'Orléans » qui, au mois de décembre 1408, offrit à ce prince « une belle pomme de must qui se ouvre par le milieu en deux pièces, fermant à charnières d'or et pendant à une petite chaienne de mesmes, paincte par dedens à ymaiges de la main » de cet artiste 4 ; et, pour finir, dans le « Jehannin d'Orléans » qui, en décembre 1409, céda, toujours au duc dé Berry, moyennant 120 écus d'or, « un petit ymaige de Nostre Dame tenant son enflant, faicte de camahieu » 5 . Je m'abstiendrai de conclure jusqu'à plus ample informé. Il me semble seulement que ces textes, à l'exception peut-être de celui de 1371 ne doivent pas concerner le peintre du roi. En tous cas, les deux mentions de 1369 et de 1 37 1 ne peuvent point, vu l'écart des dates, s'appliquer à Jean Granger.
J'aurais beaucoup à dire encore de Jean d'Orléans si les bornes que je me suis tracées ne m'arrêtaient pas au début du règne de Charles VI. J'abandonne donc cet artiste en plein cours de sa carrière pour re-
1. Arch. de l'Art français, 2* série, t. I (1861), p. 222, 224, 225; — l'abbé Valenlin Dufour, ouvr. cité, p. 103-106,160, 162 et i63.
2. Nouv. Arch. de l'Art français, 1893, p. 100 ; — Jules Guiffrey, Inventaires de Jean, duc de Berry, t. I, introd. p. LXXVII.