CAMILLE JULLIAN
plus prudent; Aimoin, dont le récit est d'ailleurs partout d'une réelle exactitude, distingue les on-dit de ce qu'il affirme. Or, pour le palais de Charlemagne, il a vu et il ne doute pas. — Un siècle plus tard, un autre moine de Fleury, Hugues, écrit une Histoire ecclésiastique 1 . Parlant, aux dates de 778 et de 853, du palais de Cassinogilum, il ajoute chaque fois qu' « il est situé entre le Drot et la Garonne. 2 » — Enfin, un document local, qui n'a jamais été mis en lumière, rapporte, à la date de 1285-87, ( î ue * oute cette région du confluent du Drot et de la Garonne, « était jadis couverte d'édifices royaux, aujourd'hui ruinés par la vétusté, détruits et désolés 3 ».
Au premier abord, on n'hésite pas : c'est à Casseuil que se trouvait le palais de Charlemagne.
Si maintenant, on cherche les documents favorables à Chasseneuil en Poitou, on n'en trouve que deux, mais d'une rare précision, et qui ont sur les documents de Casseuil le double avantage d'être contemporains de Louis le Pieux et d'être des actes officiels. — C'est d'abord la suscription d'un diplôme de 828 4 , du roi Pépin d'Aquitaine : « Pépin, par la grâce de Dieu, roi d'Aquitaine, m'étant rendu, pour faire justice, dans la villa de Casanogilum, dans notre palais, sur le territoire de Poitiers, près la rivière du Clain ». — Le second texte, qui, à ma connaissance, n'a point été mis à profit par les érudits 3 , n'a pas une moins grande netteté. Le prêtre Claude (plus tard évêque de Turin), contemporain et protégé de Louis, et commentateur de la Genèse, raconte qu'à la prière du prince, il se rendit auprès de lui, à Cassanolium, pour y achever son livre 6 , et son copiste termine ainsi le manuscrit : « Terminé dans le palais de Casanolium, faubourg de Poitiers, province d'Aquitaine, l'année 811 7 ». Cette fois, ce n'est