‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 93 sur 326 · Préambule de l'ép. 36, col · texte numérisé non relu

Préambule de l'ép. 36, col

• o 4 . JULES ROY

remplie de victoires, l'auteur du liber pontificalis l'appelle un pape « vraiment catholique », qui « soutint les guerres spirituelles du Seigneur en déployant une admirable sagesse », « avertit comme un père les prélats qui opprimaient les fidèles, et gouverna le siège apostolique d'une manière victorieuse comme un véritable athlète de

Dieu ! » .

Réginon, moins pompeux, est plus expressif :

« Depuis le bienheureux Grégoire, nul évêque élevé dans la ville de Rome sur le siège pontifical ne peut lui être comparé : il régna sur les rois et les tyrans, et les soumit à son autorité, comme s'il eût été le maîire du monde. Il se montra humble, doux, pieux et bienveillant envers les évêques et les prêtres religieux, et qui observaient les préceptes du Seigneur ; terrible et d'une extrême rigueur pour les impies et ceux qui s'écartaient du droit chemin ; tellement qu'on l'eût pu prendre pour un autre Elie, ressuscité de nos jours, à la voix de Dieu, sinon en corps, du moins en esprit et en vertu 2 . »

L'œuvre de Nicolas devait-elle lui survivre ?

On en douta de son temps, et Anastase exprime ses inquiétudes en annonçant en ces termes la mort de Nicolas à l'archevêque de Vienne, Adon : « Je vous annonce, hélas ! une bien triste nouvelle; notre père et pape de vénérable mémoire, Nicolas, a passé à une meilleure vie, aux ides de novembre, et nous a laissés fort désolés. Hélas ! combien tard l'Eglise a mérité un tel pontife, et combien vite elle l'a perdu !....

« Maintenant, tous ceux qu'il a repris pour des adultères ou pour d'autres crimes, travaillent avec ardeur à détruire tout ce qu'il a fait et à abolir tous ses écrits; et l'on dit à tort, nous le croyons du moins, que l'empereur les appuie. Avertissez-en donc nos frères, et faites pour l'Eglise de Dieu ce que vous croyez qui devra réussir ; car si Ton casse les actes de ce grand pape, que deviendront les vôtres?. . .

» Nous avons un pape nommé Adrien, homme zélé pour les bonnes mœurs; mais nous ne savons encore s'il voudra se charger de toutes les affaires ecclésiastiques ou seulement d'une partie.

« Je vous conjure d'avertir tous les métropolitains des Gaules que, si l'on y tient un concile, on ne doit pas travailler à déprimer le défunt pape, sous prétexte de recouvrer l'autorité/ personne ne l'ayant accusé, et lui n'étant plus là pour se défendre. Il n'a jamais consenti, comme on le prétend, à aucune hérésie. . . Il n'a agi que par un bon

i. Anast. tita. Nicol. Migne. 1. c. n* 612.

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