‹ Etudes d'histoire et de théologie positive (volume 2)Chapitre 108 sur 118 · Tertdll. De oratione, 11. Canon Hippolyt., XXV cl XWii · texte numérisé non relu

Tertdll. De oratione, 11. Canon Hippolyt., XXV cl XWii

ment donné, le candélabre était renversé, ft où, dans l'obscurité se perpétraient les dernières impudicités. Post aqiiam manualem, post lamina, on chante, provocatur quisque in médium Deo cancre : c'est toute la réponse de l'apologiste.

Le festin est fini et les fidèles se séparent, paisibles, comme des gens qui ont soupe de discipline plutôt que de mets. Cette frugalité toute spirituelle s'entendrait malaisément d'agapes, si modestes fussent-elles.

Tertullien achève : « Haec coitio christianorum ». Voilà l'assemblée'des chrétiens. Quoi donc? dironsnous, n'en ont-ils pas une autre, la réunion eucharistique? Car si Tertullien a décrit là les agapes, il y aune autre coitio christianorum. Mais non, il n'y en a pas deux, et cette prétendue réunion d'agapes ne diffère pas de la réunion liturgique que Tertullien décrivait d'abord : « Coimus in coetum ut ad Deum precationibus amhiamus orantes... Coimus ad litterarum divinarum commemorationem... » C'est à cette unique façon de se réunir que pense Tertullien quand il conclut toute cette discussion en disant : « Haec coitio christianorum », et que, cherchant un mot pour caractériser l'auguste gravité de ces assemblées, il les qualifie de « cuiia ». L'idée de festin est écartée.

Il nous reste à expliquer ce que Tertullien désigne plus proprement par le mot agape. Tertullien, s'adressant aux martyrs, fait une sorte de panégyrique de la prison : dans cette amplification oratoire, prend place cette considération que, à comparer la vie dans le siècle et la vie en prison, l'esprit acquiert en prison plus que la chair ne perd. Encore faut-il dire.

ajoute Torlullieii, que « la chair ne perd pas ce qui lui est (Jù, grâce au soin de lK<^lise, agape des frères : immo et qiiae iusta sunt caro non amiltit per curam Ecclesiae ogapen fratruni ' ». Si l'agape est à cette époque un repas quasi liturgique fait en commun par les fidèles, comment expliquer que les prisonniers y i)rcnncnt part? Supposé que les fidèlt^s célèbrent l'agape et envoient ensuite aux prisonniers la part qui leur revient, comment ce repas liturgique peut- il sufTire à empêcher les prisonniers de manquer de rien? Pourquoi n'envoyer aux prisonniers que leur part de ce repas ^? Quelle énigme mystique estce là? Au contraire, tout s'éclaire si l'on se rappelle que, dans les assemblées chrétiennes et plus particulièrement dans les synaxes eucliaristiques, une collecte était faite [niodicuin uniisqiiisque stipem]^ et que le fruit de cette collecte servait à secourir les pauvres, les orphelins, les naufragés et les martyrs en prison, « et si qui in metallis^ et si qui in insulis vel in custodiis^dunitaxatex causa Deiscctae )). Où l'on voit que a f^ape fratruni désigne une vertu sociale, la charité réciproque, puis indirectement la collecte qu'elle produit et l'usage qu'on en fait ^. Ce sens est nou-

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