Jaffé n
•2. DucuESNE, Origines du culle, p. 1-20 ci s.
40 ETUDES D'IIISTOIUE
v** siècle se reproduit, la même, en Orient. Conribien de fois a-t-on cité les textes où saint Epiphane, rappelant les paroles de l'institution de l'eucharistie, se borne à écrire : Ceci est telle chose, pour ne pas écrire : Ceci est mon corps ' ? Théodoret ne pense pas différemment 2. Vers 445, l'historien Sozomène, écrivant l'histoire du concile de Nicée, est détourné par « des amis pieux et compétents » de reproduire des textes que seuls « les initiés et les mystagogues ({jLucTaiç xai (xuaTaywYoTç) ont le droit de réciter et d'entendre », car à les reproduire ces textes courraient risque de tomber aux mains de non-initiés (àaur'-ror/ : Sozomène cèlera donc ce qu'on doit taire ;à7:oppr,Ta a yp7) (7io)7rav) 3. Voilà bien la phraséologie de l'arcane. Mais toute cette phraséologie n'empêche pas l'historien Socrates, à la même époque, d'insérer dans son histoire intégralement le texte que Sozomène avait scrupule de publier, savoir le symbole de Nicée. Et de même que saint Athanase un siècle plus tôt l'avait publié sans le moindre scrupule, et tout autant Eusèbe, et tout autant saint Basile, ainsi feront Théodoret et Cyrille d'Alexandrie. Sur la fin du v^ siècle, l'écrivain qui a le plus abusé de la phraséologie de l'arcane, le pseudo-Aréopagite, écrit au début de sa Théologie mystique : « Prends garde que de non-initiés n'entendent » (fJtTjSEiç Twv afxorjTOjv). Et il ajoute : « Par noninitiés, je veux dire ceux qui s'attachent aux seules choses naturelles et ne conçoivent rien qui puisse être au-dessus '*. » La notion de l'arcane catéchétique semble devenue étrangère au faux Denys.