De pudicit. xxii. M
■i. Fitislul. \v. 1. Cf. De !npsis, 16 : • ... antc expiata delicla, anle 1 \oniolngcsim factnm oriniinis, aiilc pnrsatam ronscicntiam sacrifirio el manu saccrdolis.... vis infnlur rorpori oisanRuini [Domini]. » Notez l'iinposilion des mains de iV\0<|ne cniro rcxomnlngcse et la communion. Ailleurs Cvprion montre les confesseurs rebelles détournant les faillis « ne pulselurad Eeelesi.nu Dci. sed.sulflala pneniten'.ia, nec
tutioristc fait éliminer rabsolation douteuse donnée par des martyrs douteux, et requérir la voie plus longue mais plus sûre que TEglise a tracée au pécheur pour son retour.
Que vaut donc aux yeux de saint Cyprien cette intercession des martyrs? Elle est une intercession, non pas auprès de Dieu, mais auprès de l'évoque. Ou plutôt, ce qu'elle vaut auprès de Dieu, saint Cyprien veut l'ignorer. Mais l'évêque la recevra comme l'expression respectueuse d'un désir. Le pouvoir épiscopal est affirmé par Cyprien comme il ne la pas été par Calliste, et la prérogative des martyrs subordonnée au pouvoir épiscopal. Il exige que les martyrs ne délivrent que des billets de communion nominatifs : « Nominatim designetis eos quibus pacem dari desideratis. » Certains martyrs se sont contentés de rédiger des billets portant seulement : « Communicet ille cum suis. » Il semble que pareille formule implique un peu plus que l'expression d'un désir; Cyprien n'attache pas d'importance à cette nuance en ce moment, mais il relève cette désignation collective comme un abus. Jamais, dit-il, les martyrs n'ont fait ainsi. Quoi donc? le failli viendra à l'Eglise CM/?2 suis, c'est-à-dire avec tous ses proches, et sa maison, et ses affranchis, un nombre illimité de personnes! Tout ce que Cyprien accorde, c'est que le martyr témoigne des dispositions de ceux pour qui il intercède : « Peto ut eos quos ipsi s^idetis^ quos nostis^ » et plus explicitement encore, « quo-
ulla exomologesi criminis facta, despectis episcopis atquc calcatis, pax a presbyteris verbis fallacibus praedicetur, et, ne lapsi surgant aut foris positi ad Ecclesiam redeant, communicaiio non communicantibus offeratur ». Epistul. lyiii, 13.
ntm paenitentiam satisfactioni proximam conspicitis designi'tis ». Les martyrs ne sont plus que des témoins de la satisfaction et de la contrition des faillis. Encore leur témoig'nage sera-t-il vérifié, car les noms des faillis seront nKir(|ués sur le billet, « designelis nominatim libcllo «; et le billet sera envoyé à l'évéque, « €t sic ad nos fîdei ac disciplinae congruentes Hueras dirigatis » (xiv, 4). Ce n'est pas tout, carCyprien ne s'engage pas à faire droit au désir exprimé môme en cette forme par les martyrs : ces demandes seront examinées devant toute IKglise, quand la persécution aura cessé.
Feccrunt ad nos de quibusdam beati martyres littcras petentes cxaminari dcsidcria sua. Cum pace nobis omnibus a Domino prias data ad ecclesiam regredi coe})erimus, examinabunlur singula praesentibus et iudicantibus vobis (xvii, 1).
Cyprien ne fait qu'une exception. Si le cas se présente d'un failli, qui a reçu des martyrs un billet de communion et qui se trouve en péril de mort, un prôtre ou même un diacre pourra recevoir son exomologèse et lui imposer les mains.
Qui libellos a martyribus acceperunt et praerogativa corum apud Deum adiuvari possunt, si incommodo aliquoet intîrmitatis periculo ocoupati fuerint, non expectata praesentia nostra apud presbyterum quemcumque prae-
1 sentcm, vel, si presbyter repertus non fuerit et urgere exitus coeperit, apud diaconuni quoque exomologesin facere dclicti sui possint, ut manu eis in paenitentiam imposita veniantad Dominum cum pace quam dari martyres
, litteris ad nos factis desideraverunt (xviii, 1).
Quant aux faillis qui n'ont pas de billot de communion délivré par les martyrs, ils attendront la fin de la persécution : alors on décidera de leur condition. Cyprien donne à entendre que leur apostasie est, en droit, un cas de pénitence perpétuelle. Mais la perse cution a fait tant de faillis, qu'une mesure extraordinaire s'impose : « Non paucorurriy nec ecclesiae unius aut unius proinnciae^ sed totius orbis haec causa est ^ . »
Ces règles de conduite posées par saint (Cyprien firent éclater l'insolence des confesseurs, groupés autour de quelques prêtres carthaginois. On apprit qu'un martyr carthaginois avait, avant sa mort, donné commission aux confesseurs qui survivraient d'accorder la communion en son nom à tous les lapsi généralement quelconques. Leur porte-parole, un confesseur nommé Lucien , avait adressé à Cyprien un mandement ainsi libellé :
Universi confessores Cypriano papati S.
Scias nos universos, quibus ad te ratio constiterit quid post commissum egerint, dédisse pacem. Et hanc formam per te aliis episcopis innotescere volumus. Optamus te cum sanctis martyribus pacem habere.
Praesente de clero et exorcista et lectore Lucianus scripsit2.
En bloc, tous les faillis étaient réconciliés^, et lea
. Epislul. xrx, 2. Cf. Epistul. XLm, 3 : « [Placuit] tam nobis quam confessoribuset clericis Urbicis, item universis episcopis vel in noitra provincia vel trans mare conslitiitis, ut niliil innovetur circa lapsorum causam, nisi omnesin unumconveneriraus, etcollatis consiliis cum disciplina pariler et misericordia temperatam sentenliam fixe- .«'imus. » ^