‹ Études d'histoire littéraireChapitre 89 sur 125 · réd. : Oh ! (mon frère · texte numérisé non relu

réd. : Oh ! (mon frère

UN MANUSCRIT DE PAUL ET VIRGINIE

bien . Il n y a que le mal facile à faire » En montant le revers de ce vallon ils entendirent crier du haut de la montagne : « Paul. Virginie! où êtes-vous; mes enfants? .1 Et ils virent eurs mères, Domingiie et Marie qui accouraient au-devant d’euxV Quoique Paul fut tout essoufflé et qu’il grimpa (t) par des sentiers raides au milieu des roches, iP voulut remettre lui-même dans la case de de la Tour, sa sœur dont les pieds saignaient e. Virginie dit à sa mère ; « Nous venons'' d'obtenir la grâce d’une pauvre esclave* à qui j’ai donné le dîner de la maison parce qu’elle mouioit de faim. » M“® de la Tour l’embrassa* sans pouvoir dire un mot‘«, et“ Virginie qui sentit son visage mouillé lui dit: « Ma mère, vos larmes me payent de tout ce que j’ai fait. »

Le récit corrigé restait sobre. Le dramatique et le pittoresque avaient été renforcés, la sensibilité donnait sa note. La derniere correction accusait par la difïérence des propos des deux enfants le contraste des sexes et des caractères ; à Virginie toute fondue en sensibilité féminine, Bernardin opposait la réflexion pratique et virile de Paul.

Néanmoins Pauteur n’était pas satisfait. Je suppose que comme c’était, dénouement à part, le seul épisode où il y eût une action et une incertitude dramatique, il a voulu l’étoffer pour reposer le lecteur de l’églogue tendre et unie qui remplit toute la première moitié du roman.

t. l’’® réd. : Var. : Qu'il —bien soni biffés. Bernardin écrit dans l’interligne: que le bien est dangereux, et biffe, puis récrit; qu’il est dangereux de faire le b[ien].

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