‹ Études d'histoire naturelleChapitre 29 sur 119 · XVII. — Genre Littorine. Littorina. (Fer · texte numérisé non relu

XVII. — Genre Littorine. Littorina. (Fer

N° 44. — Littorine néritoide. Littorina neritoides. Lin.

T. Cœrulescens Lamk. t. ix, p. 217. L. Basteroti. Payr. p. 115 et pl. y, f. 19-20, Sow. pl , xn, f. 23.

Hab. Grau du Roi, — Rochers des môles et des jetées, très-commune. La littorine néritoide vit sur nos côtes continuellement hors de l’eau Ù) ; ce fait se reproduit d’ailleurs aussi sur les côtes de l’Océan pour les Patelles et les autres Littorines . Mais cette manière de vivre ne peut avoir rien d’étonnant sous un climat humide, où l’atmosphère est toujours chargée de vapeur d’eau salée, enfin où la marée vient chaque jour faire rentrer les mollusques dont nous parlons, dans les conditions ordinaires de leur vie. Au contraire, sur les côtes de la Méditerranée, où la marée ne se fait pas sentir et n’a, du moins, qu’une influence minime sur la hauteur des eaux, le phénomène de la respiration est intéressant à observer chez les mollusques qui, comme la littorine nêrito'ide , vivent continuellement hors de la mer. Il est vrai, cependant, que pendant l’hiver le remous des vagues couvre momentanément d’eau les rochers où elle adhère, et même qnelques raz de marée peuvent les submerger en entier. Tout, dans cette saison, se passe donc naturellement.

Mais, durant le printemps et l’été, c’est-à-dire à peu près six mois de l’année où la chaleur est accablante, où la tempé-

(1) Ceci est le résumé d’observations sur la respiration des Littorines, lues à la séance de la Société d'étude des sciences naturelles de Nimes du 6 mars 1874. — Voir le Bulletin n° 1 de l'année, page 21.

rature monte souvent au milieu du jour à 40°, où l’air est secet brûlant, on se demande comment de si petits animaux peuvent respirer et ne pas se dessécher sous l’action d’une température aussi haute. Néanmoins ils vivent, et nous en avons eu la preuve en en prenant au milieu du jour pendant l’été, que nous mettions dans l’eau de mer et que nous voyions parfaitement se mouvoir. Voici d’ailleurs comment on pourrait expliquer cela.

Il est pour nous évident que les Littorines ne respirent jamais pendant le jour l’air extérieur, car elles restent pendant ce temps complètement accolées à leur rocher, autant pour se dérober à l’influence desséchante de l’atmosphère brûlante qui les entoure, que pour conserver l’humidité dont leur plume branchiale est humectée. Ce n’est que la nuit qu’elles se meuvent et qu’elles vont chercher leurs aliments : alors l’humidité saline dont l’air est imprégné pendant la nuit leur permet ces mouvements, et suffiit à humecter leur plume branchiale ; mais une fois le jour et la chaleur revenus, elles rentrent dans le repos, et l’humidité que l’organe respiratoire a absorbée pendant la nuit suffit à leurs besoins durant le reste de la journée.

D’ailleurs, vers une ou deux heures de l’après-midi, la température de l’air s’abaisse régulièrement sous l’influence de la brise de mer qui commence à souffler, et qui, sans être précisément humide, est très-fraiche et suffit à détruire la pernicieuse et desséchante influence du fluide ambiant. Peutêtre encore pourrait-on attribuer ce repos diurne à une œstivation quotidienne , qui s’opérerait sous l’influence d’une chaleur excessive ?

Fam. x. — Tcjrbinidés.

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