DU ROLE DES OISEAUX
DANS LA DISPERSION DES ESPÈCES BOTANIQUES fl>
On voit souvent, dans les flores locales , des plantes dont l’habitat ne coïncide pas avec les habitudes, et se trouve fort éloigné souvent de leur patrie primitive. Tantôt ce sont des espèces qui, communes à deux départements proches l’un de l’autre, manquent dans le département intermédiaire, sans qu’on puisse justifier cette absence par des conditions climatériques ou autres ; tantôt , enfin , ce sont des espèces qui , inconnues dans une région, y apparaissent tout à coup. Les agents de cette dispersion sont, pour la plupart du temps, les oiseaux granivores. En effet, l’organe triturateur des oiseaux, le gésier , laisse souvent échapper des graines intactes , qui sont défendues, par conséquent, de toute action chimique par l’enveloppe qui leur est restée , de telle sorte qu’elles traversent tous les intestins et sont enfin expulsées avec les matières fécales , sans avoir subi aucune altération. Dès qu’elles sont sur le sol , enveloppées d’un engrais énergique, elles se trouvent instantanément placées dans les meilleures conditions possibles de germination. Déplus, cette germination est encore favorisée par l’époque de la migration.
Les oiseaux granivores qui peuvent le plus aider à cette
(1) Note présentée à la Société d'étude des sciences naturelles de Nimes , le 13 mars 1874.
dispersion sont les corbeaux , les loriots , les alouettes , les gros-becs, les pigeons, les cailles et les pluviers. C’est sans doute par cet intermédiaire que la Passerina tinctoria — Pour., plante d’Espagne, a été naturalisée dans le Gard, à la Chartreuse de Valbonne, où elle se trouve, sur un espace de 80 mètres sur 50 mètres.
NOTE