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SAINTE-BEUVE ET LES FEMMES

Saîiite-Beuve, comme pour s'excuser d'avoir faitentrer La Rochefoucauld dans sa galerie de Portraits defemnés, s'exprime ainsi sur son compte : « On pourrait ionner à chacune des quatre périodes de la vie de M. de La Rochefoucauld le nom d'une femme, comme Hérodote ionne à chacun de ses livres le nom d'une muse. Ce seraient M""® de Chevreuse, M de Longueville, M™^ de Sablé, M"'^ de La Fayette (i). »

Ces lignes pourraient servir d'épigraphe à ce volume,

car, quoiqu'elles soient datées de i84o, c'est-à-dire d'un

temps où Sainte-Beuve montait encore la côte, elles

appliquent à sa vie presque aussi bien qu'à celle de

luteur des Maximes. Il n'y aurait qu'à changer le nom

îs femmes qui l'ont embellie, enchantée, consolée pen-

it quarante ans.

De 1829 à 1869, Sainte-Beuve connut, lui aussi, deux

andes amitiés et deux grandes passions. Ses deuxgran-

i passions furent pour M™^ Victor Hugo et M^^ d'Ar-

ouville. Ses deux grandes amitiés, pour M™^ Juste

, (i) Portraits de Femmes, p. 291.

Olivier et la princesse Mathilde. Je laisse de côté, parer qu'elles furent surtout des amitiés littéraires, ses relations avec George Sand et M^^ Desbordes- Valmore , e j'oublie à dessein, à cause de leur caractère puremen mondain, je pourrais dire académique, ses relations ave< la duchesse de Rauzan, M^^^'deCastellaneet M°*®deBoigne

Ce ne sont pas, d'ailleurs, les seules femmes qu'il ail aimées et cultivées pour un motif ou pour un autre. EUei sont même si nombreuses qu'il serait très difficile d er dresser la liste complète.

Sainte-Beuve aima la femme avant de se connaître, tant il éieiitféminin de sa nature. «Tout enfant, écrivait-i un jour à Victor Pavie, je ne révais qu'un bonheur. Ta mour ! » Et nous savons qu'avant quatorze ans, il aim£ Camille, « douce blonde au front pur », et Nathalie « ai parler sérieux », et que sa plus grande joie, au milieu de ses triomphes d'écolier, était de penser que, « derrière um jalousie entr'ouverte, quelque forme ravissante déjeune fille à demi voilée, quelque longue et gracieuse figure ei blanc, se penchait d'en haut, sur un balcon pavoisé, pou saluer le vainqueur au passage et pour lui sourire. »

Élaient-ce ces premières apparitions de son enfanc amoureuse qui lui revenaient de loin en loin, quand avait soif d'amour pur et qu'il faisait respectueusemen la cour à telle jeune fille? Ce qu'il y a de sûr, c'est que 1 libertin qu'il était fut toujours désarmé par la candeur e lavirginité,commeen témoignent son idylle presque aus sitôt rompue qu'ébauchée avec la fille du général Pelletîe

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