‹ Etudes d'oculistiqueChapitre 1 sur 38 · HAUTES, COBZBEMBE, ET TOUS LES AUTRES LIBRAIRES · texte numérisé non relu

HAUTES, COBZBEMBE, ET TOUS LES AUTRES LIBRAIRES

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M. MAYOR (de Lausanne)

Nantes, le 't octobre IKi i

Mon respectable et vénéré confrère ,

Vous m'avez engagé Tannée dernière au congrès d'Angers , à rédiger et publier quelques notes que je vous avais lues. Je vous promis alors de suivre votre conseil, et je vous adresse aujourd'hui mon travail , que mes occupations nombreuses , la maladie dont j'étais affecté quand vous êtes venu à Nantes, et diverses autres circonstances m'ont empêché de publier plutôt et de développer autant que je l'aurais désiré.

Depuis votre départ j'ai encore suivi vos avis en ce qui concerne les cas curieux qui passent sous mes yeux, déjà je possède plus de cinquante beaux dessins faits d'après nature et j'espère l'année prochaine porter à une centaine ma collection.

Je voudrais aussi , dans l'intérêt de la spécialité qui m'occupe si long-temps chaque jour et par amour propre national, car chez moi l'homme, le médecin et le citoyen ne font qu'un, rééditer tous les anciens oculistes français et terminer cette publication par une histoire très-détaillée des progrès de la médecine et de la chirurgie oculaire en France depuis 1830 ; déjà j'ai écrit environ 400 pages in-8° de ce dernier travail , auquel -j'aimerais à joindre des gravures sur bois , des dessins lithographies analogues à ceux de cette brochure, quelques portraits même , de manière à en faire un travail aussi curieux et intéressant que complet.

Aujourd'hui je me borne à m'occupcr des questions que j'avais traitées au congrès scientifique.

Dans un premier chapitre je montre les avantages que procurent les spécialités, leurs inconvénients actuels et la possibilité de régulariser leur organisation par une simple ordonnance ministérielle.

Dans un second mémoire j'essaie de démontrer théoriquement et pratiquement que la méthode abortive, telle que je l'ai généralisée, convient dans toutes les maladies aiguës de l'œil. Long-temps avant que j'eusse écrit ce chapitre Vclpeau d'à-

bord, CaiTon de Villars vers la même époque, et Petrequin en 1837, avaient signalé les avantages de l'emploi du nitrate d'argent dans la généralité des conjonctivites, mais mon but a été de faire de la méthode abortive ce qu'elle doit être, de lui donner toute la latitude qu'elle comporte en y rattachant les moyens thérapeutiques dont elle dispose, et les affections diverses auxquelles elle peut et doit s'appliquer. Ce mémoire à le grand défaut, comme tout le reste de ma brochure, d'avoir été écrit à la hâte , il est très-attaquable d'un bout à l'autre pour la forme , mais je ne ferais pas les mêmes concessions pour le fond ; j'ai expérimenté assez long-temps et sur un assez grand nombre de malades au moyen des diverses méthodes et d'une manière comparative pour être complètement fixé sous ce rapport. Cependant je crois n'avoir pas insisté autant que je le fais dans ma pratique sur les avantages des antiplastiques comme moyen abortif , et je le regrette d'autant plus qu'ils jouent un très-grand rôle dans la médecine et la chirurgie oculaires.

La méthode que j'ai indiquée dans le troisième mémoire , comme le meilleur moyen deguérison des taches de la cornée , a subi de nombreuses épreuves et constamment elle en est sortie victorieuse. Cependant , si la tache de la cornée n'était autre chose qu'un épanchement séreux sous la muqueuse ou entre les lames de cet organe , les cautérisations avec le nitrate d'argent seraient bien préférables.

Le quatrième mémoire se divise en deux parties : l'une traite de l'iris et de ses affections; l'autre de l'opération de la pupille artificielle. Dans la première partie j'appelle la face postérieure de l'iris séreuse postérieure et uvée. La première dénomination , quoique consacrée par l'usage, est fautive , puisque cette membrane est complexe. La seconde me paraît bien préférable. Peut-être aussi ai-je manqué de clarté en décrivant quelques états pathologiques de cet organe ; ainsi , les sécrétions brunes ou condylômes se divisent en deux ordres : les unes sont des filaments albumineux , colorés par du pygmentum ou de toute autre manière qui ne nous est pas bien connue. Les autres ont une forme plus applatie et ressemblent un peu à des champignons végétant sur l'iris ; leur couleur est, du reste, la même ; cependant, par fois, je l'ai trouvée plus foncée. — Je n'ai pas prétendu dire qu'il y eût un iritis scrofuleux , un iritis syphilitique, et quoi que je me sois servi de ces locutions , pour moi , il n'y a qu'un iritis, mais il est modifié dans ses symptômes , sa marche, sa durée, sa terminaison , sa résistance à tel ou tel agent thérapeutique par les diverses diathèses qui modifient notre organisation.

Dans le traitement des iritis, je n'ai peut-être pas assez insiste sur l'usage des antiplastiques, et cependant, personne n'emploie davantage les antimoniaux et les mereuriaux. J'ai , du reste, omis de dire que Farséniatc de soude m'avait été complètement inutile dans l'iritis séreux antérieur, et dans l'inflammation de la membrane de l'humeur aqueuse.

Dans la description 'des méthodes que j'emploie pour faire la pupille artificielle, je n'ai pas crû devoir signaler une foule de modifications qui naissent des circonstances elles-mêmes; ainsi, ce matin , pour remédier à un lcucôme situé à la partie moyenne et inférieure de l'œil droit, je voulais traverser le leucùme , passer sous l'iris, traverser l'iris, la cornée , et couper de droite à gauche ce qui devait donner une pupille en \. Mais arrivé au dernier temps, le malade a reporté son œil en haut, et la section est devenue impossible. J'ai pris alors les ciseaux de Garron du Villars, et j'ai incisé l'iris longitudinalement de bas en haut; j'en ai fait autant à la capsule qui était cataractée , et le malade a bien vu. Dans d'autres cas semblables, j'ai fait une double incision, l'une longitudinale, l'autre perpendiculaire aux fibres rayonnées.

Ce dernier mémoire laisse beaucoup à désirer , mais il est deux points que je crois avoir traités d'une manière satisfaisante, à savoir: 4° les divers états pathologiques de l'iris et delà membrane de l'humeur aqueuse; 2° l'utilité de pratiquer la pupille artificielle à une certaine période des iritis , et surtout de l'iritis syphilitique , puis la préférence que l'on doit accorder à l'opération de la pupille artificielle sur l'opération de la cataracte, pour les cataractes étroites , congénitales ou autres.

En somme , mon cher confrère , le travail que je vous présente n'est autre que celui de l'année dernière, étendu et développé. Les novations qu'il renferme ont déjà trouvé grâce devant vous une première fois, puisse une seconde lecture leur être plus favorable encore.

Recevez , je vous prie , l'assurance de mon respect,

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