‹ Etudes d'oculistiqueChapitre 19 sur 38 · ULCÉRATIONS PLATES DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

ULCÉRATIONS PLATES DE LA CORNÉE

Depuis sept années, mademoiselle B...., fille d'un notaire du Pallet, souffrait d'ophtalmies lymphatiques ; quand elle me vint, il y avait des ulcérations plates, un staphylôme et des vaisseaux variqueux entre les lames de la cornée. Les ulcérations plates et le staphylôme ont cédé de suite aux cautérisations. J'ai cautérisé plus profondément pour les vaisseaux variqueux formant un pannus, avec ramollissement de la cornée à leur pointe ; puis , j'ai employé consécutivement la poudre aux sulfates de cuivre et de morphine. Le traitement a produit une cure complète; il a duré environ cinquante jours.

Je viens d'employer inutilement le cyanure de zinc chez un enfant de St-Jacques , en me servant des doses indiquées par M. Cunier, et j'ai eu recours ensuite à une pommade au nitrate d'argent. Il y avait une photophobie très-grande et une ophtal-

mie vieille de deux ans. Le nitrate d'argent a donné une guérison en quinze jours; mais j'ai cru devoir ajouter au traitement local un traitement général.

L'ulcère de la cornée, avec développement des vaisseaux superficiels guérit très-bien sous l'influence de cautérisations. — Si ce sont des vaisseaux profonds qui sont développés, on peut faire comme chez mademoiselle B.... , ou bien cautériser et exciser les vaisseaux qui alimentent la maladie. L'année dernière nous avons soigné avec succès chez M. D***, un cas de ce genre qui était des plus rebelles et lié à une ophtalmie datant de cinq à six ans.

Chez mademoiselle Hyrvoix , place Royale , à Nantes , j'ai attaqué, l'année dernière, une affection de ce dernier genre par les cautérisations , aidées seulement de lotions astringentes. La guérison a été prompte , mais il y a eu albugo consécutif , très-heureusement , il ne nuit pas à la vision.

J'ai guéri l'an dernier, en huit cautérisations, faites du reste avec le plus grand soin, un staphylôme lymphatique que présentait un enfant de sept à huit ans, demeurant à Nantes, chaussée delà Magdeleine. J'ai prescrit à la suite de la guérison un traitement général. J'ai toujours vu, du reste, les staphylômes de cette nature guérir aisément.

Nous passons de suite , pour éviter les longueurs et les redites aux affections scrofuleuses de la membrane de Descemets et de l'iris.

Les affections scrofuleuses de la membrane deDescemets ne ne sont pas extrêmement rares dans ma pratique; je les ai remarquées jusqu'à ce jour chez des filles qui avaient dépassé l'âge de puberté ou chez des femmesà l'époque critique , jamais chez l'homme. Elles sont toujours liées à une affection chlorotique, alors même que les malades ont le teint coloré; voici le dernier cas de ce genre que j'aie soigné :

Mademoiselle N. , âgée de 47 ans , assez mal réglée , molle ,

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très-lymphatique, présentant plusieurs engorgements, très-paresseuse, d'une belle coloration , m'est venue trouver en novembre 1843 ; elle avait alors à l'œil droit une vésicule sur le bord de la cornée, et une disposition au ramollissement et à l'ulcération de tout le pourtour de cet organe. Derrière la cornée se trouvait un épanchement séro-purulent qui cachait la pupille.

Cautérisations avec le nitrate, puis, avec une pommade au nitrate d'argent , remplacée souvent par une pommade au sulfate de zinc; ferrugineux et toniques à l'intérieur. Au bout de 15 jours arrivent les menstrues, mais le sang coule peu. Six sangsues aux cuisses produisent un léger mieux; cependant pendant près d'un mois l'amélioration marche très-lentement. Au retour de la seconde époque , dix jours avant ce retour, je fais prendre l'iodure de fer, le safran et la cannelle; cinq jours avant , tous les jours , l'on applique aux jambes des ventouses ; le soir, au moment de se mettre au lit , un cataplasme brûlant sur les parties. La menstruation revient et l'état général s'améliore. Je continue le régime , le traitement général, et j'ajoute l'iodure de potassium à l'intérieur, je me contente d'introduire dans l'œil une pommade astringente; toutefois, pour faciliter la résorption, j'applique quelques vésicatoires à l'ammoniaque, sur le cuir chevelu. Laguérison est complète; mais elle ne l'était pas encore à la troisième menstruation : il restait à cette époque de nombreuses opacités derrière la cornée.

Les cas d'iritis scrofuleux sont assez rares dans ma pratique. Le dernier que j'aie observé s'est présenté chez une indigente : l'œil gauche était privé de vision, car il y avait chez cette femme, outre l'affection indienne, un leucome indélébile. Un meilleur régime , des toniques et l'iodure de potassium à l'intérieur ; à l'extérieur, des frictions avec le calomel, le cyanure de zinc et l'extrait de belladone, incorporés

dans l'axonge , des ventouses sur le cou, quelques vésicaiions sur le cuir chevelu, ont cependant amené la cessation de douleurs qui étaient très-cruelles; mais la cure n'a étéque palliative : il existait une demi-atrésie avec immobilité pupillaire, et un leucome en face de la pupille, il a donc fallu pratiquer une pupilleartificielle pour compléter la guérison. Cette opération a très-bien réussi.

Aujourd'hui l'œil droit est perdu. Il a été malade, guéri , malade, guéri, puisa une troisième rechute, cette pauvre indigente, m'a-t-on dit, a cru devoir s'adresser à des médecins sans diplôme. La maladie de l'œil droit a présenté des ulcères de la cornée et une affection du pourtour delà cornée pendant presque toute la durée de l'affection iridienne. Chez cette indigente, je me suis toujours très-bien trouvé du régime et des remèdes internes , questions graves que nous traiterons plus tard. Quant à l'atrésie pupillaire, nous l'avons combattue par l'introduction dans l'œil d'une pommade contenant de l'extrait de belladone. (Nous reviendrons à l'article iritis sur ce qui concerne l'iritis scrofuleux.)

OPHTALMIES CATARRALES.

Ces ophtalmies présentent plusieurs variétés : 1° l'ophtalmie catarrale simple; 2° l'ophtalmie catarrale purulente; 3° l'ophtalmie des nouveaux-nés; 4° l'ophtalmie granuleuse non vénérienne; 5° l'ophtalmie granuleuse vénérienne. Toutes guérissent mieux par la méthode abortive que par toute autre, et c'est pour ce groupe de conjonctivites aiguës, qu'a été employée de prime-abord, la médication que nous avons généralisée. Passons de suite aux études pratiques.

M. N . , atteint pour la troisième fois de blénorragie oculaire, avait été soigné une première fois par Ricord, une deuxième par l'un de ses élèves. Dans les deux cas, les émissions sanguines générales et locales, les collyres au nitrate d'argent,

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