‹ Etudes d'oculistiqueChapitre 24 sur 38 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Les hommes de pratiqne auxquels s'adresse exclusivement notre travail , nous pardonneront, nous l'espérons du moins , les incorrections de notre style en faveur du motif qui nous a fait écrire. Ce n'est pas dans le cabinet qu'il convient de juger la méthode abortive. L'on a fait assez d'ouvrages d'enseignement ophtalmologique pour ceux qui étudient l'art de guérir , et nous avons eu pour but de nous adresser de prime abord à ceux qui guérissent. C'est donc dans l'application même que nous demandons a être apprécié.

A ceux qui se plaignent des divisions et subdivisions infinies de certains livres , nous dirons : la méthode abortive est générale pour toutes les ophtalmies aiguës, de quelques nature qu'elles soient.

A ceux de nos amis qui nous ont reproché d'abolir le diagnostic , ou de paraître chercher à l'annihiler , nous répondrons : que la plupart des praticiens ne sont pas assez habiles en oculistique pour distinguer l'iritis scrophuleux de la kératrite scrophuleuse avec ulcères , l'affection de la membrane , de descemet de certains albugo, quelques iritis des ulcères de la partie postérieure de la cornée, etc. , etc. , et qu'il est bon, par suite, de leur donner une méthode qui leur soit un guide sûr dans toutes les circonstances.

Quant à la question de philosophie médicale , dont on pourrait nous accuser de faire bon marché , notre réponse est prête , et la voici :

L'unité de l'être humain , malgré la multiplicité de ses organes , doit faire considérer la plupart des maladies comme des aiîections générales qui peuvent , du reste , se localiser

selon les circonstances susceptibles de modifier notre organisme. Ces circonstances sont nos habitudes, la constitution médicale régnante , et surtout en occulistique , les cinq grandes diathèses qui préoccupent si souvent la thérapeutique , à savoir : les scrophules , la chlorose , la psore , la syphilis et le rhumatisme.

Si dans la médecine générale il convient d'en appeler aux crises et de considérer la maladie comme une souffrance qu'il faut le plus souvent diriger vers une issue favorable , sans trop la heurter de front , s'il est encore très-convenable , soit en théorie , soit en pratique , de s'attacher autant au fait général qu'au fait local , ce qui a lieu chaque jour , quand on administre le sulfate de quinine de prime abord , dans la pneumonie intermittente , le fer dans l'aménorrhée chlorotique , l'ipécacuanha au début de certaines dyssenteries ; convenons cependant, que dans les ophtalmies aiguës , qu'elles soient simples et purement locales ou dépendantes, soit d'une diathèse , soit de la constitution médicale , les règles générales de l'art de guérir doivent se modifier en raison de l'importance de l'organe et de sa struture particulière.

Nous n'avons garde de nier les influences qui constituent l'ophtalmie calharrale , l'ophtalmie égyptienne , l'ophtalmie scrophuleuse , l'ophtalmie des nouveaux nés , etc. , etc. ; mais nous croyons qu'en oculistique le médecin doit suivre une thérapeutique éminemment active et abortive , qu'il faut éviter , presqu'à tout prix , que l'œil soit long-temps le siège d'une inflammation, quelque régulière qu'elle put être dans sa marche, si on l'abandonnait à elle-même.

Nous avons fait de la méthode abortive l'épreuve la plus concluante ; nous avons confié un jour notre clinique à notre aide et ami, M. Kostrzewski, et ce médecin, alors notre élève, a obtenu , en suivant la marche tracée dans ce mémoire , des succès immédiats et très-importants dans les affections aiguës

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les plus graves. Nous engageons donc hardiment nos confrères à s'en servir , bien sûrs qu'elle ne leur fera jamais faute.

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