M. TIN EU S
traité de paix, était pour ^I. Thicrs le comble (le la soniïrance. Il en parlait en pleurant. Ne s\''(ai(-il [ins llalté, comptant sur réternelle justice, ([u'un autre que lui signerait; lui, qui, au milieu des plus violents outrages, avait combattu la déclaration de guerre ! Il s'était dit que, n'ayant pu empècber une faute irréparable, il n'aurait pas du moins la douleur d'en recueillir les conséquences. La destinée en avait autrement décidé.
Ce n'était qu'une partie de l'immense responsabilité de M. Tbiers. Nous devions nourrir 500000 Allemands, et nous n'étions plus maîtres de tous les produits de notre sol. Les produits étrangers, entrant chez nous pendant Toccupation rendaient presque impossible la perception de nos propres contributions; nous avions plus de 400 millions de déficit dans notre budget. Il fallait demander à l'impôt 488 millions de nouvelles ressources pour faire face aux charges résultant de la guerre î Et l'insurrection maîtresse de Paris, prête à tout oser, nécessitait une organisation et des mesures exceptionnelles. M. Tbiers discutait de sa personne tous les projets. Pendant ces discussions, l'écho apportait les coups de canon tirés des forts aux mains de la Commune. N'a-t-on pas vu alors les âmes les
plus intrépides douter elles-mêmes du salut du pays, lorsqu'on apprit que nos monuments étaient en flammes et que le musée du Louvre était menacé ?
M. Thiers relevait les courages abattus, plein de confiance qu'il était dans les ressources et le génie de la France, ne redoutant que Tabus de nos divisions, et l'anarcbie des intelligences; il n'hésitait pas à proclamer devant le monde que nous avions été malheureux sans doute, mais que si nous savions être virils et sans illusions, nous pouvions supporter les charges écrasantes qui allaient peser sur nous. Supérieur aux partis qui déjà ne lui pardonnaient pas de ne pas leur appartenir, il faisait abstraction de ses convictions personnelles, à la tête du pouvoir, et le promettait en définitive au plus sage.
Tel il apparut, dans ces jours d'épreuves, aux nouveaux venus dans la vie parlementaire, tel nous le revoyons dans ces discours recueillis par les mains amies qui lui ont fermé les yeux. Que de leçons nous pouvons lui demander encore ! Telle de ses réponses à une interpellation, par exemple celle relative à l'unité de l'Italie, est toujours à méditer. Mais il faudrait citer tout ce qui venait de ce merveilleux esprit si clair, si jeune, si alerte, si français, et à