‹ Études de critique et d'histoire religieuse (volume 2)Chapitre 132 sur 168 · Ecdes., I, S · texte numérisé non relu

Ecdes., I, S

3. Tout ce raisonnement du savant cardinal est tellement naïf qu'il mérite d'être cité textuellement: • Aggiungo clie quelle che scrisse : orilur sol, etc. fu Salomone, il quale non solo parlo ispirato da Dio, ma fu liuomo sopra tutti pli altri sapientissimo e dottissimo nelle scienze humane e nella cognitione délie cose create, e tutta (juesta sapienza riiebbe da Dio. Onde non e verosimile clie affermasse una cosa, clie fosse contraria alla verita demostrata o clie si polesse di-

Si l'argumentatioii du cardinal est faible, il ne s'ensuit pas moins que Galilée pouvait échapper au Saint- Office, pourvu qu'il renonçât à vouloir concilier sa doctrine avec TEcriture. « Un point est éclairci, disait à ce propos le 2 mai 1615 M^"" Dini; on peut écrire comme mathématicien et sous forme d'hypothèse, comme a fait, dit-on, Copernic ; on peut écrire librement pourvu qu'on n'entre pas dans la sacristie *. »

Mais Galilée était entré dans la sacristie; ses adversaires l'y avaient poussé, sans doute contre son gré; et il ne dépendait plus maintenant de lui seul d'en sortir indemne. Le P. Lorini, nous l'avons vu, avait dénoncé la lettre au P. Castelli, en y signalant des appréciations suspectes ou téméraires, telles que les suivantes : dire que certaines expressions de la Sainte Écriture sont peu justes ; que, dans les discussions sur les effets naturels, l'Écriture tient le dernier rang ; que les docteurs de l'Église se trompent souvent dans leurs explications; que l'Écriture ne doit pas être invoquée dans les articles ne concernant pas la foi ; que, dans les choses naturelles, l'argument philosophique ou astronomique a plus de force que l'argument sacré ou divin ; enfin que le commandement de Josué au soleil doit s'entendre comme fait non au soleil, mais au

niostrare. E se mi dira clie Salomone parla seconde l'apparenza, parendo a noi che il sol giri mentre la icrra gira, come a che si parte dal litto, se bene gli pare che il litto si parla da lui, nondimeno conosce che questo é errore e lo corregge YCdendo chiaramente, che la nave si muove, e non il litto. Ma (juanto al sole e la terra, nessuno savio è clie liabbia besogno di correggere l'errore perche chiaramente expérimenta clie la terre sta ferma e che l'occhio non s'inganna quando giudica che il sole si muove, came anco non s'inganna quando giudica, che la luna e le stelle si muovano, e questo basti per hora. » Berti, Copernico, loc. cit.

•1. « Cioé che si possa scrivere come matematico, e per ragione d'ipolesi, purche non s'entri, come s'è altre volte detlo, in sagrestia. » Le Opère, t. Vlil, p. 37ri.

premier mobile. Toutes ces erreurs, disait Lorini, ne font-elles pas voir le danger que courrait l'Eglise, si on laissait ainsi le premier venu expliquer l'Écriture à sa façon, contrairement au sentiment des saints Pères et de saint Thomas, et fouler aux pieds toute la philosophie d'Aristote, qui est un si utile auxiliaire de la théologie scolastique : e che colpesta tutta la filosofia d'Aristotele, délia quale tanto si serve la teologia scolastica ' .

La dénonciation du P. Lorini est du 5 février 1615. L'enquête de la Congrégation de V Index marcha avec une extrême lenteur. Un an plus tard, Galilée, qui était venu s'installer à Rome, espérait encore déjouer les calculs de ses adversaires. « J'arriverai à dévoiler leurs fraudes, s'écriait-il le 20 février 1616; je m'opposerai à eux, et j'empêcherai toute déclaration dont il pourrait résulter un scandale pour l'Église ^. »

Profonde était son illusion. Au moment où il écrivait ces lignes, son procès avait été engagé sur l'ordre du pape. Comme le cardinal Orsini parlait un jour en faveur de Galilée devant Paul V, celui-ci lui répondit qu'il ferait bien de conseiller à son ami d'abandonner l'opinion de Copernic. Orsini insistant, le Souverain Pontife coupa court à l'entretien en disant que l'affaire était remise entre les mains des cardinaux de la Congrégation du Saint-Office. Dès que le cardinal Orsini se fut retiré, le pape fit appeler le cardinal Bellarmin. Tous deux s'accordèrent à reconnaître que l'opinion soutenue par Galilée était « erronée et hérétique^ ». La bonne foi du savant

i. Von Gebler, DieAclen, p. H sq.; nis. du Procès, fol.. 342.

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