‹ Etudes de critique et d'histoire religieuse [microform]Chapitre 74 sur 177 · Ibid., lib. VI, cap · texte numérisé non relu

Ibid., lib. VI, cap

5. Un hagiographe veut que « populus, non solum urbanus, sed etiam ruricola •, ait élu Domnolus (Vila Domnolî, ap. Acta SS.., mai, t. III, p. 607). Papebroch {Ibid., p. 604) essaie de justiOer cette leçon qui s'accorde diflicilement arec le récit de Grégoire de Tours. L'élection n'est pas absolument improbable, mais le Vita Domnoli est sûrement de mauvaise note.

avant même celui qu'il devait remplacer ^ A Saintes, Clotaire agit non moins insolemment; il fait sacrer Emérius sans l'avis et en l'absence du métropolitain '^. C'était une atteinte directe aux canons comme aux usages les plus sacrés. L'élection de Tours, accomplie sous son règne, paraît moins contraire au droit canon : à la nouvelle de la mort de Gonthaire, Cautinus avait envoyé dans cette ville des émissaires chargés de proposer la candidature de son irréconciliable adversaire, le prêtre Caton. Le stratagème réussit. Caton fut élu et le roi confirma l'élection. Les clercs tourangeaux, ayant à leur tête l'abbé de Saint-Martin, se rendirent donc en grande pompe à Clermont et signifièrent à Caton le décret royal. Et comme celui-ci se montrait hésitant, ils lui dirent : « Ce n'est pas par notre volonté que nous t'appelons

1. Greg. Turon., Hist. Fr., !ib. IV, cap. 18. Il ne pouvait être question ' ici d'une élection. Il est probable que Clotaire prétendit soustraire une partie du diocèse à l'évêque légitime, car Grégoire de Tours écrit qu'à la mort de l'intrus, « diocèses suas ecclesîa Pictava recepit »

2. « Decretum Chlotarii habuerat (Emerius) utabsque concilié metropolis benediceretur, quia non erat praesens. » Greg. Turon., Hist. Fr., lib. IV, cap. 26. La leçon guia est la plus authentique. Une version porte gui (Cf. édit. Arndt, dans les Script. Rer.meroving.,t. I, p. 461 ; édit. Omont, d'après le ms. de Corbie, p. 120). Hauck {Die Btschofswahlen, p. 22, note 37) adopte la leçon gui, et il estime (p. 32) que Clotaire a eu l'intenlion de violer expressément le canon 8 du concile de Paris ainsi conçu : « NuUus civibus invitis ordinetur episcopus, nisi quem populi et clericorum electio plenissima quaesierit voluntate. iVon principis imperio, neque per quamlibet conditionem coiitra metropolitani voluntatemyél episcoporum comprovincialium ingeratur. Quod si per ordinationem regiam honoris istius culmen pervadere aliquis nimia temeritate praesumpserit, a comprovincialibus loci ipsius episcopus recipi nullatenus mereatur quem indebite ordinatum agnoscunt » (Maassen, Concilia meroving., p. 144). Mais, d'une part, la date du concile (5S6-573) n'est pas nettement déterminée et Clotaire mourut en 361. D'autre part, le texte de Grégoire de Tours peut s'entendre en ce sens qu'en l'absence du métropolitain Clotaire ordonna de passer outre et de procéder à l'ordinatiou d'Emérius.

à être évêque, c'est en vertu d'un précepte du roi ^ . » Caton refusa pourtant, toujours par orgueil, nous dit Grégoire de Tours, car il nourrissait l'espoir de succéder à Cautinus sur le siège de Clermont ^. Alors les Tourangeaux, ayant choisi un autre candidat, le prêtre Eufronius, se rendirent auprès de Clotaire et lui présentèrent la lettre d'élection signée du clergé. En lisant le nom d'Eufronius, le roi s'écria : « C'était le prêtre Caton que j'avais ordonné de sacrer. Pourquoi a-t-on méprisé notre ordre ^ ? » Les électeurs répondirent que Caton avait refusé la succession de Gonthaire. Et au même moment, Caton, entrant au palais, confirma leur dire et revendiqua le siège de Clermont. Irrité d'une telle prétention, Clotaire chassa Caton de sa présence ; puis il se fit donner quelques renseignements sur Eufronius, et, satisfait de ce qu'on lui apprit, il dit : « Que la volonté de Dieu et de saint Martin soit faite : que l'élection s'accomplisse ! » Et sans plus de retard, la chancellerie rédigea le précepte autorisant le sacre d'Eufronius''.

4. « Non enim nostra te voluntate expetimus, sed régis praeceptione. » Cela ne paraît pas absolument exact, car on voit que « per emissionem, ut ferunt, Cautini episcopi, Cato presbyter ad gubernandamTuronicae urbis ecclesiam petebatur ». Rist.Fr., lib. IV, cap. 11. Il semble que la praeceptio royale avait simplement ratifié l'élecUon du clergé et du peuple. Cette interpréiation se trouve confirmée par ce qui suivit; le peuple et le clergé, à défaut de Caton, élurent Eufronius, Hist. Fr., lib. VI, cap. 13.

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