‹ Études de grammaire comparéeChapitre 48 sur 48 · ADDITIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS

Ajouter à la page 25, à la fin de la rubrique de phonème latéral des fricatifs :

Cette nature du phonème sh a été expliquée de trois autres manières. Suivant les uns c'est un s cérébral, suivant d'autres un phonème composé des + x, ce qui justifierait l'expression graphique sch; suivant d'autres, enfin, il dépendrait en partie d'une lahialisation. Tous ces systèmes ont une portion de vérité, mais ils corroborent plutôt qu'ils ne détruisent le nôtre. En effet, Vsh latéral, par cela même qu'il est latéral, devait se situer vers le milieu de la langue et vers le milieu du palais, ce qui le rend en un sens cérébral; d'autre côté, une flexion médiane se faisant sur la langue pour ama^^ Tair puis le faire s'échapper de chaque côté, tandis que la partie antérieure et la' postérieure se rapprochent du palais, il en résulte qu'il y a rapprochement en deux points où se forment ordinairement deux phonèmes différents, d'où le second système; enfin, la lahialisation n'est pas indispensable, mais reporte en avant la production du phonème, qui n'a plus alors rien de cérébral. Les points de vue ont été divers, mais peuvent se réunir, et prouvent alors que le sh est le latéral commun des fricatifs. Si ce latéral se produit très en avant, c'est le ch français; s'il recule un peu, c'est le sh anglais; s'il recule davantage, c'est le y semi-voyelle et la non-sonore qui lui correspond.

. Ajouter à la page 38, avant le 4® alinéa :

Ces semi- voyelles : h, y, w, ne sont pas les seules; les voyelles ii français et i sombre russe peuvent aussi se convertir en semi-voyelles, pour lesquelles manque une marque graphique ; le français lia ne se diphthongue pas moins par semi-vocalisation préalable que ua. Bien plus, les intermé-

diaires eux-mêmes : e, o peuvent aussi se semi-vocaliser, quoique plus difficilement, et seulement en empruntant aux extrêmes i et u leurs semi-voyelles; nous en voyons des preuves dans l'emploi fréquent de : ea^ eo, dans l'anglosaxon. Toutes les voyelles, à la rigueur, peuvent donc devenir semi-voyelles; seulement leur son semi-vocalique s'éloigne alors d'autant plus de leur son vocalique qu'elles sont plus rapprochées du centre sur la croix vocalique; au centre même la semi-voyelle h semble beaucoup diverger de sa voyelle a.

Ajouter à la page 48, avant la rubrique : p) Combinaison avec : i.

Comment a-t-on pu passer sine saltu et naturellement du \^' degré au 2®, et du 2® au 3®? Voici la marche de cette évolution :

i^^ mouvement. — La voyelle qui suit une des consonnes tend à établir, entre elle et la consonne précédente, un phonème intermédiaire qui les rapproche, c'est-à-dire la fricative laryngienne, \ai consonne du larynx, qui n'est autre que Vh, de sorte que le passage de la consonne à la voyelle n'a plus rien de brusque; de là les k -{- h -{- a, ^ + A + a, p -{- h -{- a du sanscrit.

2^ mouvement. — Le k, t, p, d'un côté, Vh de l'autre, entrent en lutte, et pour le moment ce sont le k, le t, le p qui triomphent, ils entraînent Vh dans leur sphère, c'est-à-dire que Vh, cette consonne laryngienne, prend dans le tuyau de résonnance la forme correspondant au k, au / ou au ^ consonnantiques, à l'a, à Vi, à Vu vocaliques, et par conséquent s'assimile au k, t, p, dont il devient ainsi la fricative. C'est le degré de Vaffrication; on obtient kx) t% pf.

3^ mouvement. — A son tour Vaffricative triomphe et devient fricative^ c'est-à-dire qu'elle élimine le k^ le t et le p; il reste y, 6, f.

4® mouvement. — Le x? 1^ ô, Vf se réduisent; or, nous avons vu que cette réduction conduit ou reconduit les fricatives au bruit de souffle; il reste donc A, A, h.

C'est ainsi l'affrication qui a servi de transition entre l'aspirée et la fricative par une condensation d'abord de la voyelle laryngienne en consonne laryngienne, puis en consonne buccale ; plus tard, la réduction a remplacé la condensation et ramené à la consonne laryngienne, qui a servi ainsi de point de départ, d'instrument et de point d'arrivée de la transformation.

Ajouter à la page 57, à la fin de la rubrique : phonème asyllahique :

Il n'y a donc pas de syllabisme et d'asyllabisme absolus, en conséquence, de voyelles et de consonnes absolues. Toute voyelle fait fonction de consonne, plus ou moins; toute consonne, plus ou moins aussi fait fonction de voyelle, à moins de se trouver à l'extrémité des consonnes les plus éloignées des voyelles. Il n'y a donc pas démarcation tranchée, mais plutôt gradation de syllabisme.

Les plus syllabiques des phonèmes sont les voyelles, dont quelques-unes même, les intermédiaires : e, o, font difficilement une fonction asyllahique; puis viennent les nasales, tantôt consonnantes , tantôt sonnantes , aussi fréquemment l'un que l'autre, et qui d'ailleurs physiologiquement et quant à leur mode de production sont plutôt des voyelles ; puis les linguales r et l, un peu plus souvent asyllabiques ; puis les fricatives, presque toujours asyllabiques, mais non toujours; enfin, les plosives et les avulsives, qui sont, les premières surtout, tout à fait asyllabiques.

D'où : 4«"' sonnantes : les voyelles intermédiaires; 2"'50»nantes > consonnantes : les voyelles extrêmes; 3®*»* sonnantes = consonnantes : les nasales, Vr et 1'/; 4«"* consonnantes > sonnantes : les fricatives ; d®"' consonnantes : les plosives et les avulsives.

Rennes. — Imp. Catd.

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