DU SENTIMENT DE L'ADMIRATION
Le sentiment de l'admiration nous porte directement dans le sein de la Divinité. S'il est excité en nous par quelque objet de plaisir, nous nous y jetons comme à sa source ; si par la frayeur, comme à notre refuge. Dans l'un et l'autre cas , le cri de l'admiration est : « Ah, mon Dieu! » C'est, dit-on, un effet de notre éducation, où Ton nous parle souvent de Dieu; mais on nous y parle encore plus souvent de notre père, du roi, d'un protecteur, d'un savant célèbre. Pourquoi, lorsque nous avons besoin de nous appuyer dans ces secousses imprévues , ne nous écrions-nous pas : « Ah , mon roi ! » ou s'il s'agit de science : « Ah , Newton ! »
Il est certain que si on nous parle quelquefois de Dieu dans notre éducation , nous en perdons bientôt, l'idée dans le train ordinaire des choses du monde : pourquoi donc y avons-nous recours dans les événements extraordinaires ? Ce sentiment naturel est commun à toutes les nations , dont il y en a beau-