‹ Études de la nature (volume 2)Chapitre 42 sur 55 · DU SENTIMENT DE LA. MELA.NCOLIE · texte numérisé non relu

DU SENTIMENT DE LA. MELA.NCOLIE

La nature est si bonne, qu'elle tourne à notre plaisir tous ses phénomènes ; et si nous y prenons garde , nous verrons que les plus communs sont ceux qui nous sont les plus agréables.

Je goûte, par exemple, du plaisir lorsqu'il pleut à verse, que je vois les vieux murs moussus tout dégouttants d'eau , et que j'entends les murmures des vents qui se mêlent aux frémissements de la pluie. Ces bruits mélancoliques me jettent, pendant la nuit, dans un doux et profond sommeil. Je ne suis pas le seul homme sensible à ces affections. Pline parle d'un consul romain qui faisait dresser, lorsqu'il pleuvait, son lit sous le feuillage épais d'un arbre, afin d'entendre frémir les gouttes de pluie , et de s'endormir à leurs murmures.

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