PRÉFACE
Afin de donner plus prompte satisfaction au désir exprimé par l'honorable M. Henry Skinner, de Philadelphie, dont on lira plus loin la demande de renseignements relativement à une Espèce d'Hespéride de Californie (7 Æanaos Tristis), décrite par le D' Boisduval, jusqu'ici non figurée, et dès lors impossible à reconnaître, je crois devoir diviser en deux parties, le présent volume IX des Æ/udes de Lépido ptérologie comparée. Cela me permettra de publier, sans plus attendre, le complément de la Æévision iconographique des Phalénites appartenant aux familles des Urapterydae, Ennomidae et Boarmidae, ainsi que Pillustration des Espèces de ZLycaenidae et d’//esperidae décrites par Boisduval en 1852 et 1860, sous le titre de : Les Lépidoptères de la Californie.
D'ailleurs, à la demande de M. Skinner, vient de s'ajouter l'intervention de M. William Barnes, $S. B., M. D. de Decatur (Illinois).
Cet entomologiste poursuit un but analogue à celui de M. Skinner; il désire pourvoir les papillons américains d’une exacte détermination. Possesseur d’une des plus grandes collections de Lépidoptères de l'Amérique septentrionale, s’occupant exclusivement des papillons nordaméricains, il a envoyé en Europe son assistant M. J. H. Mac Dunnough, Docteur en Philosophie, à l'effet d'essayer de déterminer correctement les Espèces de papillons
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américains décrites par des Auteurs européens et dont la figure n’a point encore été publiée. Le moyen qui a paru le meilleur au Docteur Barnes pour sortir du doute qui règne en Amérique, relativement à l'identification d’un grand nombre d'Espèces de Lépidoptères et pour faire cesser une confusion très préjudiciable au progrès de la Science, a été de comparer les papillons extraits de sa propre collection et jusqu'à présent déterminés au hasard des descriptions seules, aux specimina typica qui existent encore dans les musées d'Europe.
M. J. H. Mac Dunnough est le collaborateur de M. William Barnes pour la publication de l'ouvrage avec photographies, intitulé : Contributions lo the Natural history of the Lepidoplera of North America. On ne pouvait pas choisir un Entomologiste mieux préparé à remplir l'office qui est le but de son voyage.
M. Mac Dunnough a donc apporté à Rennes les matériaux qu'il s'agissait d'identifier avec les Specimina lypica de Boisduval et de Guenée.
Nous avons travaillé ensemble dans ma collection, les 13 et 14 octobre 1913 et nous avons constaté le trouble qui règne actuellement dans la Nomenclature des Papillons américains, par suite de l'impossibilité où se trouvent les Entomologistes des Etats-Unis de distinguer au milieu de plusieurs Espèces voisines et dont certaines sont restées inconnues aux anciens Auteurs, celle — ou celles — qui ont servi de type à leurs descriptions. Je dis : celles, car si la même Espèce a été quelquefois décrite plusieurs fois, sous des noms différents, inversement 1l n’est pas rare de constater que deux Espèces au moins ont été confondues en une seule par les Auteurs descripteurs. Dans ces con-
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ditions, il est évident que la question devient plus compliquée pour ceux qui n’ont pas les éléments d’information sous les veux.
L'interprétation des descriptions écrites par Boisduval et Guenée a donné en Amérique, comme ailleurs, les résultats les plus fallacieux. Les Entomologistes des Etats- Unis voulant absolument attribuer aux Espèces de papillons du Nouveau-Monde, les noms dont Boisduval et Guenée furent les Auteurs et en établir la synonymie avec les descriptions des Auteurs américains, ont commis une foule d'erreurs dont M. Mac Dunnough et moi, nous avons fait la constatation. Cela fut d’un intérêt bien 1instructif pour nous.
Si quelques-uns des amateurs les plus entêtés de descriptions sans figure s'étaient trouvés avec M. Mac Dunnough et moi-même, ici, à Rennes, et avaient participé à notre travail très attentif et très minutieux, ils auraient acquis la preuve incontestable de l’inanité des descriptions, quand une figure ne les éclaire pas. D'ailleurs, tout Île monde aujourd’hui sait à quoi s’en tenir sur l’état de la question. Seule, l’awri sacra fames est lobstacle qui continue à s'élever contre les intérêts les plus évidents et les plus certains de la Science. Sacrifiera-t-on longtemps encore la nécessité scientifique à loutrancière économie financière de quelques-uns ?
Toujours est-il que je fus, à maintes reprises, instamment prié par mon aimable et savant visiteur, d'ajouter, le plus tôt possible, l'illustration d’un certain nombre d'Espèces de Rhopalocères américains à la figuration des Lycaenidae et des Æesperidae de Californie dont il a pu
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examiner et apprécier la parfaite représentation sur les Planches coloriées, œuvre excellente de M. J. Culot.
Maintenant il s’agit surtout de /A/elilaea, Argynnis et Satyrus. J'ai déféré au désir qui m'était exprimé par M. Mac Dunnough, espérant ainsi rendre à la Science entomologique un réel service et être agréable et utile à nos distingués confrères d'Amérique.
En conséquence, la 2° partie du présent Volume IX contiendra un supplément de planches que je ne comptais pas faire paraître si tôt, mais dont j'expédie immédiatement les modèles à M. Culot, afin qu'il les reproduise avec son talent bien connu.
En outre de la monographie des Apatura sud-américaines et de la publication de nouveautés sino-thibétaines, le Volume IX présentera donc la figuration coloriée de toutes les Espèces que M. Mac Dunnough a lui-même désignées comme particuhèrement recognisable en Amérique, sur les pages mêmes de louvrage écrit par Boisduval et imprimé en 1852 et 1860.
En effet, pour effectuer le contrôle et l'identification des specimina lypica Boisduvaliana avec les exemplaires apportés d'Amérique par M. Mac Dunnough, nous nous sommes assuré, en lisant les descriptions écrites par Boisduval et en les rapportant aux papillons jadis possédés par cet auteur, que nous avions bien sous les yeux les exemplaires ayant jadis servi de type pour les descriptions.
Déjà nous avions employé une méthode de travail analogue, le Docteur Karl Jordan et moi, pour la Æevision des Sphingidae. Si la description ne suffit pas à faire clairement saisir les caractères essentiels d’une Espèce, elle tient parfois compte de certaines particu-
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larités individuelles qu’on retrouve sur léchantillon-type et qui, en outre des étiquettes originales très soigneusement conservées, fournissent un précieux témoignage quant à l’authentification du type lui-même.
De plus, je compte reproduire dans la 2° partie du Volume IX, la photographie d’un certain nombre de Lépidoptéristes dont les noms ont souvent été mentionnés dans les Æ£tudes de L'épidoptérologie comparée.
Plusieurs de mes honorables amis n'ont suggéré l'idée de cette publication que je me trouverai heureux de réaliser; car il y a des souvenirs qui me sont chers et ce sera pour moi une occasion de rendre à plus d’un laffectueux témoignage de ma fidèle amitié.
Rennes, 15 octobre 1913.
CHarLes OBERTHUR.
Revision iconographique des PHALÉNITES
Décrites par Guenée
dans le Tome IX du Species Général des Lépidoplères
La question : Pas de bonne figure à l'appur d'une description, pas de nom valable, a été l’objet d’une discussion publique au Congrès international de Zoologie, qui s’est tenu à Monaco, du 24 au 29 Mars 1013. Dans la section dite de VNomenclature, j'ai été admis à exposer les raisons qui militent en faveur de la proposition déjà développée par moi au Congrès d'Oxford, en Août 1912. Quelques contradictions ont été émises à Monaco, notamment par M. Arnold Pictet, de Genève ; mais j'aurais d’autant plus mauvaise grâce à concevoir la moindre morosité à l’égard de mes contradicteurs que, loin de nuire à ma proposition, leur argumentation a été bien plutôt favorable aux idées que Je préconise. Il me semble que je serais même justement tenu à quelque reconnaissance envers M. Pictet dont les observations exprimées en vue de combattre ma thèse, ont été très généralement considérées comme venant au contraire fortement l’appuyer. Pourtant aucune décision n’a été prise au Congrès de Monaco, pas plus d’ailleurs qu’au Congrès d'Oxford.
Les raisons qui militent en faveur du principe : Pas de bonne hgure, pas de nom valable, ont donc une telle importance qu’on n’ose pas essayer de mettre ce principe à terre, par un vote hostile nettement formulé. En effet, malgré l’insurmontable effroi qu’occasionne la dépense, surtout à ceux qui sont les plus fortunés parmi nous, tout le monde aime mieux disposer d’une
bonne figure à l’appui d’une description que d’en être privé. Du reste chacun souffre trop de l'incertitude que laissent toujours subsister les descriptions sans figure. Aussi personne ne peut se résoudre, en rejetant ma proposition, à encourager, par ce fait même, les descripteurs sans figure à poursuivre leur œuvre néfaste. II y a trop de naturalistes soucieux de ce qui est avantageux à la Science, pour risquer de susciter ainsi une aggravation dans la situation actuelle dont les inconvénients sont si universellement ressentis.
Présentement l'opinion est avertie ; les descripteurs sans figure, les plus entêtés, perdent confiance dans la considération que les Naturalistes jugeront définitivement à propos d’attacher à leur prose généralement inintelhgible.
Il demeure donc définitivement avéré qu'aucun Congrès n’a cru pouvoir rejeter la proposition dont je me suis fait l’avocat. Cependant pour les seules raisons d'économie, sinon d’avarice, auxquelles l’intérêt scientifique reste étranger et dont la Science elle-même n’a qu’à souffrir, on diffère toujours de statuer sur l’adoption d’un principe qui serait une si précieuse sauvegarde dans le présent et dans l’avenir. Néanmoins l’idée a germé; elle a fait du chemin par le monde et elle finit par s'imposer dans la pratique.
J'en ai pour preuve un article de l’honorable et savant Docteur T. A. Chapman, de Reigate, paru sous le titre de Lepidopterology, dans le n° 4, 15 avril 1913, du Journal : Te Entomologist’s Record and Journal of variation, publié à Londres.
Cet article est écrit au sujet du Volume VI des/Ætudes de Lépidoptérologie comparée. Le D' T. A. Chapman lui fait l'honneur d’une bienveillante critique (pages 111-114). Je reproduis le texte anglais comme suit : “ The preface is devoted to the subject of “ No description valid without a figure. ” It was obvious at the Oxford Congress that it is no use kicking against the pricks, and just as Mendel’s discoveries were treated with contemptuous silence for 35 years, or as M. Oberthür tells us about the reception of Rambur’s discoveries amongst the
Skippers, which have been still longer in fructifying, so must the principles underlying M. Oberthür’s demand become more generally appreciated before anvthing practical can be done. As we become more and more overwhelmed with the flood of descriptions of new species, of which the number yet to be described much exceeds that of those we already know, so will the brevity and precision of figures as compared with descriptions be more valued. It may be further noted that there is, year by year, an increasing practical acquiescence in M. Oberthür’s views, figures of the whole insect and anatomical and other details are more and more used, so that it seems highly probable that, though Oberthür’s formula may continue to be refused acceptance, we may wake some morning to find that it has been all but universally adopted. ”
Voici la traduction française : « La préface est consacrée au sujet : Pas de description valable sans une figure. Au Congrès d'Oxford, il était facile de se rendre compte qu’il est inutile de regimber. De même que les découvertes de Mendel ont été, pendant 35 ans, l’objet d’un silence méprisant et que, suivant le dire de M. Oberthür, à propos de l’accueil fait aux découvertes de Rambur relativement aux Hespéries, les découvertes en question sont restées encore plus longtemps avant de porter leur fruit, ainsi, avant qu'il soit fait quelque chose de pratique, 1l faut attendre que les principes proposés par M. Oberthür deviennent plus généralement appréciés. Comme nous devenons de plus en plus submergés sous le flot des descriptions des nouvelles espèces dont le nombre qui est encore à décrire, excède de beaucoup celui des Espèces déjà connues, on finira par attribuer une plus grande valeur au temps gagné grâce aux figures et à leur précision, par comparaison aux descriptions. De plus, on doit considérer que d’année en année l’adhésion pratique aux idées de M. Oberthür augmente; on emploie en effet de plus en plus les figures pour représenter l’insecte tout entier, son anatomie ou d’autres détails, de telle sorte qu’il est infiniment probable que, malgré la persistance du refus opposé à l’adoption
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de la formule d’Oberthür, en nous réveillant quelque matin, nous nous apercevrons que la formule en question a été pourtant universellement adoptée. »
Voilà où nous en sommes. La vérité est en marche et bientôt, J'en ai la conviction, son action bienfaisante rayonnera sur la Lépidoptérologie et par extension sur l'Histoire naturelle tout entière.
M. le Professeur Bouvier, Membre de l’Institut, qui dirige, avec une largeur de vues et une autorité si appréciées, la partie entomologique au Muséum national d'Histoire naturelle à Paris, s’est depuis longtemps rendu compte de lPutilhité, pour les Entomologistes, de la figuration des papillons qui ont servi de type aux anciennes descriptions. En conséquence j'ai reçu communication des précieux spécimens décrits par Guenée et que contiennent encore les collections du Muséum, afin que je sois mis a même d’en publier la figure, avec le concours artistique excellent de M. J. Culot.
Je remercie infiniment M. le Professeur Bouvier de la confiance qu’il me témoigne. Grâce au prêt qui m'est fait par notre Muséum national, de types jusqu'ici 7ecognizable, je pourrai donner un complément bien nécessaire à la Revision de l’ouvrage de Guenée que J'ai entreprise, 1l y a deux ans.
Toutefois 1l est nécessaire d’observer que les papillons appartenant au Muséum national d'Histoire Naturelle de Paris ont beaucoup souffert durant le siège de Paris par les armées allemandes, en 1870-71. Les obus lancés par les Prussiens et leurs alliés sur la grande Ville atteignaient le quartier du Jardindes-Plantes. Pour soustraire les précieuses collections aux projectiles qui avaient déjà détruit à Strasbourg tant de trésors scientifiques, artistiques, historiques et bibliographiques, 1l fallut abriter les collections dans les caves du Muséum. L’humidité, d’une part, les transports opérés à la hâte d’autre part furent la cause de nombreux dommages dont les Phalénites, décrites par Guenée, ont eu à souffrir. Cependant les papillons ont été représentés dans cet ouvrage tels qu’ils existent encore. Nous
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avons cru accomplir un travail plus scientifique en n’essayant
aucune reconstitution après tout hypothétique —— des parties absentes.
J'espère, pour les familles des Phalénites que je n’ai pas encore revisées, continuer à être favorisé par le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris, d’un prêt analogue à celui dont je viens de profiter. Alors je serai désormais en état de publier en même temps la figuration des types de Guenée actuellement conservés dans la collection du Muséum et dans la mienne.
Jusqu'ici j'ai publié dans le Volume V, 2° partie, des Etudes de Lépidoptérologie comparée, aux pages 1-58 et sur les Planches LXXXVI à XCI la revision illustrée des Urapterydae Dans le Volume VI, aux pages 223-307 et sur les Planches CXLIV à CLX, j'ai pourvu au même travail concernant la famille des Ennomidae. À la page 306 de ce même Volume VI des Etudes de Lépidoptérologie comparée, j'a publié la liste de 23 Espèces de PAalénites décrites par Guenée, désignées comme appartenant aux collections du Muséum national d’Histoire Naturelie à Paris, et dont la figuration faisait alors défaut.
Dans ce nombre, il y a deux Espèces faisant partie de la famille des l/rapterydae. Les autres sont des Ennomidae.
Le n° 38 du Species Général (Uranides et Phalénites, Tome I, Paris, Librairie Roret, 1857) est Sabwlodes Pectinicornata, Guenée. Comme le dit Guenée, les antennes sont très fortement pectinées jusqu’au sommet, à lames longues et serrées. Les ailes, dans l’exemplaire type que j'ai sous les yeux, sont d’une couleur Jaune orangé pâle, comme Caberata, Guenée (Obthr. Lépid. comp. N2, PI LXXXIX, fig. 862). Les ombres sont très peu accusées et les points noirs sur le dessus des ailes sont très petits. La seule chose qui caractérise Pecfinicornata, ce sont ses antennes pectinées ; mais la vérité m’oblige à dire que le papillon-type a beaucoup souffert des ravages d’un Aw/hrenus; il m'est impossible d’affirmer dans ces conditions, que la tête avec les antennes pectinées, ait toujours authentiquement appartenu à l'échantillon que Guenée a eu sous les yeux, il y a environ
57 ans, et que Je puis encore examiner aujourd’hui. Cependant je puis dire que la tête examinée à l’aide d’un très fort grossissement ne paraît pas avoir été recollée. D'ailleurs je n’ignore pas qu’il y a des exemples d'Espèces de Phalénites, notamment chez les Grophos dont les différences spécifiques sont caractérisées par la pectination ou la non-pectination des antennes chez les '; cette considération permet de penser, par analogie, qu’il peut réellement exister un Sabwlodes dont le O' a les antennes gectinées. Je ne traiterai du reste pas l’exemplaire de Pectinicornata que m’a confié l'Administration de notre Muséum national, comme feu Standinger traita l’unique type que Je lui avais communiqué pour son Catalog 1901, de Gnophos Caniliaria, Guenée (Sp. G., n° 480); le type en question, tel Peczimicornala, ne différait de Pullata-lmpectinata que par ses antennes en peigne. Staudinger cassa les deux antennes pectinées, pour mieux les étudier sans doute, et me retourna mon précieux et unique type dépourvu de son curieux caractère, mais nanti d’une observation d’ailleurs fausse et qui a pourtant reçu sa consécration officielle au n° 3035 c du Catalog, dans les termes suivants :
« Sec. sp. 1yp. Capite S adulterato. » Ce n’est pas moi qui me permettrai de courir le risque de mutiler le specimen typicum de Pectinicornata pour essayer de voir s' caput adulteratum esset. Notons que l’étiquette écrite par Guenét et fixée à l’épingle du type, porte Pectinata, au lieu de Pectinicornata, comme 1l est imprimé à la page 45 du Species Général (Ur. et Phalén. T. T). La seconde Espèce d’Urapiteryde est Oxydia mixtata, Guenée (Sp. G., n° 61). Le type n’a plus d’abdomen, les moignons seuls des antennes ont subsisté; mais les ailes sont encore assez bien conservées pour qu'il soit possible de se rendre compte des dessins d’un brun rouge qui ressortent sur un fond d’un jaune paille très pâle.
Sabulodes Pectinicornata est figurée sous le n° 1882 et Oxydia Mixtata sous le n° 1885 de la même PI. CCXXXIL.
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Si nous passons aux Ærnomidae, nous trouvons d’abord Drepanodes Insudata, Guenée (Sp. G., n° 84), du Brésil. Cette Insudata ressemble beaucoup à la variété d’Aamulata, Guenée, de l'Equateur, que J'ai fait figurer sous le n° 1341 de la PINCXEIV, dans le Vol. Mitdes Ed: Lépid. comp. Jairfait représenter un ©. Le type /nsudata, Guénée, paraît être une ©, ayant perdu son abdomen, mais ayant conservé ses ailes intactes. À la page 227 (loc. cit.), Je fais observer que « si Guenée avait vu un plus grand nombre d’exemplaires, son opinion, relativement à la séparation spécifique des trois Drepanodes Hamulata, Harpagulata et Siculata, se serait modifiée dans le sens de mon appréciation » qui est « qu’elles appartiennent à une même unité spécifique. » Si j'avais connu, au moment où J’écrivais les lignes précitées, le type de Drepanodes Insudata, J auräis ajouté le nom : /#sudata aux trois autres noms : Âamulata, Harpagulata et Siculata. En effet, !nsudata, Guenée, ne paraît être autre chose qu’une variété de coloration de Æamulata. La fig.
n° 1884 de la PI. CCXXXI! le démontrera.
Crocopteryx Optivata, Guenée (Sp. G., n° 94), du Brésil, avec ses ailes d’un rouge ferrugineux, satiné de lilas, en dessus, et d’un jaune orangé, en dessous, ressemble beaucoup aux Espèces que jJathourées sous les n°1372, 1373, 1374, 1375, 1378 de la PI. CXLVI (ZLépid. comp., Vol. VI); mais elle est distincte par la position et la forme de ses lignes. La fig. n° 1883, sur la PI. CCXXXII, permettra d'apprécier ces différences, comparativement aux figures précitées.
Crocopteryx Æryihrocephalata, Guenée (Sp. G., n° 03), du Brésil, a les antennes pectinées chez le d', comme Oroyata, Obthr. (PI. CXLVI, fig. 1384). Elle est représentée sous le n° 1886 de ERIC CXEX IT
Crocopteryx Resignata, Guenée (Sp. G., n° 97), dont le Muséum de Paris possède encore les deux g' qui ont servi à la description de Guenée, est une très Jolie Espèce; je fais figurer celui des
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deux cd dont les taches sont plus accentuées sous le n° 1887 de PR CCRRCQNTE
Crocopteryx Phoebeata, Guenée (Sp. G., n° 08), du Brésil, me parait très voisine, — mais plus grande et spécifiquement distincte, — de Cerocampata, Guenée (SZ. G., n° 101), dont j'a publié la figure sous le n° 1365 de la PI CXLV. Phoebeata et Cerocampala ont, toutes les deux, le fond des ailes, en dessus, du même Jaune avec une petite tache costo-apicale blanche. La Crocopteryx Phocbeata est figurée dans le présent ouvrage sous
lenEre8sside APIACOXAOIE
Crocopteryx Carthamata, Guenée (Sp. G., n° 00), du Brésil, a perdu son abdomen; l’extrémité de ses antennes et les ailes elles-mêmes ont été un peu mutilées. Néanmoins ce qui reste est suffisant pour permettre de se rendre compte de la Phalène décrite par Guenée, avec le nom de Carthamata. La figure n° 1889 de la PI CCXXXII représente cette Carthamata ; laquelle Carthamata me paraît spécifiquement référable à Aelvaria, Herrich-Schaeffer, fig. n° 201.
Gynoptervx Gladiaria, Guenée (Sp. G., n° 110), du Brésil. Le d'et la ©, d’après l’appareillement qu’a fait Guenée, sont assez dissemblables pour la forme des ailes. Dans le Spectes Général, à la page 79, Guenée indique un € et une Q comme faisant partie de la collection du Muséum national; mais le Muséum possède un O' et deux © étiquetés tous les trois : Gladiaria par Guenée, dont l'écriture est si reconnaissable. Il me paraît que Gladiaria est une variété de Serzaria, Guenée. Chez Sertaria, les taches et dessins sont plus nombreux et plus accentués ; ma collection contient tous les passages. Le GO‘ et la
meilleure Q Gladiaria, Guenée, sont représentés sous les n° 1890
etmooide a lAC CRETE
Apicia Exararia, Guenée (Sp. G., n° 128), du Brésil, dont le Muséum possède encore le G' et la Q qui ont servi de type à la
description de Guenée, est exactement la 772#lara, Herrich- Schaetier, de. n°937
Les deux sexes d’A pzcia Exararia sont figurés dans le présent ouvrage sous les n° 1892 et 1893 de la PI. CCXXXII.
Drepanogynis Regularia, Guenée (Sp. G., n° 130), du Cap de Bonne-Espérance, est une © bien mutilée, mais dont les ailes sont encore intactes, notamment du côté gauche. Cette Xegularia, comme le pressent Guenée (Sg. G. p. 903), n’est autre que la Q de Mixfaria, dont j'ai figuré le & sous le n° 1447 de la PI. CLIT, dans le Volume VI des Æfudes de Lépidoptérologie comparée. La © Kegularia se trouve représentée sous le n° 1894 de la PI CCXXXIII, dans le présent ouvrage.
Drepanogynis Eversaria, Guenée (Sp. G., n° 140), du Chili, porte en-outre de l'étiquette: ÆEversara écrite par Guenée, le nom : Ænnomos Cervinaria, Blanchard. Je fais figurer cette Phalénite chilienne sous le n° 1895 de la PI CCXXXIII.
Epione Incaria, Guenée (Sp. G., n° 145), de Van Diemen, est représentée sous le n° 1806 de la PI. CCXXXIII.
Heterolocha Flavedinaria, Guenée (Sp G., n° 163), d’Abyssinie, est sans doute le © de Æeterolocha Xanthiaria Guenée, également d’Abyssinie, et figurée sous le n° 1 de la PI. XI, dans l’Aflas du Species Général.
Je fais figurer flavedinaria sous le n° 1897 de la PI. CCXXXIII. L’exemplaire type est très défraîchi et usé par le vol.
Heterolocha Tusoaria, Guenée (Sp. G., n° 165), dont la patrie était restée inconnue à Guenée est certainement une Espèce américaine. Je la considère comme spécifiquement assimilable à Gynopteryx Rhombadaria, Obthr, de Costa-Rica, dont j'ai figuré une Q sous le n° 1401 de la PL CXLVIII, dans le Volume VI des Æ/udes de Lépidoptérologie comparée. Je fais
figurer T'hisoaria sous le n° 1808 de la PI. CCXXXIIL. Elle
[LS] iŸ
LÉPIDOPTÉROLOGIE COMPARÉE
diffère un peu de Rhombadaria, mais ma collection contient des
exemplaires transitionnels qui ne laissent aucun doute.
Caberodes Remissaria, Guenée (Sp. G., n° 213), de Pensylvanie, est une forme d’/#braria, Guenée. Je la fais figurer sous
le n° 1809 de la PI CCXXXIIL.
Tetracis Communata, Guenée (Sp. G., n° 223), du Brésil, dont il existe encore les deux exemplaires décrits par Guenée, malheureusement mutilés, me semble tout à fait identique à Aspilatata, Guenée, dont J'ai donné la figure sous le n° 1528 de la PL CLVII dans le Vol. VI des Etudes de Lépidoptér. comparée. La figuration de Communata me paraît inutile, vu d’une part le mauvais état des deux échantillons-types (l’un des deux n’a plus que trois ailes) et, vu d’autre part, la parfaite similitude à Asprlatata.
Tetracis Cachexiata, Guenée (Sp. G., n° 227), indiquée à tort par Guenée comme envoyée de Nouvelle-Hollande par M. Gory, est une Espèce américaine que M. Thierry-Mieg a rapportée à Lorata, Grote. Elle est figurée sous le n° 1900 de la PIARCCSSMINT
Azelina Stuposaria, Guenée (Sg. G., n° 252), du Brésil, est une Espèce très commune en Guyane et au Brésil. Je fais figurer sous le n° roor de la Pl CCXXXTIT une des deux ONque Guenée a décrites; les deux exemplaires sont assez semblables entre eux.
Odontopera EÉrebaria, Guenée (Sp. G., n° 264), du Cap de Bonne-Espérance, est représentée dans la collection du Muséum national de Paris par deux Of en assez mauvais état. Cependant on peut se rendre compte de la coupe des ailes et de la forme d’une ligne blanche subterminale restée assez bien écrite sur l’aile gauche supérieure d’un des échantillons. M. Culot, en combinant ce qui est visible sur les deux spécimens, parvient à rendre valable le nom : Ærebaria donné par Guenée (PI. CCXXXITI, fig. 1002).
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Odontopera Integraria, Guenée (Sp. G. n° 265), d’Abyssinie, est représentée par une Q figurée dans le présent ouvrage sous
lemnroo2de la Pl CCXERTT
Crocallis Newmannaria, Guenée (Sp. G. n° 270), de Van Diemen, est décrite par Guenée à la page 160 du Tome I, du Species Général (Uran. et Phalén.). Je publie la figure du ©, unique type, sous le n° 1904 de la PI CCXXXITIT.
Metanema Molliaria, Guenée (Sp. G., n° 274), d’Abyssinie, est figurée sous le n° 1005 de la PI. CCXXXTIT, d’après une seule Q à laquelle 1l reste les ailes du côté droit,
Etant donné l’état de conservation des papillons que Guenée a décrits dans le Species Général, 11 me semble qu'il y a vraiment urgence à en pubiüer la figuration, tant que cela est encore possible. C’est le seul moyen d’empêcher le travail accompli par Guenée, de tomber dans le néant et ses descriptions d’aller rejoindre celles de Walker et de Nietner “ of which the descriptions are insufhcient for identification and the types Lost ”.
Tout récemment, dans le Volume VII des £tudes de Lépidoÿtérologie comparée, aux pages 237 à 331 et sur les Planches CLXI à CLXXXIV, j'ai revisé les familles des UVenochromidae, Amphidasydae et Boarmidae.
Dans cette dernière famille des Boarmidae, j'ai relevé une liste de onze Espèces décrites par Guenée, restées jJusqu’ici non figurées et faisant partie des collections du Muséum d’Histoire
naturelle de Paris.
Ce sont les suivantes :
N° 365. Boarmia Emunctaria, Guenée; Abyssinie. 380. Boarmia Canescaria, Guenée; Nouvelle-Hollande. 381. Boarmia Lyciaria, Guenée; Van Diemen.