‹ Études de médecine clinique faites avec l'aide de la méthode graphique et des appareils enregistreursChapitre 65 sur 101 · IRRÉGULARITÉ DU POULS · texte numérisé non relu

IRRÉGULARITÉ DU POULS

larités ordinaires, des palpitations passagères: qui ont lieu, mais que le cœur est influencé par un état morbide jlié à la puerpéralité, véritable endocardite, qui peut même engendrer des maladies définitives du cœur, au même titre que le rhumatisme. Ces faits ont été remis en lumière par une récente discussion qui s’est élevée dans le sein de la société des médecins des hôpitaux de Paris sur le rhumatisme puerpéral (1867). Chez une jeune femme de 18 arts, accouchée le 12 mai 1867; et qui ne présentait aucun signe de maladie du cœur à l’auscultation, deux jours après, le pouls devenait très-fréquent et très-irrégulier, avec une faible élévation de température qui ne justifiait pas suffisamment cette fréquence du pouls; il survenait un léger souffle à la pointe du cœur au premier temps, et le pouls prenait l’apparence de l’irrégularité qui appartient en propre à l’insuffisance mitrale :

Cette irrégularité et ce souffle avaient complètement disparu le 26 mai.

Généralement les intermittences avecles palpitations, et en même temps avec la lenteur et la grande amplitude, se rencontrent à une époque peu éloignée de l’accouchement ; mais elles peuvent ne së produire que quelques jours après. Il en était ainsi chez une

200 PUERPÉRAL1TÉ.

femme de 25 ans, chez laquelle on ne surprit les palpitations que cinq jours après l’accouchement.

Fig. Î90. — Palpitations et systole avortées.

L’irrégularité du pouls, chez les femmes en couches à l’état normal, se borne le plus souvent à un léger défaut dans le rhythme du cœur, et cette irrégularité peut échapper au tact de l’observateur; mais elle se traduit nettement dans le tracé sphygmographique.

Pouls enregistrés le jour et le lendemain de l’accouchement chez une femme de 27 ans, accouchée à terme :

Fig. 191. — Inégalité du rhythme.

Fig. 192. — Inégalité du rhythme.

On reconnaît facilement ici les inégalités des pulsations.

Autre exemple, chez une femme de 21 ans, au lendemain de l’accouchement :

Fig. 193. — Pulsations inégales.

Il faut distinguer l’inégalité des battements d’avec l’irrégularité du rhvthme (les deux états peuvent se rencontrer chez la même femme en couches) (1) :

Fig. 194. — Inégalité d’amplitude par gêne, de la respiration.

Fig. 193. — Inégalité du rliythme.

L’intermittence, ou irrégularité du rhythme, peut

(1) Recherches sur le pouls pendant les quinze jours qui précèdent ou qui suivent /’ accouchement, par le docteur Hémey . (ArCh. gën. de méd., août 1868, p. 154.)

Les recherches dé Hémey reposent sur 580 observations. Il signale le ralentissement du pouls indiqué formellement par H. Blôt. [Du ralentissement du pouls dans l’état puerpéral (Bull: de VAcad, de méd., t. XXVIII, 28 juillet 1865, p. 925).]

Blot, avait, en outre, produit des tracés de pouls ou l’on voyait l'ampleur.

202 PUERPÉRALITÉ.

ne se montrer qu’accidentellement ; rarement elle

s’observe pendant plusieurs jours de suite.

Fig. 196. — Pouls au troisième jour de l’accouchement (irrégularité).

. Fig. 197. — Pouls de la même femme deux jours après.

État fébrile des femmes en couches. — La fièvre, dans l’état puerpéral modifie nécessairement les caractères du pouls.

agrandie et la forme de là pulsation modifiée; Hémey a trouvé le ralentissement après l’accouchement dans 156 des cas.

Le plus souvent (65/400), le pouls était à 60 et au-dessous ; une fois à 44 et une autre à 48, plusieurs fois à 32.

Le ralentissement s’est montré le plus souvent quelques heures après l’accouchement, et persiste rarement au quatrième jour.

La durée du travail n’influe pas sur le ralentissement.

Il faut tenir grand compte dés états morbides si fréquents chez lés femmes en couches et qui sont une caüse de perturbation (accélération) du pouls.

L’influence de la sécrétion laiteuse ne s'est montrée que dans les 3/10 des cas sous la forme de l’accélération du pouls.

On trouve également le ralentissement du pouls chez des femmes accouchées avant terme (5 e mois).

irrégularité et inégalité du pouls. — Dans 94 cas sur 400, le rhythme du pouls était altéré. Hemey, malheureusement, ne reproduit pas de dessins, et il en donne une raison qui est en désaccord avec les idées que nous soutenons « c’est que les originaux ont seuls une valeur, et que les paroles en disent tout autant qu’un dessin. » Eh refusant à donner au lecteur un moyen nécessaire de contrôle, Héméy a retranché, nous osons le dire, la portion la plus utile de son travail.

Voici'une série de tracés pris sur une femme qui avait subi La version et qui fut prise, le jour même de son accouchement, de fièvre avec frissons. Accouchée le 12 février, elle mourait six jours après, ayant présenté les accidents suivants : péritonite, érysipèle, rhumatisme puerpéral :

Fig. 198. — Pouls une demi-heure après l’accouchement.

Le lendemain le pouls était devenu fréquent et petit,

*et [présentait les caractères de la fièvre (dicrotisme franc) :

Fig. 201. — Pouls vingt-quatre heures avant la mort.

Dans les cas les plus graves, comme dans les cas de mètro-péritonite simple, les modifications du pouls n’ont rien de caractéristique; elles consistent dans la fréquence avec le dicrotisme comme dans tous les

PUERPÉRAL1TÉ.

étals fébriles ; on peut seulement remarquer que ce pouls emprunte sa très-grande amplitude à l’état puer¬

péral lui-même.

Femme de i9

heures après l'accouchement.

Fig. 203 —. Elat fébrile

s’oisième jour

Fig. 204. — Guérison ie huitième jour.

Cette grande amplitude s’observe fréquemment dans le pouls fébrile des femmes en couches (femme de 21 ans accouchée le 10 janvier — métrite).

ft-deux heures après l'accouchement.

Fig. ‘206. — Quarante six heures après l'accouchement.

. l'ig. i09.—.tympamte abdominale.

Une déformation plus sensible encore peut avoir lieu lorsque cet état se complique de spasmes nerveux :

Une circonstance accidentelle, comme le frisson de momentanément ce

- Fig. m.

Chez les femmes atteintes de péritonite, la ligne d’ensemble du pouls peut être altérée dans sa forme par la gêne respiratoire, surtout lorsqu’il y a tympanite abdominale.

Fig. ‘210. — Angoisse respiratoire.

PUERPÉRALITÉ.

Fig. 2F2. — Pouls normal après l’accouchement.

Fig, 213. — Le lendemain, pelvi-péritonite.

La fièvre fait donc disparaître les caractères propres a.u pouls qui suit l’accouchement. —Chez une femme accouchée depuis deux jours seulement, la fièvre puer-

fébrile

quelconque au pouls de la femme on couches sont d’autant plus remarquables, que le pouls physiologique puerpéral offre des caractères tout à fait spéciaux, tandis que le pouls fébrile, en pareil cas, est banal, et ressemble à tous les pouls fébriles pris sur n’importe quel malade ; ce changement est très-nettement marqué dans les tracés 212 et 215 pris sur la même femme.

pérale étant survenue, le pouls devint fréquent et perdit les caractères que nous avons signalés.

■ Fig. 214. — Pouls fébrile.

Le pouls primiti f aussitôt après l’accouchement était le suivant :

Fig. -215. —? Pouls type de femmes en couches.

Une grave hémorrhagie empêche les modifications du pouls après l’accouchement, et donne lieu à une grande fréquence avec dicrotisme. Tel était le cas chez une femme de 27 ans accouchée depuis 6 heures; on remarquera en outre* ici* certaine déformation de la ligne d’ensemble du tracé produite par de grands appels du diaphragme.

Fig. 216. — Pouls après une hémorhagie.

Le pouls fébrile , fréquent et dicrote après Vaccouchement, n’indique pas toujours une maladie grave. —Il

208 PUEKPÉ1Î ALITÉ.

importe de savoir que de simples crevasses du mamelon peuvent produire, cette, apparence fébrile..

Fig. 217. — Pouls d une ieinmë de la ans-accouchée depuis trois heures..

ÜWvJUUOUUU\

Fig. 218 .— Quatre jours après (crevasses).

La lactation, lorsqu'elle dépasse les limites physiologiques, peut amener un état fébrile qui modifie la forme et la fréquence du pouls: -— Le sujet de l’observation est une femme de 26 ans, multipare, accouchée à terme, et ne.donnant point à teter.

l’àccouchement ;

P2Ü. — ît« 2. troisième jour, commencement di

N° 5, quatrième jour, turgescence excessive des mamelles, s’accompagnant de tranchées utérines.

Page 1