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EMPOISONNEMENT. - MÉDECINE LÉGALE

tombe à 54,1a température de Faisselle était descendue le 11 décembre, à + 55, chiffre très-bas. Dès lelénde-

Fig 48 i. — La courbé inférieure est celle du pouls. — La courbe supérieure formée de petits points est celle dè la température de l’aisselle.

main, le pouls et les températures (bouche, vagin, aisselle) avaient repris leur niveau normal, et montraient l’oscillation diurne habituelle.

On peut, en lisant ce tableau graphique, embrasser d’un seul coup d’coil toute la maladie. Cette figura, dans son ensemble, est tout à fait différente des figures ordinaires des maladies. Les maladies fébriles montrent au début une grande hauteur ; puis elles déclinent et retombent soit peu à peu, soit brusquement, au niveau normal. Ici, au contraire, la maladie donne, au début, un pouls abaissé et une température descendue, et il faut que les tracés remontent ensuite pour atteindre le niveau physiologique.

Le pouls était revenu à son état normal au moment où cesse cette observation. Nous devons ajouter, toutefois, que pendant plusieurs jours encore, notamment le 19 décembre, il y avait encore une grande impressionnabilité, et une excessive mobilité du pouls, lequel battait quelquefois très-vite.

Wolff . — Le pouls des aliénés (4).

« Les recherches cliniques par les méthodes scientifiques, ainsi que le montrera cet essai, ne sont pas plus difficiles à effectuer dans les asiles d’aliénés que dans tout autre hôpital. Au commencement on hésite, on tâtonne, et s’il est vrai que l’introduction de la thermométrie n’ait pas été acceptée sans quelque résistance, à plus forte raison aujourd’hui aura-t-on à lutter contre les préventions que soulève la sphvgmographie. Les raisons invoquées contre

(1) Recherches sur le pouls dans les maladies mentales, par le docteur Wolff, médecin adjoint de l’asile des fous de Sachsenberg. (Characteristik des Arterienpuls. Leipzig, 1865.)

cette méthode d’investigation sont non-seulement le prix élevé de l’instrument, qui coûte trente fois plus que le thermomètre, et la nécessité d’avoir pour s’en servir une main exercée, cet instrument n’étant d’aucune utilité dans une main profane, mais encore la multiplicité des précautions qui sont indispensables pour recueillir le tracé du pouls'et sans lesquelles cette méthode d’investigation serait absolument infructueuse.

« Pour que la sphygmographie livre les résultats extraordinaires, dont elle est susceptible, il faut qu’elle soit appliquée méthodiquement. Or il n’existe pas d’endroit mieux disposé que les maisons de - fous pour l’application des méthodes exactes de recherches, à cause de l’habitude qui y est imposée, tant aux malades qu’aux gens guéris, de se soumettre à la discipline avec une ponctualité mécanique. Il ne faut donc pas parler ici des difficultés que le sphygmographe peut rencontrer pour nous dans un asile bien discipliné, là où l’exécution des ordonnances médicales est plus sûrement dans notre main que partout ailleurs.

« Voici, en quelques mots, les précautions indispensables :

« On choisit, soit dans une division de femmes,'soit dans une division d’hommes, deux chambres reliées entre elles par une porte de communication qui soit facilement accessible à tous les malades de la division. Dans la première, la chambre A, on fera la thermométrie; dans la seconde, la chambre B, on fera la sphygmographie. Dans celle-là, on fera asseoir ën rang les malades qui se promènent et on leur fera tenir un thermomètre dans l’aisselle, sous la surveillance d’un gardien; dans l’autre, la chambre B, on fera entrer en même temps les malades, et on aura le plus grand nombre possible de lits à sa disposition. Mais, dans tous les cas, on laissera toujours un de ces lits vide ; ce sera le lit sur lequel on prendra les tracés du pouls. Si l’on a soin que tous les lits aient un matelas uni et une couverture légère, ces lits ne se distingueront l’un de l’autre par aucun signe particulier, et les malades ne seront pas effrayés de l’opération. H est nécessaire que l’on .puisse tourner de tout côté autour de ce lit, de façon que s’il y a des malades agités ou chez lesquels il y a lieu de redouter l’agitation, ils puissent être maintenus facilement par la main d’un aide.

- « La température est observée avec les soins accoutumés; il faut prendre aussi immédiatement la fréquence du pouls : pour cela.

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on 'compte d’abord pendant cinq secondes, puis on compare une autre observation de cinq secondes avec la précédente, on arrive ainsi à faire la somme des pulsations pendant un tiers ou un quart de minute ; l’on s’assure aussi que l’excitation psychique première a cessé d’exercer son action sur le pouls. Alors on fait monter le malade sur le Ut d’observation. Après lui avoir fait enlever son gilet, on le met dans le plus grand repos en ayant soin de n’avoir avec lui que la conversation indispensable, et, si on le peut, ce qui vaut mieux,n’avoir aucune espèce de conversation. On le faitmettre sur son côté droit, si c’est sur le bras droit qu’on veut prendre lé pouls. Alors on met à nu l’avant-bras jusqu’au coude ; on le place sur un ou deux oreillers de paille légèrement fléchis, de façon que les doigts de la main de ce côté n’aient pas de crampes et ne soient pas étendus et roidis ; il faut notamment que le pouce ne soit pas dans l’extension, parce qu’alors les téguments sont fortement tendus au-devant de l’artère radiale ce qui affaiblit les battements de l’artère radiale. 11 faut que tout le bras repose dans un état de mollesse pour que la main n’ait pas de tendance à tomber dans la pronation ; on fait placer le malade de façon qu’il soit tourné vers l’observateur. Quant au bras gauche, et c’est là une: règle importante et invariable, on doit toujours le faire tenir le long du côté gauche du sujet, sous la couverture, de peur que dans un accès d’effroi ou de terreur, le malade ne porte son bras gauche à son bras droit et ne saisisse: l'instrument ; enfin on doit avoir soin que la tête reposé en arrière, doucement, et qu’elle ne se dresse pas à moitié sur un cou tendu.

« Il y a un certain nombre de malades qui s’endorment dans cette, attitude qui doit être celle du repos, car elle est le contraire de cette activité qui invite à la tension des muscles du bras, au tremblement, et au changement de posture. Mais on rencontre très-souvent, dans les maisons d’aliénés,, des malades qui ne sont pas en état d’échapper à ce travail involontaire, qui se donnent une peine infinie .pour tenir droit leur bras, pour lui donner la souplesse, nécessaire, et qui, involontairement, le roidissent, trerpblent et se tiennent d’autant plus mal qu’ils font plus d’efforts pour se maintenir. Ces malades font justement le contraire de ce qu’ils veulent et tombent alors dans des états de tremblement et presque de convulsion; et ils ne peuvent pas arriver à tenir la posture voulut,*

même;après avoir fait des centaines de fois des efforts pour cela. C’est le cas des paralytiques dans le sens le plus étendu du mot, des malades à sensibilité musculaire affaiblie, qui, d’après nos observations, montrent encore, d’autre part, des manifestations parésiques, lesquelles, comme l’affaiblissement psychique, s’accusent d’habitude plus tard d’une façon irrécusable. Cette maladresse du bras nuit énormément, non-seulement dans la paralysie progressive commune et chez les paralytiques, dans le sens étroit du mot, mais encore chez les malades atteints de la mélancolie passive avec toutes ses formes variées, jusqu’à la mélancolie avec paralysie déclarée. Par surcroît, iis ont l’habitude de tenir leur bras fixe, parce qu’ils tiennent le col roide, et tendent convulsivement tous les muscles qui, de près ou de loin, peuvent contribuer à accomplir ce prétendu travail. Que cette faiblesse de la sensibilité musculaire soit parvenue ou non à un point élevé chez les gens atteints de faiblesse psychique, ou qu’elle soit seulement imminente, on fait bien, dans tous les cas, si l’on veut obtenir le tracé de leur pouls, de commencer par les placer et lés maintenir fortement sur le côté, parce qu’ils arriveraient facilement à renverser le tronc en arriéré et à déranger la position du bras. En second lieu, il faut prendre le soin de tenir le coude abaissé et enfoncé profondément et d’élever au contraire le poignet, de façon à neutraliser les mouvements d’extension des muscles du bras. Troisièmement^ il faut éviter, quand le bras repose dans l’attitude convenable, de faire aucune correction, car elles ne servent généralement à rien, et, au contraire, elles réveillent chez le malade l’envie de corriger luimême la position, et c’est là qu’est le danger. Le seul résultat qu’on en obtienne est de produire du tremblement et des secousses, et un pouls qui réfléchit l’excitation psychique, c’est-àdire qui est d’une fréquence et d’un type inusités, par exemple :

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« Si l’on a cependant de la patience avec cette sorte dejnalades, si l’on éloigne tout ce qui les empêche d’être tranquilles, onpeut voir, après quelques traces mal venus, le pouls se calmer, prendre unè fréquence et Un' tvpe en rapporfeavec devretour du repos, le bras devenir souple, la têté retûinber.ien .arrière, èt .assez souvent le malade, sommeiller et devenir* aussisouple de; corps qu’il était roide et contràctê auparavant«d mmsiq m ma* . :

«Je vaism ai nte nant indiqüérun tnoyemderendreles paralytiques dans le sens le plus étendu du mot, faciles:a i’ohservaüon/^c’est de les mettre au lit plusieurs -heures, d’avanéfi'nptgd®, réchauffer par de bonnes couvertures* leurs extrémités qui deviennent si facilement froides et bleuel ;8jeidjê^lepperat pteolpiib^ïpâint de vue.-)) - -IGie 1091 13a flO?& + 9b,89f«5-s r

L'auteur explique le mécaniMnedmepbygmogfapheisII préfère poqr diverses raisons, lé papièrcnôirciMdfe^lyïeîîitt pp'erdifenc et à la plume. Il cite diverses mod4ica^onsjfaLll^3it8Ô^rîM>£g^t par Gzerbiak au spbygmographe‘de;Marèyi !ohM3 si bnsnO K

Il reproche au papiér dèuaé pas&bien adbérep;àîla :band%;de' : laiton, etc...; iPmàlntiéntQMifnêeessité«d-an ressort augiigligu pour assujettir le papier, etc.

« Lorsque la plaquéesbpréparèe,en .cherche lemerUfeurmoment, sans rien changer àTatlitudeda hrâso/sans Eparlerÿ sans faire paraître aucun signe d’impatraïceîînE dîétonnement ; car les impressions mal contenues du médecin agissent, ainsi que le confirmera quiconque a jamais usé attêntivement du ephygmographe, d’une façon si profondément perturbatrice sur le malade (surtout s’il est soumis à l’opération pour la première fois), que leqrouls devient petit, souvent même ne se marque plus, et prend un type en rapport avèc le trouble momentané du sujet. Pour se débarrasser de ces Signes d’excitation initiaux èt pour ainsi dire inévitables, ôn opère méthodiquement, jour par jour, régulièrement dans les * mêmes conditions extérieures, et en peu de temps, souvent à la fin de la première séance, on remarquera comment l’émotion de la nouveauté s’émousse, jusqu’à ce qu’elle disparaisse complètement, de sorte qu’on arriv.e à distinguer aussitôt dans les tracés du pouls les conditions d’excitation ou d’affaissement résidant en la maladie elle-même. On diminuera de beaucoup l’émotion, causée par l’opération chez les malades qui la subissent pour

la première fois, en les tëhant dans la société des autres malades. J’ai examiné ainsi depuis plusieurs années, toüs les jours, entre sept et neuf heares du matin et de cinq à sept heures' du soir en moyenne de 8 à 12 malades, les uns pendant des mois, les autres pendant des semaines, ou quelques jours, et je reviens à eux de-temps en lemps afin, par ce moyen, de soumettre peu à peu tous ou presque tous les malades à ce contrôle de leur san!é. J’ai toujours un certain nombre de malades qui régulièrement sont 'soumis -à d’opération matin et soir et qui y sont tellemènthabitués qu’ils «e s’en émeuvent aucunement et s’étonnent mêbie quaïüborebesle&y sotyuet plus. Ceux-là forment pour ainsi dirh4©c§3^attqioœeqmmenee'toujours l’opération par les anciens malades, de façon que, par leur exemple, ils agissent sur les nouîvèiuxq deUxiefe'ÇTBnimnt aconnaissancé de ce qui les attend, voient qil?!^ Wtptfrien^tofflnifrêfïet iqtt’bn; en a d’autant plus vite fini

« Quand le chariot a exécuté son parcours et que le tracé est fini, orf pbiceflaiplaque dans un vase dépoli (dépoli, pour que la plaqué! iièf%liss& pas au fond), on remonte le mouvement d’horlogerie, on place une nouvelle plaque et l’o.o rectifie la position dérangéé pendàht' les différentes phases- de l’opération précédente. Puis oiitrreiünïnouveau tracé et ainsi de suite jusqu’à ce qu’on n’ait plus : rien à reprendre à la perfection technique du tracé. Avant de finir la séance, je me hâte de prendre le chiffre des pulsations, et alorsiseulement je permets aux malades de s’asseoir et de parler. Il suffit,;en effet,.que Je malade veuille parler pour que déjà la fréquence de son pouls change.

« La disposition du malade à exprimer un désir, à faire une observation, principalement les impressions et son attention qui est de plus en plus éveillée et surtout l’effort qui précède ou qui suit une émotion ou une excitation intérieure, tout cela se traduit dans le pouls-d'une façon infaillible. Un observateur, quelque instruit qu’il soit d’ailleurs de la variabilité du pouls, quelle que soit l'habitude qu’il ait d’en apprécier par le toucher toutes les modifications de fréquence, de grandeur, de dureté, sera cependant extraordinairement étonné de l’influencé puissante que l'émotion exerce souvent tout d’un coup sur le pouls chez celui qui se voit pour la première fois le sujet d’une semblable expérience.

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Le malade, car nous voulons développer ce point de, vue, quoique la chose se'rencontre aussi à coup sûr chez les gens en bonne sanlé, a-t-il déjà, avant, l'opération, pris la résolution d’exprimer un désir ou une plainte, de faire part d’un événement, en un mot est-il quelque peu ému ? connaît-on, par l’expérience laite régulièrement, la fréquence et le type de son pouls à l'état, de repos, et est-on bien sûr qu’il n’v a pas d’autres influences extérieures telles que le froid, ou la prise de certains aliments qui aient pu agir sur lui; il arrive tout d’un coup que la fréquence du pouls devient anomale, et même, si l’on observe avec soin et que l’émotion n’ait pas duré ,trop longtemps, g que la fréquence du pouls, quand cela ne serait que pendant une minute ou une demi-minute, s’abaisse d’une façon anomale, est irrégulière, puisque toujours de plus en plus et progressivement elle s’élève à mesure que s’approche le moment ou l’expérianeé va cesser et où, comme le sait bien le malade, il pourra exprimer un désir, Le plus constant phénomène dans l’émotion consiste bien plus en ce que le pouls est essentiellement altéré dans son rhythme, comme nous le montrerons dans une autre circonstance, si bien qu’au-plus haut degré de l’émotion, il est tout à fait méconnaissable (1).

« Les impressions que nous saisissons pendant le tracé régulier sont en général légères, ce sont des excitations du premier degré, et je veux dire ici quelques mots de ce pouls de l’émotion du premier degré.

« Par exemple, un malade W., légèrement maniaque, a toujours, depuis plusieurs mois, la même température et le même pouls.

Fig. 486.

« Un matin, toutes choses égales d’ailleurs, son pouls changé

(1)'Les réflexion? de Wolff à propos des aliénés sont applicables à un grand nombre de maladies. Il faut toujours, soit que l’on tâte le pouls, soit,qu’on se serve du sphygmographe, tenir compte de l’émotion. (Voyez p. 153 de ces études ) : ' Lobais.

de forme. Le malade « voulait quelque chose, » assister à la messe...

Fig. 487.

« Ce même malade, W., offrait un type d’irrégularité marquée un autre jour où il avait ün grief â formuler. »

. Fig. 488.

L’auteur fait remarquer que dans ce pouls il y a accélération et tricrotie...

Les femmes sont bien plus impressionnables que les hommes, et l’on se trompe bien plus facilement aux caractères de leur pouls.

L’auteur espère que tôt ou tard on emploiera le sphygmographe et le thermographe à déterminer la folie et à en contrôler la simulation:

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