‹ Études de médecine clinique faites avec l’aide de la méthode graphique et des appareils enregistreurs; Le pouls, ses variations et ses formes diverses dans les maladiesChapitre 14 sur 117 · TRAVAUX ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

TRAVAUX ÉTRANGERS

Notre livre ayant un caractère particulièrement pratique et étant destiné surtout aux médecins qui vivent au contact des malades, nous l'avons allégé de tout ce qui pouvait arrêter l'attention du lecteur et retarder l'exposé des faits cliniques que nous avions observés. Nous avons donc évité avec soin de nous étendre sur les explications théoriques et de nous engager sur le terrain de la mécanique. Mais nous ne pouvions cependant négliger de donner un exposé de l'état actuel de la question, et, pour ce faire, nous avons emprunté à des travaux étrangers les observations critiques et le contrôle scientifique auxquels la sphygmographie a été soumise. Nous espérons qu'on ne lira pas sans profit les longs extraits de ces mémoires originaux dont quelques-uns renferment des expériences de laboratoire, d'autres des faits pratiques, d'autres enfin un exposé méthodique, et un historique complet de la question.

Pour aider le lecteur et lui rendre la tâche plus facile, nous ferons précéder chacune de nos observations personnelles d'un court exposé des opinions de M. Marey et de celles qui ont été émises par quelques-uns de ses critiques ou de ses imitateurs.

Vivenot (de Vienne) ( 1 ) :

Parmi les médecins qui ont utilisé le spliygmographe pour des recherches expérimentales du ressort de la physiologie, et ont en même temps et comparativement appliqué cet instrument à la

(1) Vivenot (de Vienne), Ueber die Yerundcrungen im arteriellen Strûmgebiele tinter <lc.m Einflusse des verstàrkten Lufldrultes, 18tî6

VIVENOT.

nosographie et à la thérapeutique, il faut citer avec éloge Vivenot (de Vienne), qui a récemment essayé les effets de l'air comprimé sur le pouls et la respiration. Ses tracés graphiques du pouls sont doublement instructifs, en ce qu'ils démontrent les mêmes résultats obtenus par la compression de l'air sur l'homme sain ou malade (asthme, hypertrophie du cœur, etc.), et sur des appareils schématiques delà circulation, placés dans le même appareil compresseur.

Vivenot a expérimenté dans les conditions suivantes : Dans un élablissement hydrothérapique de Johannisberg, on emploie l'air comprimé pour la guérison de certaines maladies. C'est dans l'appareil à air comprimé que l'auteur s'est placé et a placé les personnes qu'il examinait. Un grand nombre d'expériences ont été faites sur lui-même. La pression n'a jamais été poussée au delà de 106 centimètres. Les expériences ont été conduites avec les plus grandes précautions. Elles ont duré trois mois consécutivement. Le pouls était examiné dès le matin, au lit, puis

[Sur les changements dans la circulation artérielle, produits sous l'influence de l'augmentation de la pression atmosphérique]. Virchow's Archiv fur pâthôlogische Ânatomie, t. XXXI V.

L'aflteur avait précédemment étudié l'action de l'air comprimé sur la respiration (Medic. Jahrb. der Zeitsckr. der k. k. Gesellsck. der Aertze... Wien, 1865, et Archiv fur pâthôlogische Anatomie de Virchow, t. XXXIII). Cette question à laquelle l'avenir réserve probablement une certaine importance à déjà sa bibliographie; voyez :

Junod Recherches sur les effets physiologiques et thérapeutiques de la compression et de la raréfaction de. l'air, tant sur le corps que sur les membres isolés (Arch. gcn. de méd. 2e série, t. IV, 1855).

Tabarié(E.), Compt.rend. Acad. des sciences, t. VI. Paris, 1858, p. 896.

Guérard (AJph.), Note sur les effets physiques et pathologiques de l'air comprimé (Ann. dïhyg. publ. et deméd. lég. 2mo série, t. I. Paris, 1*854).

Pol (B.) et Watelle, Mémoire sur les effets de la compression de Pair appliquée au creusement des puits à houille (Ann. d'hyg. publ. 2e série, 1. 1, 1854, 2e partie).

Bertin, Étude clinique de l'emploi et des effetsdu bain d'air comprimé. Paris, 1855.

Milliet, De Pair comprimé au point de vue physiologique. Lyon 1856. Pravaz (Ch. G.), Des effets physiologiques et des applications thérapeutiques de Pair comprimé. Paris, 185!*.

Vivenot, Ueber den Einfluss des verànderten Luftdruckes auf den

ÉTUDES DE SPIIYGMOGRAPIUE.

après le repas, puis avant l'entrée dans l'appareil, ensuite pendant le temps que la pression montait, alors qu'elle avait atteint son maximum, au moment où finissait la décompression, et enfin après la séance. On avait soin d'entrer en pression en une demi-heure, et l'on prenait encore plus de temps pour la décompression. Les résultats s'appuient sur 609 observations dont 423 faites sur l'auteur lui-même. Nous insistons peu sur les modifications concernant la fréquence du pouls. L'air comprimé ralentit le pouls, et ce ralentissement persiste quelque temps même après la cessation de l'expérience. Ce fait est à peu près constant (375 fois sur 425 observations). « La grandeur du ralentissement du pouls, sous l'influence de l'air comprimé, croît en raison proportionnelle de la fréquence du pouls observée sous la pression normale. » Les auteurs ne sont pas tous d'accord sur le chiffre du ralentissement : on perdrait 15 pulsations selon les uns, 10, selon les autres, par minute. Les expériences faites sur des emphysémateux offrent matière à quelque critique. Les expériences faites sur des hommes sains sont plus concluantes.

Vivenot explique le ralentissement du pouls par le simple effet

menschlichen Organismus (Virchow's Avc.hiv fur pathologische Anatomie, Band XIX, Heft 5, u. G. Berlin, 1860, 508).

François. Des effets de l'air comprimé sur les ouvriers travaillant dans les caissons servant de hase aux piles du pont du grand Rhin (Annales d'hygiène publique et de médecine légale, 2e série, 1800, XIV).

Einbrodt, Ueber den Einfluss der Athembewegungen auf Hertzschlag und Blutdruck (Sitwngsbemchte d.k. Akademie der Wissenschaflen, zu Wien. 1800, Band XL.)

Sandahl (O. Th.), Om verkningarneof fortatad Luft, pû den menskliga Organismen, fysiologisk, och therapeutiskt llanseedo. Stockholm, 1802.

Tutschek, Ueber die Wirkung des conipr. Luft (Bayer, iirlzl. Intell. Blatt, mai 1805).

Levinstein (E.), Beobachtungen iiber die Einwirkung der verdichteten Luft beiKrankheiten der Respiration und Circulationsorgane. Berlin, 1865.

Lange (J.) (in Uetersen), Ueber comprimirle Luft, ihre pliysiologischen Wirkungen und ihre therapeutische Bcdeutung. Gôttingen, 1804.

Foley, Du travail dans l'air comprimé. Étude médicale, hygiénique et biologique. Paris, 1805, gr. ih-8.

Lange (G.) (in Jobannisberg), Der pneumatische Apparat- Mittheilungen iiber die physiologiscben Wirkungen und die therapeutische Bedeulung der comprimirten Luft, Wiesbaden, 1805.

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mécanique de l'augmentation de la pression de l'air, qui fait contracter les vaisseaux périphériques, et rend difficile la circulation capillaire des téguments externes : d'où suit une résistance à l'ondée sanguine chassée par la systole du cœur.

Par cette résistance et cette difficulté plus grande apportée à l'action du cœur, un ralentissement de la fréquence du pouls se produit, conformément à la loi de Marey « que le cœur bat d'autant plus vite qu'il se vide plus facilement, » etc., etc.

L'auteur a compris la nécessité de donner une consécration expérimentale à ses vues théoriques, et le sphygmOgraphe lui a paru le meilleur moyen de résoudre ces questions... Il s'exprime ainsi :

a Le sphygmographede Marey parait éminement propre aces recherches sans parler de l'utilité qu'il peut avoir pour d'autres sortes de recherches; car, si notre explication est la bonne, l'ondée du pouls doit montrer sous la pression accrue de la colonne d'air qu'elle supporte, des changements bien déterminés, et que l'on peut déjà indiquer a priori et d'après des vues théoriques. Cet instrument paraît, en outre, promettre beaucoup, pour donner les meilleurs renseignements sur quelques questions importantes telles que la force, la figure, etc., du pouls et les changements qui surviennent dans la pression du sang, et pour en donner une explication satisfaisante. Nous passons donc au deuxième chapitre de notre mémoire, pour donner l'analyse des recherches que nous avons entreprises dans cette direction.

Heclierches sur les figures graphiques indiquant les changements du pouls artériel, par Faction de l'air comprimé. (Chap. n.) « On a plus d'une fois mis en doute l'exactitude des tracés du pouls obtenus par le sphygmographe de Marey, et, entre autres, le docteur Meissner (Ilenle und Meissner's Jahresberichte ùber Anal. und. Physiologique, 1859, Seite 557) a élevé une série d'objections contre ces tracés, et a particulièrement signalé le dicroiisme qui y est inscrit comme artificiellement produit par la vibration de l'instrument. Faisant abstraction provisoirement de la solidité de toutes les objections produites contre l'instrument enregistreur, les défauts qui y sont inhérents, dans nos observations présentes, ne viennent pas en considération essentielle et ne nous détournent pas de son usage, alors que, pour la détermination des changements dénon-

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ces dans la circulation sous l'influence de l'air comprimé, il s'agit moins pour nous de la justesse absolue du tracé que de la constatation des changements relatifs que subit, sous l'influence de cette pression augmentée, le tracé originel recueilli sous la pression normale. Mach (1) a déjà démontré, tout en signalant certains défauts de l'instrument, que lesdites objections de Meissner n'étaient pas fondées, et il les a réfutées: du reste, Marey, par son livre qui lait époque, sur la physiologie médicale delà circulation du sang a fourni lui-même les preuves les plus éclatantes de la valeur de son enregistreur du pouls et de son utilité multiple. S'il fallait apporter aux démonstrations que Marey, dans ce dernier ouvrage, a données de ses vues propres, des preuves ultérieures, des recherches comparatives entreprises sous diverses pressions de l'air, comme sont celles-ci, pourraient fournir un témoignage sérieux en faveur de leur solidité ; et leur utilité, ainsi que j'espère le faire voir avec évidence dans la suite de celte dissertation, est démontrée d'une façon si éclatante, que je n'ai pas pu faire autrement clans les conclusions de mes recherches propres, que d'adopter presque sans réserves et de faire miennes les propositions et les théories émises par Marey, tant elles trouvent leur application dans ce travail.

« Avant que j'expose les résultats obtenus par moi, qu'il me soit permis d'insister un peu sur la manière de se servir du sphygmographe dont le maniement régulier demande la prise en considération de certaines règles de précautions et l'obtention d'une certaine adresse de main, dont la prompte acquisition pourtant n'offre aucune difficulté.

« Ici aussi le problème principal est d'obtenir les tracés autographiques sous différentes pressions de l'air, toujours dans des conditions identiques, c'est-à-dire, en ayant soin que la posture du corps soit la même, que la main et le bras reposent dans la même attitude, avec une même pression du ressort de l'instrument et que l'artère soit pressée toujours à la même place.

« Pour ne produire aucune disposition anomale du cours du sang dans l'artère à explorer, dans notre cas c'est l'artère radiale, il est

(1) Ernst Mach, Zur Théorie der Pulzwellenzeichner (Med. Jakrb. der Zeitschr. der Ges. der Aerxte, Jakrg. 1802, § 47 ).

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de grande importance de l'explorer dans une position naturelle et exempte de contrainte.

« La position horizontale du corps imposée pour l'application du sphygmograplie, comme Marey a coutume de le faire (p. 246), ne parait pas indiquée pour nos recherches, parce que cette altitude ne permet pas la situation normale que réclamaient nos autres investigations. Ainsi, l'observation était faite après un repos préalable du corps, toujours dans la situation assise, l'avant-bras libre de toute gêne, avec la main à plat et tenue à"peu près horizontalement, libre hors, de l'espèce de gouttière en bois, qui, disposée exprès pour ce but et allant du coude au poignet, répondait le mieux à la position déjà décrite de l'avant-bras et du dos de la main. L'angle libre saillant sur le dos du carpe était garni d'un petit coussin, afin de pouvoir maintenir le plus longtemps possible dans cette attitude de repos, et sans contrainte ni fatigue, la main et l'avaii l-bras.

« Le lien ou lacet constricteur de l'enregistreur du pouls était serré seulement assez fort, pour qu'il ne Laissât aucune empreinte visible sur la peau, et pour que le stylet écrivant appuyât juste au milieu du papier, à égale dislance du bord supérieur et du bord inférieur, ce qui est une mesure pour reconnaître que la pelote placée sur l'artère radiale est serrée toujours avec la même force.

« Comme il est du reste de la plus grande utilité, pour éviter un faux autogramme, que la plaque d'ivoire élastique presse exactement toujours à la même place de l'artère radiale et au milieu, on marquait sur la peau avec de l'encre rouge les contours de la place que devait occuper exactement l'instrument, et l'on avait soin, pour plus de sûreté et d'exactitude, de retirer l'instrument après chaque observation et de le replacer pour une nouvelle expérience ; on acquérait ainsi la possibilité de l'appliquer chaque fois au même endroit.

« L'enregistreur du pouls qui était à ma disposition était de la fabrique deBreguetàParis, construit exactement sur le modèle de l'instrument original de Marey (sans la modification ou améliorataion apportée par Mach). Il pesait 220 grammes, avait 17 centimètres de long et son mouvement placé, non pas horizontalement, mais un peu redressé sur Lavant-bras, était d'une durée de qua-

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torze secondes. La longueur originelle de la bande de papier était de 14 centimètres, mais comme celte longueur est réduite à II centimètres par les limites de la course de l'instrument, la longueur générale de nos courbes de pouls correspond à une durée d'environ 11 secondes.

« Je dois pourtant tout d'abord convenir que les évaluations sur la durée d'une pulsation d'après les données précédentes ne sont pas admissibles, attendu que je n'ai pas trouvé l'instrument dont je me servais pour contrôler la fréquence du pouls , d'accord avec le chiffre supposé pour des courbes graphiques. Malgré toutes les précautions prises par moi pour régler l'instrument, il se trouvait que le mouvement d'horlogerie ne marchait pas toujours dans le même espace de temps, mais tantôt un peu plus vite, tantôt un peu plus lentement. De là, il arrivait assez souvent, que la fréquence du pouls ralentie sous l'air comprimé (et le fait était vérifié par des mesures certaines) apparaissait représentée sur le tracé écrit, par un plus grand nombre de courbes de pouls que celle qui avait été reconnue à l'avance sous la pression atmosphérique normale, et qui répondait cependant à un pouls plus accéléré.

«Au lieu de papier noirci à la suie, nous nous servîmes de bandes luisantes, faites avec des cartes de visites préparées à cet effet, et sur lesquelles le style écrivant, mouillé d'une encre carmin légère, inscrivait les mouvements du levier.

« Les expériences que nous communiquons ici sont le résultat de plus de 400 tracés de pouls, qui comprennent environ 100 observations isolées recueillies sur différentes personnes. Les courbes furent prises d'après la manière décrite plus haut, et à chaque fois de même, le plus souvent quatre fois , pendant la séance où l'on changeait la pression de l'air (y compris quelquefois aussi des cas où l'on opérait encore plus souvent en une séance).

« Les recherches furent continuées du 50 avril au 17 juin 1864, tous les jours, c'est-à-dire, jusqu'à ce que la justesse des résultats obtenus ne laissât subsister aucun doute. Bientôt se montra une si grande concordance dans les changements des figures des courbes, qu'il suffira parfaitement de reproduire seulement, dans le grand nombre des tracés de pouls que j'ai recueillis, une série particulièrement caractéristique.

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« Un regard rapide, jeté sur les courbes exposées ici, montre que celles-ci, sous l'influence d'un air comprimé, subissent de remarquables modifications dons leurs figures primitives; une attention plus profonde montre que toutes les parties de la courbe sont si essentiellement changées, que leur analyse demande absolument une dissection pénétrante des segments isolés de la courbe.

« Nous voyons que dans toutes les ondulations sans exception, sous l'action de l'air comprimé, la hauteur de la courbe (amplitude de Marey) décroit. La ligne d'ascension plus ou moins abrupte primitivement devient plus oblique, le sommet paraît plus arrondi, et, par suite de l'amoindrissement de l'amplitude, la ligne de descente encore moins abruple à la fin s'infléchit en forme d'onde, qui se transforme en une droite plus ou moins convexe. Par suite de la diminution de la hauteur de l'ondulation , l'angle figuré par la rencontre de la ligne ascendante et de la ligne descendante de la pulsation écrite, et qui sous la pression atmosphérique normale, mesure environ 47°, est notablement émoussé, comme aussi par suite de la direction plus oblique de la ligne d'ascension, la pointe ou sommet de la courbe se prolonge plus en arrière... de sorte que la courbe dans son entier affecte la forme d'un segment de sphère.

Fig, o.

« Les changements que nous venons de décrire sont proportionnels à la force de la pression de l'air et à la durée du séjour dans l'air comprimé, et par conséquent d'autant plus marqués et plus intenses, que la pression de l'air a été portée plus haut et le séjour dans l'appareil plus prolongé. Nous trouvons donc que les signes suivants produits après vingt minutes de pression maximum, c'està-dire l'obliquité visiblement apparente de la ligne d'ascension, le rapetissement de l'ondulation, l'aplatissement arrondi du sommet, et la transformation de la ligne onduleuse de descente en une lisme droite ou en une simple ligne convexe, après une heure et demie,

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c'est-à-dire après une heure d'exposition à la pression maximum constante, prennent un caractère encore plus accusé, si bien que le tract' du pouls finit par ne plus présenter pour ainsi dire qu'une ligue droite.

« Wilhelm Winternitz a, dans un travail récemment paru (I), entrepris avec le sphygmographe des expériences sur le changement (pie le pouls radial normal éprouve par suite d'applications froides extérieures faites sur le bras. J'ai été très-surpris de retrouver dans les figures 14 et 15, \ VI de ce mémoire, et dans les figures 10 et I 7, \ 13, où l'action du cataplasme froid se montre d'une façon expressive, une image fidèle des changements obtenus par moi sur le pouls à l'aide de l'augmentation dépression de l'air. Cette concordance de deux courbes de pouls obtenues sous des influences différentes est hautement significative., en ce sens que la rencontre de la pression de l'air et du froid local dans une action commune et identique sur les vaisseaux périphériques est assez d'accord avec la théorie pour que cela soit d'un grand poids pour l'usage pratique.

« Par le retour à la pression atmosphérique normale, immédiatement après la séance, la courbe reprend son intégrité, ou ne retourne que partiellement à l'état primitif, ou, ce qui n'est pas l'are, le changement, une fois commencé dans l'apparence de l'ondée sanguine, subit encore un mouvement de descente.

« Dans aucun cas, il ne m'est arrivé de trouver durable ce changement de la courbe, mais cette action, d'accord avec les résultats obtenus par nous pour la fréquence du pouls, se prolonge dans les cas favorables pendant un petit nombre d'heures. La seconde courbe, figurée plus loin par Vivenot, fournit un exemple d'une courbe se relevant et regagnant sa forme primitive non

(1) Winternitz, Traité sur les fondements rationnels de'quelques applications hydrothérapeutiques (Med. Jahrbuch der I, . /.'. Gesellschafl der Aerzte zu Wien, Jahrgang 1805, 1. lleft, § 1-20).

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pas immédiatement, mais vingt minutes après le retour à la pression normale de l'air, tandis qu'au contraire, la deuxième courbe de la planche, page 28 de Vivenot, après un quart d'heure de retour à la pression normale, ne montre encore aucune tendance marquée de la courbe à reprendre sa figure primitive.

« Pour établir la vérité de l'assertion que nous avons accepter déjà, que la trace restante après la séance, d'une action sur le tracé, s'éteint déjà après une durée de plusieurs heures, on peut se servir des courbes obtenues sur moi-même le 2G mai, jour où j'avais accompli deux séances d'expériences dans l'air comprimé. Si nous comparons la courbe obtenue ce jour-là avant la la première séance, à huit heures du matin, avec la courbe correspondante de la deuxième séance, c'est-à-dire prise à deux heures et demie de l'après-midi, on ne peut reconnaître aucune différence essentielle entre ces deux tracés de pouls. 11 ne reste plus de trace sensible après cet espace de quatre heures et demie, de l'influence encore remarquable à dix heures sur la courbe b de la figure lo de Vivenot; à plus forte raison ne faut-il pas chercher la persistance de cette action d'un jour sur l'autre.

« Maintenant, pour pouvoir saisir la valeur des différences trouvées jusqu'ici, nous devons nous représenter les divers éléments des courbes comme l'expression de ces changements.

« Le choc à ligne ascendante qui coïncide avec la systole du cœur, est produit par l'ondée sanguine chassée en avant par la contraction du cœur, ondée qui, tendant à fuir dans toutes les directions, va presser en partie le sang du grand courant, et exerce en partie une pression excentrique sur les parois des vaisseaux qu'elle élargit. La partie ascendante de la courbe (ligne d'ascension) correspond donc à la diastole artérielle. Plus l'écoulement du sang se fait facilement dans les capillaires, plus celui-ci est transporté vite dans les artères, et plus le cœur revient facilement sur lui-

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même, puisque la pression du sang représentant la résistance opposèe à la systole du cœur eu devient plus faible ; or il est connu que tout muscle se contracte d'autant plus facilement et plus vite, que I exécution de ce mouvement demande moins de dépense de force. Par conséquent, en pareil cas, l'expansion artérielle se fera en d'autant moins de temps, et si le temps à partir du moment de la montée de la pression du sang jusqu'à son point d'élévation (maximum de l'expansion) est très-petit, cela trouvera son expression dans ['escarpement de la ligne ascendante de la courbe; et même si la durée du temps est si courte qu'elle ne peut être mesurée, alors la ligne d'ascension paraîtra complètement verticale, comme c'est presque toujours le cas dans l'état normal.

« Lorsque, au contraire, sur les tracés obtenus dans l'air comprimé, nous observons que la ligne d'ascension devient oblique, il en résulte, pour nous, que la résistance qui s'oppose au flot sanguin poussé par la systole du cœur, a augmenté, en même temps que l'écoulement du sang est arrêté dans les capillaires; que par suite la systole du cœur est moins rapide, que le flot sanguin arrive lentement aux artères, et que par suite aussi la dilatation des artères ne se fait pas brusquement, mais progressivement.

g Le sommet de la courbe que nous ne voulons pas considérer comme un point mathématique, mais comme la convergence des lignes ascendante et descendante, nous montre le moment où l'artère parvenue au maximum de sa dilatation par le sang qui la distend, résiste en vertu de sa conlraclilité propre à la pression du sang qui agit sur elle, et par son retrait imprime au sang une' nouvelle impulsion. Maintenant la résistance que le flot sanguin éprouve dans les troncs artériels éloignés du cœur, vientelle à décroître un peu, alors l'écoulement du sang dans le sens du courant, du cœur à la périphérie, devient facile et rapide, la pression du sang dans les artères s'abaisse rapidement, el celles-ci peuvent se resserrer rapidement. Plus cette disposition est marquée, et plus aigu se montiv \<> sommet du tracé, comme on peut le voir par exemple sur le pouls normal.

« Le contraire a lieu dans l'air comprimé et l'angle aigu primitif se change, comme nous avons vu , en un angle plus ou moins

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émoussé, et même en un cintre, lequel cas a lieu, si par la notable obliquité de la ligne d'ascension le point culminant suivant la verticale en arrive à occuper juste le milieu de la courbe : ces courbes ressemblent beaucoup à celles que Marey a obtenues dans des cas d'embolies et d'anévrysmes, et qui figurent dans sa Physiologie médicale sous les nùs 139, 146 el 148, que nous reproduisons ici (Jftg. G, 7, 8).

Vig. (i (tig. l.V.i de flarey).

Fig. 7 [ûg. 14G de Marey).

Fig. 8 (Hg. 118 de Marey).

« Par conséquent, l'augmentation de résistance exprimée déjà dans la partie ascendante de la courbe, par son obliquité sous l'influence de l'air comprimé, s'est communiquée ou transmise aussi au sommet de la courbe.

« Les artères dilatées par suite de l'accroissement progressif de la pression du sang, peu à peu jusqu'au maximum, ne peuvent pas triompher subitement delà résistance née de l'obstacle qu'éprouve à s'écouler le sang coulant vers les troncs éloignés du cœur, mais elles réussissent peu à peu, par suite de l'élasticité qifi leur est inhérente, et grâce à la diminution de la pression du sang par le fait de l'écoulement de celui-ci, à se rétracter par un violent effort, et à contribuer ainsi à une nouvelle poussée donnée au sang qui était arrêté dans son cours. Mais si l'obstacle opposé au cours du sang est assez fort pour résister un certain temps, il peut arriver un moment où l'arrivée el le départ du sang se compensent, ont une valeur égale, et où, en raison de ce qu'il arrive autant de sang qu'il en part, la pression, maintenue longtemps au même niveau, tient pendant un certain temps les artères au maximum

ÉTUDES DE SPHYGMOGRAPHIE. 55

de tension. En pareil cas, le sommet du tracé primitivement à angle aigu, ne deviendra ni èmoussé ni en forme de cintre, mais formera une ligne plus ou moins horizontale (plateau de Marey), ce qui est la règle pour le cas où les artères, par suite d'ossification ou athérome, ont perdu leur élasticité.

« Chez un malade dont le pouls montrait déjà à la pression normale l'aplatissement de la pointe, cette disposition disparaissait dans 1 air comprimé, c'est-à-dire que ce plateau se transformait dans la ligne d'ascension en une forte courbure (1); ce phénomène fournit une nouvelle preuve de La diminution de la force de résistance, et du défaut d'élasticité.

« A. la prolongation sus-mentionnée de la durée de la systole du cœur, qui s'accuse par le déplacement du sommet du tracé, à l'expansion progressive des artères, à la lente montée du Ilot du pouls jusqu'à son maximum, et à l'amoindrissement progressif de celui-ci accusé par l'aspect arrondi du sommet, on reconnaît ce pouls que les anciens médecins, par opposition au pulsus celer que caractérisait la sensation tactile au doigt d'un choc rapide et vite, nommaient pulms lentus, forme du pouls qui est en effet observée avec ces caractères dans l'air comprimé et résulte évidemment de cette compression môme.

« Le Dot descendant de la courbe du pouls, qui correspond à la diastole du cœur, nous montre la décroissance de la pression du sang dans les artères, coïncidant avec la clôture des valvules semi-lunaires, et avec l'écoulement simultané du sang des grosses artères dans les capillaires, c'est-à-dire les artères sortant victorieuses de leur combat contre la pression du sang, et grâce à leur élasticité par la transformation de leur force d'expansion (ressort) eu force vive, pouvant se rétracter jusqu'à la limite minimum de leur calibre. L'apparence si différente de la ligne de descente, suivant qu'elle s'infléchit, qu'elle devient recliligne, ou oblique, ou convexe, ou qu'elle tombe à pic, nous donne la mesure du plus ou moins de facilité avec laquelle le cours du sang s/effectue

(1) M. Vivenot donne des tracés qui ne nous paraissent pas confirmer son raisonnement. La ligne b de la Qgure 5 de M. Vivenol est une fidèle image de la ligure donnée par Marey conune celle du pouls dans le rétrécissement aorlique. [Note du traducteur.)

Lohain. — Pouls- 5

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dans les capillaires. Les tracés de pouls , obtenus à la pression atmosphérique normale avant l'entrée dans l'air comprimé (tracés I — XVII a de M. Vivenot) montrent ce caractère d'oscillation plus ou moins accentué, que le doigt ne ressent que dans les cas les plus prononcés, et qu'on appelle dicrotisme , et qui consiste en deux et plus souvent trois oscillations de l'ondée.

« Ces oscillations de la ligne de descente, auxquelles, à ce qu'il me semble conviendraient le nom de policrotisme, et qui, ainsi que nous le montrerons plus tard, doivent être attribuées à un simple effet d'interférence inhérent à la contractilité des artères, et produit par le changement continuel de direction, tantôt centripète, tantôt centrifuge que subit le flot oscillant de la colonne liquide se pressant en avant avec une vitesse une fois donnée et remplissant plus ou moins l'artère; ce policrotisme est d'autant plus accuséque l'artère contient moins de sang par rapport à son calibre, et qu'elle s'emplit et se désemplit plus rapidement. Toutes les circonstances (telles que la chaleur, le mouvement, la prise de nourriture, l'effervescence de la fièvre) qui accélèrent la circulation en agissant sur la dilatation des vaisseaux périphériques, ont, parce qu'elles facilitent la circulation dans les capillaires et accélèrent le cours du sang, pour effet de diminuer le contenu relatif des vaisseaux et d'augmenter la vitesse du courant, d'où aussi une augmentation du policrotisme ; de sorte que les parois artérielles, par suite de leur réplétion et d'une forte pression, arrivées à une certaine distension, sont placées dans des circonstances moins favorables pour la transmission des vibrations que ne l'est le cas particulier et contraire que nous avons décrit, et qui grâce à la faible quantité de sang contenu dans les artères, favorise la propagation de l'action élastique des ondes se suivant l'une l'autre, les parois artérielles étant pour ainsi dire molles et flottantes. C'est ainsi que par suite d'un repas chaud pris immédiatement avant la séance, nous voyons la dilatation des vaisseaux amener le policrotisme dans la courbe.

« Encore faut-il comme condition indispensable que l'élasticité des parois artérielles soit intacte, car le défaut d'élasticité, chez les vieillards notamment, se montre par le défaut de dicrotisme (1).

(1) Marey a montré, par beaucoup d'exemples, l'influence des vête-

ÉTUDES DE SPIIYGMOGRAPHIE. 35

« Tandis que nous avons trouvé le policrotisme comme particularité plus ou moins marquée du pouls normal à la pression ordinaire, il ressort de nos courbes comme effet de l'air comprimé, que cette compression a pour effet de produire une disparition du policrotisme et une transformation de la ligne de descente ondulée en une ligne presque droite ou plus ou moins convexe.

« Ainsi nous trouvons la preuve d'un tassement du sang dans les vaisseaux et d'un embarras de la circulation capillaire, aussi bien dan» la ligne descendante de la courbe, que nous l'avions trouvée dans sa partie ascendante et dans son sommet.

« L'augmentation de la pression du sang augmente la distension des artères; l'augmentation relative delà quantité de sang contenue dans des vaisseaux rapetisses par l'accroissemenldelapression extérieure y gêne la circulation, amène de grands changements dans leur calibre el empêche les oscillations des parois vaseulaires tendues par cette forte pression; la ligne de descente devient moins abrupte, et se transforme en une courbe plus ou moins grande. La période d'expansion dure alors plus longtemps, et la pression du sang qui s'exerce sur les parois vaseulaires, ne tombe pas brusquement comme à l'état normal, mais progressivement.

« Tandis que, comme Marey l'a montré et en a fourni un exemple

Fig. 0.

par un tracé recueilli dans un cas de maladie du cœur (fig. 80), le dicrotisme est d'autant plus grand que l'ondée envoyée par le ventricule est plus petite par rapport au calibre de l'artère, nous confirmons, de notre côté, cette proposition par rapport au dicrotisme, puisque, comme il appert de ce qui précède, les artères rapetissées

ments, du mouvement, de la chaleur, de la lièvre, sur la production du dicrotisme, et fait voir d'autre part (p. 275) que dans le ralentissement du cours du sang, par exemple, par le rétrécissement aortique, le dicrotisme cesse ou diminue beaucoup.

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par la pression extérieure, et par ainsi charriant très-peu de sang, se montrent néanmoins fortement remplies de sang relativement à leur calibre amoindri. Avec le relour à la pression normale, réparait aussitôt la figure primitive de la ligne de descente, et la ligne simplement convexe reprend son précédent policrotisme, ou bien la forme qui s'est produite se maintient encore quelque temps pendant une ou deux heures, pour céder et reprendre peu à peu son apparence originelle, ainsi que le montrent les trois tracés contenus dans la figure suivante, et qui ont été pris, le premier avant, le deuxième pendant, le troisième après l'expérience.

« Dans notre analyse des tracés du pouls, nous avons laissé de côté jusqu'ici une circonstance, nous voulons parler du changement, qui n'est pas sans importance, que subit l'amplitude de la courbe sous l'influence de l'air comprimé. Pour la clarté de la description, nous en avons reculé l'analyse jusqu'au chapitre de la force du pouls, plus justement désignée sous le nom de grandeur du pouls, qui se rapporte à la hauteur verticale de l'ondée sanguine, c'est-à-dire au maximum de la hauteur, et qui, d'après Marey, est proportionnelle à l'énergie de la pulsation. Comme nous l'avons conclu de l'accord des tracés de courbes que nous avons réunis jusqu'ici, l'amplitude du pouls est rendue plus petite par le séjour dans l'air comprimé, etfperd souvent de 4/5 à 5/6 de sa hauteur primitive, de sorte que toute la série des pulsations tracées est changée souvent en une ligne où les ondées isolées sont à peine perceptibles.

« Cet abaissement de l'amplitude est proportionnel à la compression de l'air et à la longueur du séjour dans l'air comprimé, aussi observe-t-on surtout le minimum d'amplitude à la fin du séjour dans l'air comprimé; il arrive exceptionnellement qu'après le retour à la pression normale, l'amplitude reste stutionnaire, pour

ETUDES DE SPHYGMOGRAPHIE. 57

revenir à l'état normal après un long séjour sous la pression ordinaire. 11 est également exceptionnel de voir l'amplitude, après avoir atteint son minimum, commencer à s'élever peu à peu pendant le stade de la pression maximum constante sans toutefois atteindre à sa hauteur primitive.

« Les changements que le pouls subit, ici, s'expliquent du reste et sont sensibles au tact, puisque dans la majorité des cas le pouls étant trouvé normal avant l'entrée dans l'appareil pneumatique, se montre dans l'air comprimé presque insensible au toucher du doigt, et est véritablement le jutlsus debilis. Il est utile de faire observer, à propos de ce dernier point, que les transformations décrites plus haut, du pouls en un pulsus longus, comme nous en avons vu quelques-uns se produire dans l'appareil pneumatique, et qui sont observées du reste à la pression normale de l'air dans certains procès morbides, tels que anévrysme, embolie, donnent une sensation trompeuse au doigt, en sorte que môme alors que la hauteur verticale du pouls reste identique, comme Marey l'a observé (p. 245), le pouls paraîtra d'autant plus fort que l'ondée sanguine battra plus vite et que la systole du cœur sera plus rapide, tandis que, d'un autre coté, le pouls paraîtra d'autant plus faible que l'expansion de l'artère sera plus lente, que le courant d'aller et de venir de l'ondée sanguine sera plus graduel, ce qui est exprimé par la montée et la descente de la pression du sang dans les vaisseaux; mais, puisque dans notre cas (clans l'air comprimé) l'abaissement de la force du pouls perçu par le tact est confirmé encore par l'amoindrissement de la hauteur verticale du tracé, il faut tenir pour certain Y amoindrissement de la force du poids en soi.

« Nous aurions maintenant à montrer la cause de cet amoindrissement de la force du pouls dans l'air comprimé, ainsi que cela résulte de nos recherches ; en première ligne on pouvait bien penser a l'affaiblissement de l'action du cœur lui-même, comme à la circonstance occasionnelle de l'abaissement de la force du pouls dans l'air comprimé, affaiblissement peut-être produit par l'élévation de la résistance que l'accroissement de la pression atmosphérique, qui exerce une compression sur l'ensemble des vaisseaux périphériques, amène dans le système artériel ; à l'appui de cette supposition, on pourrait citer les faits qui ont été rapportés par

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