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CHAPITRE X. — TRAITEMENT DES VERRUES ET DES VÉGÉTATIONS

352. — Lorsqu'on s'est bien assuré, par la considération des symptômes et des commémoratifs, de la nature vénérienne d'une végétation, il faut procéder à son traitement. Celui-ci se divise en deux parties : le traitement interne et le traitement externe.

353, — Comme ces excroissances reconnaissent pour causes toutes les circonstances que j'ai signalées comme devant faire exclure le traitement local des chancres, il est évident qu'on ne peut jamais recourir aux moyens locaux (1) dont.il aurait été fait précédemment usage.

(1) Ces moyens amèneraient la syphilis générale, si elle n'existait déjà, ou bien l'induration ou l'extension de l'ulcère.

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Ces végétations n'étant autre chose que le résultat de la transformation des chancres sous l'influence d'un traitement local contraire, comme tout porte à le croire, on comprendra facilement que ce môme traitement ne puisse leur convenir, et qu'il faille le mettre absolument de coté, comme j'en ai donne le conseil.

354. — Les irritants locaux et les styptiques doivent donc être abandonnés , comme favorisant la végétation des chancres; il faut recourir à l'emploi du mercure donné sous une forme convenable (i), et ne point abandonner ce médicament jusqu'à ce que la guérison soit complète. En un mol, il faut faire alors ce qu'on aurait du ordonner dès le commencement.

355. — Quant au mode d'administration du mercure solublc et aux règles qu'il faut observer, il n'y a aucune différence entre le traitement des végétations et celui de la syphilis constitutionnelle ; je renverrai donc à la thérapeutique de cette dernière forme morbide, afin d'éviter d'inutiles répétitions.

356. — Je rappellerai seulement que la fièvre mercurielle, lorsqu'elle est assez intense, guérit les végétalions syphilitiques, c'est-à-dire que, pendant sa durée, les végétations se sèchent, tombent par morceaux, ou, ce qui est plus rare , sont détruites par une suppuration de bonne nature.

357. — Les végétations qui ne tombent pas et ne suppurent pas, lorsque le virus vénérien se trouve détruit, ne disparaissent pas non plus peu à peu, sont généralc-

vl) Dense, voulant prouver que le mercure ne peut rien contre les végétations, et que celles-ci ne sont pas de nature syphilitique, affirme que ce métal laisse souvent celte aiïeelion sans être- guérie, alors même que le malade a supporté une salivation presque mortelle. 11 oublie qu'avec cette méthode d'administrer le mercure, on ne guérit pas les symptômes locaux de la syphilis dont il est facile de triompher en suivant une autre voie.

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ment de nature cornée, ne causent pas de grande incommodité , et présentent rarement les caractères de la syphilis.

358. — Si Ton veut en débarrasser le malade, il faut, suivant les circonstances, et comme pour les végétations non vénériennes, employer quelqu'un des moyens suivants : les lier avec un fil de soie que Ton serre peu à peu, ou les brûler avec la pierre infernale, ou les enlever avec des ciseaux. On conseille aussi de les panser avec de l'huile dans laquelle on fait bouillir de l'oignon, et de continuer jusqu'à ce que la verrue se soit ramollie, puis de les saupoudrer avec de la sabinc pulvérisée, afin de les transformer en une masse de mucus qu'on enlève ensuite avec facilité.

359. — U arrive quelquefois qu'après avoir enlevé des verrues avec le fil de soie ou les ciseaux, on les voit reparaître. Cet accident est très rare quand la végétalion n'est pas vénérienne, il faut cependant, dès que Ton remarque quelque tendance à la repullulation, toucher une ou deux fois les parties malades avec le nitrate d'argent. 11 peut arriver encore que, malgré la destruction du virus par la fièvre mercurielle, ces végétations s'enflamment et deviennent douloureuses. Lorsque cette circonstance, toujours assez rare(t), se présente , il faut cesser l'emploi de toute espèce de topique, et combattre la disposition carcinomaleuse ou scrofuleuse dont le sujet est doué, avec le suc de ciguë, les bains froids, l'opium, le sel volatil, les sétons, etc.

360. — Peyrilhe conseille de détruire les groupes de végétations qui se forment dans le vagin. Il veut qu'on emploie pour cela le beurre d'antimoine , et qu'on net-

(1) Elle dépend toujours de quelque disposition constitutionnelle antérieure.

loie ensuite les parties avec de lcau de chaux. Il recommande ce caustique parce qu'il se répand sur les parties voisines dont il excite la vitalité. Il préfère l'eau de chaux au nitrate d'argent, parGe que l'eschare faite avec ce dernier reste trente- six heures sans tomber, et que ce temps est assez long pour que la végétation reprenne son volume. 11 faut employer la même méthode chez l'homme. Je ne conseillerais pas cependant' aux commençants d'y recourir, dans la pensée que le mercure soluble devra toujours être employé le premier.

361 . — L'emploi des préparations mercurielles ordinaires, du sublimé, de l'onguent napolitain, etc., échoue presque toujours contre les végétations de l'anus et du périnée. Le mercure soluble est encore préférable ici ; mais il ne faut y recourir qu'après avoir détruit toute espèce d'irritation morbide, qui est toujours en jeu en pareil cas ; il ne faut pas négliger de recourir en même temps aux fumigations de cinabre.

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