ÉTUDES DC MOP,M,F. TOSITIVE
ment la même idée. « ^"e^sailles était magnifique, nous dit M. Rambaud, mais sentait mauvais. » Visitez ces galeries étineelantes de glaces et de dorures, ces salles ornées de meuble de prix et d'objets d'art. Essayez de reconstituer par la pensée cette cour luxueuse, s'il en fût, dans le décor de ce palais somptueux. Si votre imagination est celle d'un fidèle historien, au milieu de la foule brillante des courtisans chamarrés de broderies, tout bouillonnes de dentelles et de rubans, elle devra vous représenter un grand seigneur, le roi peut-être, naïvement assis sur certain fauteuil dont la commodité impose aujourd'hui plus de discrétion.
Mais restons plus près de nous. Nous pouvons voir qu'une sage ordonnance des satisfactions n'est ])as ce qui caractérise les classes les moins fortunées, où elle semblerait le plus nécessaire. M. Gide remarque avec raison qu'il y a malheureusement un luxe du pauvre. Examinez le budget de l'ouvrier ou du petit employé ; vous verrez que si le logement et la nourriture en absorbent, pour des raisons sociales malheureuses, une part relativement énorme, les accessoires de la vie, souvent nuisibles même, y tiennent une place tout à fait disproportionnée : le cabaret ou le café, la pipe ou le cigare, le feuilleton ou le roman, et même le jeu et le théâtre. Les besoins intermédiaires, la propreté du corps, des vêtements et de la maison, la commodité des meubles, le chauffage, les livres simples et instructifs, se trouvent presque sacrifiés aux satisfiictions extrêmes de la série.
M. Marcellin Pellet observe ^ que dans la classe pauvre de iXaples le jeu de lotto passe avant tout et que la diminution des recettes de l'impôt du lotto, à l'époque où il