‹ Études de morale positive (volume 2)Chapitre 74 sur 134 · Eludes sociales, 188'J, p, 2G · texte numérisé non relu

Eludes sociales, 188'J, p, 2G

gagneraient. C'est même là une des raisons pour lesquelles nous avons pris le parti de laisser entièrement de côté ce luxe supérieur qui est l'art.

jNIais il faut aller plus loin : considérons même les produits dont le haut prix est dû en bonne partie à une somme de travail plus ou moins considérable ; étoffes de luxe, meubles riches, carrosserie, et même Tor et les pierres précieuses dont Textraction et la taille absorbent une main-d'œuvre assez importante. On aurait tort d'imaginer que cette main-d'œuvre, répartie sur les productions les plus nécessaires, augmenterait proportionnellement la quantité des produits. Par exemple, ce n'est pas en doublant le nombre des agriculteurs qu'on doublera la quantité de blé recueillie, ni en doublant le nombre des bergers, bouviers, et gardeuses d'oies que. vous accroîtrez en proportion la quantité de laine et de viande produite. Sans doute on pourrait défricher quelques terres nouvelles, mais ce sont peut-être les moins bonnes, puisque jusqu'ici elles étaient négligées. Le prix du blé se réglant sur les frais de cette culture désavantagée, le pain ne baissera probablement guère. Ici, l'accroissement de la production, et il sera toujours relativement lent, dépendra beaucoup plutôt de progrès scientifiques que de la multiplication du travail employé. ]\I. P. Leroy-Beaulieu ^ a donc raison de remarquer que le superflu s'accroît avec beaucoup plus de facilité que le nécessaire ; et ainsi l'abandon des consommations de luxe n'aurait pas pour résultat un accroissement bien important des produits de première nécessité.

En revanche il ferait très certainement diminuer la somme totale consacrée aux salaires ; car ces travaux de luxe

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