IV. -— Phylloceras Calypso d'Orbigny
1840.. imm. Calypso d'Orbigny: Pal. fr., p. 167, PI. LU, fig. 7-9.
1896. Id. LoRY : Remarques sur l'Amm. Calypso d'Orb., Ann. Univ. Grenoble, 1896,
p. 551-558, 1 PI. (Synonymie détaillée; voir également plus haut, p. 14). 1901. PhyU. Calypso Sayn : Amm. pyr. marnes valangicnnes, p. 9, PI. II, fig. 2-4.
Cette espèce, déjà mentionnée (p. i4) à propos du Jurassique (Ph. Sllesiacum et Ph. Berriasense) se rencontre également dans le Crétacé inférieur du Nord de la Tunisie. Je n'en connais d'ailleurs que deux échantillons bien conformes à la figure de d'Orbigny. Les sillons sont moins flexueux que d'ordinaire, mais Lory et Sayn ont déjà mentionné des cas analogues. On devine de fines côtes sur la région ventrale.
Quant à la cloison (fig. 8), elle concorde avec celle donnée par d'Orbigny mieux qu'on n'eût pu Tespérer; cette figure n'est' donc pas aussi fausse que l'ont dit ZiTTEL, Lory et Sayn. Dans le cas présent, la deuxième selle peut être qualifiée de bifide aussi bien que de trifide ; elle ne diffère pas sensiblement des selles suivantes. Par contre, le lobe siphonal est bien plus court que sur la figure de d'Orbigny ;
Fio. 8. — Phyll. Calypso de Moghrane x 6 (d= 17; r = 10).
(1) Voir plus haut, p. la.
6o ETUDES DE PALEONTOLOGIE TUNISIENNE
il a tout au plus les a/S de la longueur du premier lobe latéral. En outre, la cloison s'abaisse davantage vers Tombilic.
Gisements. — Deux échantillons (coll. Aubert) recueillis, l'un au Dj. Telia (E du Dj. Oust), l'autre près de Moghrane (N de Zaghouan), au confluent des deux aqueducs. Probablement Barrémien.
Cette ammonite est Tune des plus souvent citées ; on la trouve en Algérie, aux Baléares, en Espagne (Andalousie), en Provence, dans le Dauphiné, etc.
Phylloceras Quettardl P Raspail
1831. Àmm. Guettardi Raspail: Ann. Se. d'observation, vol. IIl, p. 115, Pi. XII, (ig. 5. 1840. Id. d'Orbigny: Pal. fr., p. 169, PI. LUI, fig. 1-3.
Je rapproche de Ph, Guettardi, sans oser complètement l'y assimiler, une ammonite qui en présente la forme générale, mais dont les sillons sont peu marqués et à peine incurvés. Les cloisons s'accordent assez bien avec la figure de d'Orbigny, mieux même qu'avec les cloisons d'échantillons du S-E de la France. En eflet, ces derniers ont un premier lobe symétrique à trois branches, c'est-à-dire que les deux branches latérales se détachent à la même hauteur ; dans mon exemplaire, comme sur la figure de d'Orbignt, la branche externe est un peu plus forte et se détache plus bas que la branche interne.
Ces différences ne sont pas bien importantes et il est probable que nous avons afl'aire à une simple variété de Ph. Guettardi ; peut-être s'agit-il du véritable Ph, Carlavantii d'Orbigny (*).
Gisement. — Si la détermination de mon unique exemplaire (coll. Fligk.) est correcte, celui-ci indique la présence de l'Aptien à ben Bezina, près de Mateur. Phyll, Guettardi caractérise, en efl*et, l'Aptien des régions méditerranéennes.
Phylloceras late-umbiilcatum Pervinquière 1907
Pï. m, fiK. i3 ac, i/j, i5 a-c
Diamètre 6 (1) 16 (1)
Hauteur du dernier tour 2,2 (0,37) 6,6 (0,41)
Urgeur de l'ombilic 2,2 (0,37) 6 (0,37)
Coquille discoidale, peu renflée, à aspect lytocéroïde. Tours lisses, ovalaires, un peu aplatis latéralement, se recouvrant un peu plus qu'à moitié et s'accroissant plus vite en hauteur qu'en épaisseur. Ombilic ex traordinai rement large pour un Phylloceras et peu profond. Flancs marqués, par tour, de 5 sillons profonds, complètement reclilignes dans la jeunesse, à peine flexueux plus tard, traversant
(i) d'Orbight: Prodrome, vol. Il, p. ii3, n* a3.
CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES 6î
la région ventrale sans s'infléchir. Cloisons (fig. 9) composées de selles bifides à
terminaison phylloïdienne des plus net-
tes; lobes trifides, le premier lobe latéral ^ A ^ l V< Oo
dépassant de beaucoup le lobe siphonal, /f^N V d 7 \ 2 P?
surtout à rétat adulte. Les deux pre- v Ùl ^ \/ t
mières selles sont presque de même bau- \J
teur, mais à partir de la troisième se fait p,^ 9 p^^^^^ late-umbiiicatum x 8 (éch. pi. m,
une chute brusque de la cloison. flg. i3;r = 6).
Rapports et différences. — Par la largeur anormale de son ombilic, cette ammonite se distinguera immédiatement de tout autre Phylloceras ; d'autre part, le caractère de la cloison ne permet pas de douter de Tattribution générique. Au surplus, on voit réalisée ici, à l'état adulte, une forme qui se rencontre chez les très jeunes PA. Calypso et qui se retrouve moins accentuée dans quelques rares espèces, telles que Ph. decipiens Kossmat. La cloison rappelle d'ailleurs beaucoup celle de Ph. Calypso et aussi celle de Ph, decipiens.
L'ammonite qui nous occupe paraît être celle qui a été désignée plusieurs fois dans le Midi de la France sous le nom de Ph. Carlavantii (^), espèce du Prodrome que d'Orbigny définit ainsi : « Espèce voisine de VA mm. Tairicus, mais pourvue de larges sillons droits, lisse au milieu, striée au pourtour. Hièges. » (Aptien). Le rapprochement avec Ph. Tatricum permet déjà de penser que Tombilic n'est pas aussi large que dans notre espèce. D'ailleurs je suis allé examiner au Muséum le type de Ph. Carlavantii et j'ai pu constater qu'il n'avait rien de commun avec Ph. late-umbilicatum. C'est un Phylloceras très voisin de Ph. Guettardi, mais plus mince, avec des sillons moins arqués et moins profonds. Je ne vois aucune autre ammonite avec laquelle il puisse être utile de comparer notre espèce.
Gisement. — Deux échantillons (coll. Aubert) trouvés entre Béjà-gare et l'Oued Zerga. Limite de l'Aptien et de l'Albien, d'après les autres fossiles qui les accompagnaient (Piych. lœve, Douv. Bigoureii\.
Genre LTTOGERAS Suess
Le genre Lyloceras a été créé par Suess pour des ammonites discoïdales à large ombilic et à tours peu embrassants, dont les flancs sont lisses ou ne portent qu'une faible ornementation ; les éléments de la cloison sont peu nombreux, les lobes et selles divisés par parties paires, sauf quelques exceptions pour les selles.
Les représentants de ce genre sont tellement nombreux qu'on a dû démem-
(1) d'Orbigiit : Prodrome, vol. II, p. ii3, n* a3.
brer celui-ci en une certaine quantité de sous-genres, qui pourraient évidemment être élevés à la dignité de genres ; néanmoins, toutes ces ammonites possédant un ensemble de caractères communs, qui permettent de les reconnaître immédiatement, je crois devoir conserver l'unité du genre Lyioceras.
Nous limitant aux formes du Crétacé représentées dans notre collection, nous pourrons distinguer les groupes suivants :
1). Lytoceras sensu stricto Suess ; type : A mm, Jimbriatus.
II). Costidiscus Uhlig (*) ; type : Amm. reciicosiatus. Tours un peu embrassants, ornés de côtes droites, rarement Ijifurquées, de constrictions, parfois do tubercules. Cloison à éléments divisés par parties paires et très découpés.
III). Gaudryceras de Grossouvre ; type: Amm. mitis v. IIauer. De Guossoimvl, qui a créé le terme (•), lui donnait une valeur générique. Kossmat (') l'a réduit à l'état de sous-genre et a montré que le genre proposé par de Grossoivrf: ('Init hétérogène. Il en a exclu certaines formes, pour lesquelles il a proposé le sous-«r( nro TetragoniteSy et a limité le sous-genre Gaudryceras au groupe de Lyt, mile, Sacya. etc. Ce sont des ammonites peu involutes, à section souvent ovalaire, plus haute que large, à arrêts périodiques de croissance, généralement marqués par des bourrelols internes de la coquille, qui se traduisent sur le moule par des sillons onduleiix. Les côtes, toujours grêles, filiformes, décrivent la même courbe que les sillons ; quelquefois légèrement incurvées en arrière sur les parois de Tombilic, elles sont franchement obliques en avant à partir du bord ombilical, puis s'intlécliissenl m arrière et reviennent en avant près du bord ventral, de manière à décrire ainsi un S sur les flancs ; sur la région ventrale, les côtes dessinent une courbe c(uivexe eu avant, mais il y a quelques exceptions.
Les éléments de la cloison (fig. lo) sont particulièrement drcoupr's : le lobe externe (*), long et étroit, a la même longueur que le premier h)\)c lalrral. Les selKs sont bifides. Outre les deux premiers lobes (latéraux), il y a touj(jurs un < erlain nombre de lobes auxiliaires. La partie interne de la cloison coniprorKl un proioiul lobe antisiphonal terminé par deux pointes divergentes el muni de nunilicalinus à angle droit ; une petite selle le sépare seule du dernier lo])(' onihilical ixlcrnc. lequel est toujours oblique. Vue de face, la cloison ne monlre (juutic >v\i\r v interne de chaque côté du lobe antisiphonal (caractère dislinclir j)ar rapjH»?! sous-genre Tetragonites).
Le sous-genre Gaudryceras se distingue des vrais Lytoccrfis (Fimhriad) j que ces derniers ont une moindre involution, des coles recliligin^. MMi])lrir gaufrées, une cloison plus réduite (deux lobes latéraux en tout, s.ins l(»l»c^ ;iii\lli;iiï
vWr
au
(i)Uiilig: Wcrnsdorf, p. 6i.
(a) DE GnossoLVRE : Amm. Craie supérieure, p. 3 35.
(3) KossMAT : Sûdind. Krcidef., p. ly.
(4) Dans tous ces Gaudryceras, il est impossible de voir rrxln'niil- <!• dairc séparant les deux branches du lobe externe; celles-ci ont l'iiir «l.- -c t -ni droites (qui sont probaljlement les côtés du siphon). J'ai cni .IrN.iir !■ pi qu'on les voit et ne pas reconstituer la courbe convexe (cxlrcuiilé de la -• branches.
jàufm teUes pllHMl p» ddux
Je renvoie d'ailleurs au travail de Kossmat pour la discussion de ce genre et des espèces qu'il y a lieu d*y faire entrer.
Dans un travail qui vient de paraître, Jacob (^) nous apprend que le sous-genre Gaudryceras est déjà distinct dans TAplien, où il est représenté par YAmm. Numidus Coq., qui sera l'origine de nombreuses formes du Crétacé moyen et supérieur. Ce même auteur réduit le sous-genre Gaudryceras au premier groupe distingué par Kossmat, celui du Lyt. Sacya Forbes, groupe qui comprend déjà une trentaine d'espèces, auxquelles il faut ajouter : Gaudr. Dozei Fallot et Gaudr, Flicki décrit plus loin.
IV). KossmateUa Jacob est le nom proposé pour le deuxième groupe de Kossmat, celui de YAmm, Agassizi Pictet.
Les formes de ce groupe se distinguent immédiatement par la présence de nodosités sur le pourtour de l'ombilic ou de côtes radiales, un peu onduleuses, non parallèles aux sillons. La cloison, très découpée, présente une chute très brusque vers Tombilic, autrement dit, un lobe suturai très accentué. Dans l'espèce que je décris plus loin, la première selle perd sa bifîdité.
Outre l'espèce type, ce groupe ne comprend guère qu*Amm. Marui Stol., Amm, Miihlenbecki Fallot et Amm. Chabaudi Fallot. Jacob mentionne d'autres espèces, qui ne sont pas encore décrites. ^
V). Tetragonites Kossmat ; type : Amm. Timotheanus Pictet. Dans le type, les tours sont relativement involutes et croissent rapidement ; la section est trapézoïdale, les flancs et la région ventrale sont plus ou moins aplatis et bien distincts. La coquille possède de fines stries d'accroissement (différentes des côtes filiformes des Gaudryceras) et des bourrelets (sillons sur le moule) partant de l'ombilic obliquement en avant, puis s*infléchissant en arrière, de façon à présenter généralement sur la région ventrale une courbure légèrement concave en avant (plus rarement convexe). Les côtes et les stries d'accroissement décrivent la même courbe.
La cloison (Y\g. i4) se fait remarquer par le grand développement du lobe siphonal (divisé par une sellette siphonale en forme de flèche), qui atteint ou dépasse la longueur du premier lobe latéral. Tous les lobes sont franchement bifides, tandis que les selles sont trifides (•). A la suite de la deuxième selle latérale (troisième au total), se voit une série de selles auxiliaires dont les deux premières ont seules une importance notable. Le sommet de toutes les selles est en ligne droite. Il y a, au moins, quatre selles internes (deux de chaque côté), semblables aux selles externes et croissant en hauteur vers le lobe antisiphonal, lequel se termine par deux petites pointes divergentes. .
Ce sous-genre comprend un certain nombre d'espèces réparties entre le Néocomien et le Sénonien.
VI). Pseudophyllites Kossmat ; type : Amm, Indra Forbes.
La seule espèce du sous-genre est remarquable par son enroulement relativement
(i) Jacob: Et. partie moy. t. crét., p. 6i.
(a) Cette trifîdité des seUes est déjà bien nette sur le deuxième tour, à un rayon dépassant à peine I mm. (fig. i3). D'après ce caractère, il est permis de douter que Tetragonites soit un sous-genre de Lytoceras; il faudra sans doute en faire un genre indépendant.
serré, son accroissement très rapide, ses côtes très fines et nombreuses, dessinant sur les flancs une large convexité tournée en avant, ses épaississements externes du test, régulièrement distribués tous les 5 mm. environ (traces d'anciennes bouches), ses lignes spirales et ses cloisons, dont les selles trifides sont phylloïdes dans le jeune âge, les lobes étant bifides ; avec Tâge, les éléments de la cloison se multiplient et se découpent considérablement.
Ce sous-genre ne parait pas représenté en Tunisie ; aussi nous ne nous y arrêterons pas. ^
VII). Cicatrites Anthula ; type : Lyt. Abichi Anthula. Ce sous-genre, créé pour J
une espèce de l'Aptien du Caucase, s'éloigne déjà tellement de Lytoceras qu'il vaudrait f
sans doute mieux en faire un genre indépendant. Je n'en connais pas de rcprésen j
tant en Tunisie. P