‹ Études de paléontologie tunisienne. I-[II]Chapitre 6 sur 84 · SYSTÈME JURASSIQUE · texte numérisé non relu

SYSTÈME JURASSIQUE

NAUTILOIDES

Genre NAUTILUS Breyn

Sous-Genre HERGOGLOSSÂ Conrad em. Meek

Ce sous-genre, proposé d'abord par Conrad (^), a été appliqué par Meek (*) à des Nautilidcs unissant des caractères de Nautilus et d'Aturia.

Ce sont des coquilles plus ou moins discoïdes, à ombilic étroit, à région ventrale étroite, arrondie ou plate, à flancs lisses ou montrant des lignes d'accroissement. Leur principal caractère g\i dans Tallure anguleuse des cloisons, dessinant un profond lobe au milieu des flancs et le début d'un autre lobe près de l'ombilic ; il y a deux selles anguleuses ou un peu arrondies de chaque côté. Le type est Nautilus orhiculalus Tuomey (*).

Nautilus (Hercoglossa) MalbosI Pictet

1866. Naui. Malbosi Pictet : Mélanges Pal. Berrias, p. 60, PI. IX, fig. 2, 3. 1889. Id. Pomel: Lamoricière, p. 31, PI. XIII, fig. 15. 1903. Id, Peryinquièrë : Et. géol. Tun. cent., p. 34.

Cette espèce est facile à reconnaître à sa forme comprimée, à ses flancs lisses, peu bombés, à sa région ventrale presque plate, formant avec les flancs un angle un peu émoussé, et à ses cloisons fortement sinueuses. Celles-ci dessinent sur la

(i) Conrad: Amer. Joum. Conchol., vol. Il, p. loi. (a) Meek : Invert. Cret. foss., p. i^gi.

(3) Pour la discussion de ce sous-genre et ses relations, voir l'ouvrage de Meek, ainsi que le Catalogue de A. H. FooRD.

lO ETUDES DE PALEONTOLOGIE TUNISIENNE

région ventrale un large V, une sorte de lobe, suivi de chaque côté par une selle, dont le sommet se trouve sur Tarête séparant les flancs de la région ventrale. La moitié des flancs est occupée par un lobe large et profond, se terminant par un angle un peu arrondi ; ce lobe est suivi par une selle arrondie et par le début d'un deuxième lobe se perdant dans Tombilic.

Rapporta et différences. — Cette espèce ne pourrait être confondue qu'avec Naut. Dumasi Pictet (^) et avec Naut. Sirambergensis Oppel (*), mais le premier a la région ventrale arrondie et la ligne sulurale moins anguleuse. ' Il en est de même pour TV. Sirambergensis ^ où la cloison traverse la région ventrale presque en ligne droite. Quant à Naut. Geinitzi Oppel ('), il a des cloisons encore bien plus anguleuses, et l'extrémité des lobes (d'ailleurs beaucoup plus longs) n'est jamais arrondie.

Gisement. — Un seul échantillon du Nord du Dj. ben Saïdan (Koudiat 46o). Tithonique inférieur. Le type provient de Berrias. Cette espèce paraît rare partout.

(i) Pictet: Mél. pal., p. Ci, Pl. X, ûg. a. (a) Zittel: Stramberg, p. ^a, Pl. II, fig. S-ii.

(3) Zittel : Ibid., p. lib, Pl. Il, fig. i 7. Cette dernière espèce est identique à N. aturioides Pictet (Berrias, p. 63, Pl. XI, fig. i et a.)

AMMONOIDES

Genre PHTLLOCERAS Suess

Les caractères des Phylloceras sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de les rappeler ; on les trouvera discutés dans les ouvrages de Suess, Zittel, Neumayr.

Nous avons à citer ici des représentants des quatre groupes jurassiques établis par Neumayr :

i). Groupe du Ph, heterophyllwn (Ph. isotypum, sérum).

2). Groupe du Ph, ialricum (Ph. semisulcatum).

3). Groupe du Ph. Capitainei (Ph. Manfredi, Benacense).

4). Groupe du Ph. ultramonianum (Ph. Calypso).

Nous avons également recueilli de ces Phylloceras à large ombilic, confondus longtemps avec les Rhacophyllites du Trias et du Lias, pour lesquels Parona et BoNARELLi {^) ont proposé le nom de Sowerbyceras . Ils diffèrent des Phylloceras par un ombilic beaucoup plus large (laissant voir la moitié ou le tiers des tours antérieurs), à paroi verticale ou très inclinée, par des flancs peu bombés, portant toujours des sillons fortement tordus et parfois bordés de bourrelets, par une région ventrale large et peu convexe, par des cloisons moins découpées (éléments presque symétriques ; selles terminées par des feuilles sessiles en palettes ovales ; première selle latérale iaterne monophvllienne ; lobe siphonal aussi long et aussi large que le lobe latéral supérieur). Nous acceptons cette coupure, mais en lui donnant seulement une valeur subgénérique. Dans ce groupe, nous avons à citer Ph. ioriisulcatum et Ph. Loryi.

Phylloceras Isotypum Benecke

1865. Amm. isotypus Be.nf.cke: Trias und Jura in Sûdnlpen, p. 184, PI. VU, fig. 1-2.

1870. Phyll. isotypum Neumayr : Phyiloceraten, p. 18, PI. Xlïl, fig. 3.

1872. Id. Gemmellaro : Faune giuresi, p. 30, 176, PI. VIII, fig. 1.

1903. Phyll. du groupe de Phyll. heterophijllum Pervixquièbe : Et. géol. Tun. cent., p. 34.

Deux ammonites du Dj. ben Saïdan paraissent se rapporter à cette espèce, dont elles ont le petit ombilic, les flancs plats, peu ornés, et la région ventrale élargie. Une autre ammonite du même gisement est plus mince, ce qui la rappro-

(i) Parojta et BoiiARELLi : CaHovien inférieur de Savoie, p. 86.

la ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

cherait de Pfi, saxonicam Neuma.tr (^), mais elle n'a point la dépression infundibuliforme, ni la rosette de sillons de l'ombilic.

Les cloisons de ces ammonites paraissent relativement simples, comme dans Ph. isotypam, mais elles sont trop usées pour qu'on puisse rien affirmer à leur sujet.

Gisement. — Ces trois ammonites proviennent du Tithonique du Dj. ben Saïdan (versant Nord). L'espèce est connue dans les Alpes méridionales, la Sicile, etc., où elle habite les couches à Aspid. acanthicum.

Phylloceras sérum Oppel

PI. I, fig. 3 ab

1865. Amm. serus Oppel: Die Titbonische Etage, p. 550.

1868. PhylL sevurn Zittel : Stramberg, p. 66, PI. VII, fig. 5-6.

1890. id. ToucAS : Tithonique Ardèche. p. 574, PI. XIII, fig. 2. I

1901. Id. Sayn: Amm. valangiennes S-E France, p. 7, PI. I, fig. 6-8. '

1903. 7d. Pervixquière : Et. géol. Tun. cent., p. 32.

Quelques ammonites ferrugineuses du Dj. Klab paraissent se rattacher à Ph, se- '

runif dont elles ont l'ombilic très petit, la faible épaisseur et le dernier tour très }

haut, ce qui indique un accroissement très rapide. Toutefois l'ombilic n'est pas aussi ;

franchement en entonnoir que dans le type figuré par Zittel et les flancs ne présentent pas de méplats à proprement parler, mais ce sont là précisément des difl*érences que Satîn signale chez les jeunes individus. Un des échantillons montre les fines j

stries habituelles, tandis que les autres (moules internes) sont lisses ; par contre, ils possèdent, non pas des sillons, mais de très légères dépressions incurvées en arrière, de façon à rester tangentes au sommet de toutes les selles. Je n'ai vu ce caractère indiqué nulle part ; aussi me paraît-il utile de faire figurer un de mes échantillons. Peut-être s'agit-il d'une variété locale.

Gisement. — 5 exemplaires pyriteux du Dj. Klab.

Cette espèce, dont le type provient du Tithonique, persiste dans le Crétacé inférieur, où elle semble même plus commune. On en connaît des représentants jurassiques à Stramberg, en Sicile, etc.

Phylloceras semisulcatum d'Orbigny

1840. Amm, fiemisulcatus D'OnaiGNY : Pal. fr. Ter. Crét., p. 172, PI. LUI, fig. 4 6.

1847. Amm. ptychoiais Quenstedt: Cephal., p. 219, PI. XVII, lig. 12.

1867. Amm. semisulcatus Pictet: Mélanges pal. Berrias, p. 67, PI. XI, fig. 3-4.

1868. PhylL ptychoicum Zittel: Stramberg, p. 59, PI. IV, fig. 3-9; Aelt. Titlionb., p. 153,

PI. XXV, fig. 11-13.

1890. Id, ToucAs: Tithonique Ardèche, p. 575, PI. XIII, fig. 3; p. 592, PI. XV, fig. 4-6. 1903. Id, Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 35.

(i) Neumatr : Phylloccraten, p. 19, PI. XIII, iifr. ^; XIV. i-a.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES l3

HÉBERT, PicTET, puis KiLiAN oiit montré l'identité de Phyll. semisukalam et de Phyll, ptychoicum ; le premier n'est que le jeune de l'autre.

Je n'ai pu retrouver l'échantillon du Dj. Oust, cité par Aubert, mais à mon dernier voyage j'ai recueilli, dans cette même localité, une ammonite un peu roulée, dont la détermination n'est cependant pas douteuse. On voit à la fois les sillons ombilicaux tordus et les bourrelets de la péripliérie. Au contraire, quelques petits spécimens pyriteux du Klab (couche 5 a) ne montrent que les sillons.

Gisements. — Cette espèce est également répandue dans le Tithonique et le Néocoinien des régions méditerranéennes. Me limitant ici au Jurassique, je n*ai à citer qu'un échantillon du Dj. Oust et trois du Dj. Klab (5 a).

Phylloceras cf. Manfredl Oppel

1863. Àmm. Manfredi Oppel: Jur. Ceph., p. 215, PI. LVII, fig. 2 a-c.

1871. Phylloceras Manfredi Neumayr : Phylloceraten, p. 37, PI. XIV, Rg. 8.

1903. Id. Pervinquikre : Et. géol. Tun. cent., p. 31.

J'ai cité sous ce nom trois petites ammonites du N du Zaghouan ; il est d'ailleurs bien difQcile de dire s'il s'agit réellement de cette espèce ou de Ph. Puschi Oppel. Toutefois les deux premières selles se terminent par deux larges folioles, en dessous desquelles s'en voient deux autres, mais il n'y a pas quatre folioles atteignant la môme hauteur, comme dans la cloison du Ph. Puschi figurée par Neumayr.

Gisement. — 3 petites ammonites provenant du Dj. Zaghouan (montée du télégraphe, vers 700 m.). En Europe, cette ammonite caractérise l'Oxfordien (zone à Peltoceras transversariiim) .

Phylloceras cf. Benacense Catullo

1847. Àmm, Benacensis Catullo: Prodrome, Sec. append., p. 9, Pl. Xlll, fig. 1 a-b. 1871. PhylL Benamice Neumayr: Phylloceraten, p. 40, Pl. XV, fig. 3. 1877. Id. Favre: Zone à Amm. acanthicus, p. 14, Pl. II, fig, 1 ab. 1877. Id. GcMMELLARo: Faune giuresi, p. 180, Pl. XV, lîg. 1; XVII, 1. 1903. Id. Pervinquière: El. géol. Tun. cent., p. 34.

Par sa forme générale, ses sillons peu nombreux (5) et presque droits, une ammonite du ben Saïdan s'accorde bien avec les figures de Favre et de Gemmellaro, mais il est douteux que celles ci se rapportent à l'espèce de Catullo et de Neumayr, dans laquelle l'ombilic est plus large et possède des parois verticales. L'étroitesse et le peu de profondeur de l'ombilic s'ouvrant dans une légère dépression sont des caractères offerts par PhylL Kochi Oppel (^), dont notre ammonite a

(i) ZiTTBL : Stramberg, p. 65, Pl. VI, fig. i a, 6, c ; VII. i-a.

l4 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE ÏUNISIENISE

également la forme, mais elle s'en éloigne par ses sillons droits, caractère qui se retrouve dans Ph, Berriasense (var. de Ph, Calypso) ; seulement, dans cette dernière forme, les sillons sont beaucoup plus nombreux.

Gisement. — Un seul échantillon du Tithonique du ben Saïdan (flanc nord).

Phylloceras Calypso d'Orbigny

1840. Amm. Calypso d'Orbigny : Pal. fr. Ter. Crét., p. 167, PL LU, flg. 7-9. (non T. Jurass. p. 342, PL ex, fig. 1-3).

1866. Id. Hébert: Cale, à Ter. diphya de la Porle-de-Francc, B. S. G. F. (2), vol. XXIII,

p. 526, fig. 1.

1867. Amm. BevriasensU Pictet : Mélanges pal., p. 70, PL XII, fig. 1 a-c ; p. 227, PL

XXXVII bis, fig. 2.

1868. Phyll. Silesiacum Oppel in Zittel: Straraberg, p. 62 et 157, PL V, fig. 1-7. 1870. Id. Gemmellaro : Cale, a Tereb. janitor, p. 30, PL IV, fig. 3-5.

1889. Amm. Berriasensis Pomel: Lamoricière, p. 34, PL II, Vig. 1-4.

1896. Amm. Calypso P. Lory : Remarques sur rAmm. Calypso d'Orb. Ann. Université

Grenoble, vol. VIII, p. 551, PI. sans n°. (Voir le reste de la bibliographie dans

Zittel et P. Lory).

1903. Phyll. Silesiacum Pervinquière : Et. géol. Tun. cent., p. 33, 35.

Hébert a montré depuis longtemps l'identité de Phyll. Calypso et de Phyll. Silesiacum. P. Lory a complété la démonstration et l'a étendue à Ph. Berriasense Pictet.

Un échantillon de grande taille (lo cm.) appartenant à la collection Aubert répond exactement à la figure de Zittel. Les sillons, au nombre de 8, sont modérément incurvés en arrière. Le lobe siphonal est beaucoup plus court que le i**' latéral. Les échantillons que j'ai recueillis au Dj. Oust sont de plus petite taille (3-6 cm.) et en général assez frustes. Les sillons ont une allure un peu variable; ils sont plus fortement incurvés dans les petits individus. Enfin les spécimens du Klab et du Rouass sont tous pyriteux et de petite taille. Ils présentent quelques différences dans leur proportions relatives. Les uns ont bien la forme figurée par d'Orbigny, mais les sillons, moins incurvés, rappellent ceux de Ph. Berriasense. D'autres individus (5-io mm.) sont relativement plus épais au pourtour, ont les flancs plus plats et un ombilic notablement plus large ; il n'y a cepeiTdant pas lieu de les séparer des autres, car Sayn (') a montre que. dans le jeune âge, VAmm. Calyp^'o avait un ombilic beaucoup plus large que dans l'adulte. Je note cependant qu'un échantillon de 23 mm. a conservé la forme des jeunes et leur large ombilic (4 mm.); je ne saurais dire s'il s'agit d'une espèce spéciale.

Gisements. — Cette espèce appartient aussi bien au Tithonique qu'au Néocomien. Je ne cite ici que les représentants jurassiques, mais la même espèce se retrouve dans le Yalanginien du Dj. Oust.

Aubert a indiqué cette ammonite dans le Berriasien du Dj. Oust. Je n'ai retrouvé

(i) Satr : Amm. valangienncs S-E France, p. 9, PI. Il, fig. l^.

CÉPHALOPODES DES TERRAINS SECONDAIRES l5

dans sa collection qu'un bel échantillon du Dj. ben Saïdan, mais j'ai recueilli moi-même l'espèce au Dj. Oust. Je Tai déjà citée au Dj. Klab et au Dj. Rouass. Tithonique inférieur pour le bcn Saïdan, le Klab et le Rouass ; Tithonique supérieur pour rOust. Cette espèce est connue dans toute la région méditerranéenne.

Phylloceras (Sowerbyceras) tortisulcatum d'Orbignt

1840. Àinm. toriisulcatus d'Orbïgny : Pal. fr. T. Crét., p. 162, PI. LI, ûg. 4-6 (cilée par

erreur). T. Jurass., p. 506. PI. CLXXXIX. 1903. Phylloceras tortisulcatum Peiivinquièue : Et. géol. Tun. cent., p. 31.

Je rapporte à cette ammonite bien connue deux fragments et quelques jeunes exemplaires. L'un de ces fragments est singulièrement voisin de Ph. Loryi Munier- CiiALMAs; cependant, le créateur de cette dernière espèce était d'avis que les ammonites mentionnées ici appartenaient bien à Ph, tortisulcatum. Elles sont d'ailleurs associées à des espèces oxfordiennes (Oppelia Arolica Oppel, etc.).

Gisements. — Un fragment du Dj. Klab ; un fragment et trois petites ammonites du Dj. Zaghouan (montée du télégraphe). Baltzer cite également cette espèce \ au bou Kournin et au Fkirine, mais, dans ce dernier cas, il s*agit presque certai-

nement de Ph, Loryi Munier-Chalmas .

i Phylloceras (Sowerbyceras) Loryi Munier-Giialmas in litt.

\ PI. I, fig. 1-2

1871. Phylloceras tortisulcatum Gemmellaro: Cale, a Tereb. jaoitor, p. 49, Pl. X, fig. 1 a-b,

1875. Amm. Loryi Hébert: Observ. sur la colline de Lémenc, B. S. G. F. (3), vol. III, p. 388

(note).

1876. Amm. Silenus Dumortier et Fontannes: Zone à Amm. tenailobatus Crussol, p. 33,

Pl. V, fîg. 2.

1877. Id. Gemmellaro : Faune giuresi, p. 185, Pl. XVI, Gg, 1-3.

1877. Phyll, Loi-yi Favre: Zone à Amm. acanthicus, p. 19, Pl. I, fig. 14-15. 1879. PhylL Silenus Fontannes : Château de Crussol, p. 6, Pl. I, fig. 6. 1889. RhacophyllUes loryi Kilian: Andalousie, p. 626, 643, Pl. XXVII, fig. 3 a-h. 1903. Phyll, Loryi Pervinquikre : Et. géol. Tua. cent., p. 34.

Je ne referai pas l'historique de cette espèce, déjà fait par Kilian, qui a confirmé l'identité de PhylL Loryi et de Phyll. Silenus. Je me bornerai à rappeler les caractères distinctifs de cette ammonite vis-à-vis de Phyll. tortisulcatum ; les deux espèces sont, en effet, très voisines et on aura souvent de la peine à les distinguer, car les différences ne me semblent pas si constantes qu'on l'a dit. Les caractères différentiels sont les suivants : Phyll. Loryi a un ombilic plus étroit que PhylL tortisulcatum, et les parois de cet ombilic sont en entonnoir, au lieu d'être verticales. Dans la première espèce, l'épaisseur des tours est plus grande, la région ventrale

l6 ÉTUDES DE PALÉONTOLOGIE TUNISIENNE

plus élargie et plus convexe, se raccordant progressivement avec les flancs, sans former d'angle ; les sillons sont plus anguleux ; ils montrent un rebroussement très net au milieu des flancs (où ils sont souvent atténués) ; près du pourtour, ils se redressent de nouveau et se dirigent en avant pour traverser la région ventrale presque en ligne droite. Dans Phyll. iortisulcaiam, les sillons sont moins brusquement incurvés, mais surtout ils sont persistants ; les tours anciens montrent donc des siUons aussi accentués que ceux de la loge d'habitation. Dans PhylL Loryi, on voit 3 ou 4 siUons sur la loge d'habitation, quelquefois un sillon et l'indication d'un autre sur la partie cloisonnée, mais c'est tout ; les premiers tours sont lisses. Favre a montré que les varices internes, déterminant la production de ces siUons sur les moules, se résorbaient progressivement à partir de l'ombilic ; aussi ne voit-on plus trace de ces sillons sur les tours internes. Cette circonstance m'avait échappé et, de fait, les Phylloceras que j'ai mentionnés dans mon Élude géologique (p. 34) comme voisins de PhylL Loryi sont simplement des moules de cette dernière espèce, cloisonnés jusqu'au bout et par conséquent dépourvus de loge et de sillons.

Par suite de ces difl^érences, il m'a paru utile de faire figurer un échantillon muni de sillons et un autre qui en est dépourvu.

La cloison a été complètement figurée par Gemmellaro (Faune giuresi, PL XVI, fîg. a); elle comprend 7 selles externes et 4 internes. D'après cet auteur, la première selle externe se terminerait par deux folioles, tandis qu'il y en aurait trois dans Phyll. tortisulcaium ; les autres selles externes seraient aussi diphylliennes, tandis que les selles internes seraient monophylliennes. En somme, la cloison difl^ère peu de celle de Ph, tortisulcaium et ne peut fournir de caractères distinctifs. 11 ne me paraît d'ailleurs pas douteux que ces deux espèces ne soient étroitement alliées.

Gisements. — C'est peut-être l'ammonite la plus commune du ïilhonique de Tunisie. La collection Aubert en renferme 3 échantillons du Dj. ben Saïdan et un autre du Zaghouan. J'ai moi-même* trouvé au pied N du Dj. ben Saïdan, sur cette montagne, ainsi qu'entre celle-ci et le Fkirine, une vingtaine d'exemplaires plus ou moins bien conservés. Un petit spécimen pyriteux du Dj. Rouass (couche n' 5) présente l'ombilic relativement large de Phyll. Loryi ; à vrai dire, il est dépourvu de sillons, mais on ne peut tirer aucune conséquence de ce fait, car l'échantillon est cloisonné jusqu'au bout.

Cette espèce se rencontre dans le Tithonique inférieur et moyen. Elle est désormais connue en France (Ardèche, Savoie), en Suisse, en Italie, en Sicile et en Andalousie.

Genre LYTOGERAS Suess Lytoceras polycyclum Neumayr

PI. I, ûg. h a-b '

1873. Lytoceras polycyclum Neumayr : Sch. mit Aspid. acanlhicura, p. 20, PI. XXXI»

1877. Id. Gemmellaro : Faune giuresi, p. 188, PI. XVI, fig 5. 1903. Id. Pervinouière : Et. géol. Tun. cent., p. 32, 34.

Diamètre 14 (1)

Hauteur du dernier tour 4,5 (0,32)

Épaisseur du dernier tour 4,5 (0,32)

Largeur de l'ombilic 6,5 (0,47)

Page 1