LOI DE BELL
les racines postérieures, donc les racines antérieures des nerfs en sont les racines motrices, les postérieures sont les racines sensibles ; c’est par les premières que les excitations volontaires arrivent aux muscles suivant une direction centrifuge, c’est parles secondes que les impressions sensitives arrivent au cerveau suivant une marche centripète.
De là résulte que l’excitation artificielle des racines antérieures a pour résultat des contractions musculaires, et que l’excitation des racines postérieures a pour effet des sensations douloureuses; phénomènes qui apparaissent avec la plus grande netteté lorsqu’on coupe en travers les faisceaux de racines, sur lesquels on veut expérimenter. Alors, en effet, on constate que l’irritation du bout périphérique de la racine antérieure est suivie de mouvements qui ne diffèrent en rien par leurs caractères des mouvements ordonnés par la volonté, tandis que l’irritation du bout central de la même racine ne produit aucun effet de motilité ni de sensibilité. En revanche, l’excitation du bout excentrique de la racine postérieure est sans résultat aucun, mais l’excitation du bout central détermine une douleur vive, contre laquelle l’animal réagit d’une façon non équivoque.
Le théorème de Bell touchant les racines des nerfs, fut bientôt après vérifié par Magendie, et surtout par Müller et Panizza (1) ; aujourd’hui il serait superflu d’insister sur une proposition à laquelle des démonstrations
(1) Magendie, Note sur le siège du mouvement et du sentiment dans la moelle épinière ( Journ . de physiologie , 1823) * — Leçons sur les fonctions et les maladies du système nerveux. Paris, 1839*
Müller, Nouvelles expériences sur Veffet que produit l'irritation méca •
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successives ont donné toute la valeur d’un axiome. Mais il ne sera pas hors de propos de signaler deux phénomènes qui semblent au premier abord porter une grave atteinte à la loi précédente, je veux parler de la sensibilité récurrente et de la contraction paradoxale.
Sensibilité récurrente. — Les racines antérieures ne conduisent pas les impressions sensitives vers les parties centrales, c’est vrai; mais ces racines ne sont pas dépourvues de sensibilité, et leur section produit toujours une douleur assez vive. Cette sensibilité des racines antérieures, découverte par Magendie, constatée plus tard par Cl. Bernard et Schiff (1), disparaît lorsqu’on a coupé les racines postérieures correspondantes, et Magendie a fait connaître en outre ce fait remarquable : si l’on pratique la section de la racine antérieure entre la moelle et le trou vertébral, le bout central a perdu sa sensibilité, le bout périphérique l’a conservée intacte. Ces résultats prouvent que la sensibilité des racines antérieures leur est fournie par les racines postérieures, et que les filets nerveux, à la présence desquels est due cette propriété, ne viennent
nique et galvanique sur les racines des nerfs spinaux (An. des sc.nat., Zool., 1831. — Physiologie du système nerveux; trad. de Jourdan. Paris,
Panizza, Ricerche sperimcntale sopra i nervi. Pavia, 1834.
Comparez :
Seubert, De functionibus radicum anleriorum et posleriorum nervorum spinalium commentatio. Carlsruhe et Baden, 1833.
(1) Magendie, loc. cil.
Cl. Bernard, Recherches sur les causes qui peuvent faire varier l'intensité de la sensibilité récurrente ( Comptes rendus de V Acad, des sc., 1847). — Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux. Paris,
Schiff, Vierordt's Archiv für physiologische Heilkunde , X, 1850 — Lehrbuch der Physiologie des Menschen. Lahr, 1858.