‹ Études de philosophie ancienne et de philosophie moderne [microform]Chapitre 14 sur 105 · LES ARGUMENTS DE ZENON D'ÉLÉE CONTRE LE MOUVEMENT · texte numérisé non relu

LES ARGUMENTS DE ZENON D'ÉLÉE CONTRE LE MOUVEMENT

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Les arguments de Zenon d'Élée contre le mouvement ont été discutés bien des fois. Si c'était une raison pour n'y plus revenir, quel problème important de philosophie ne mériterait d'être délaissé? Mais c'est moins la question métaphysique, si grave et en elle-même et par ses conséquences, que la question historique, que nous nous proposons d^examiner. Depuis l'époque lointaine où ces prétendus sophismes sont venus troubler et irriter la pensée humaine, il n'est peut-être pas un philosophe de quelque renom qui ait résisté à l'attrait du problème soulevé par la subtilité Éléatique, et qui n'ait dit / son mot au moins sur V Achille. Mais la pIupart,jusqu'ànotre^ r u ^^'^ siècle, se sont plutôt attachés à réfuter Zenon qu'à l'expli- j quer. Déterminer aussi exactement que possible le véritable sens de ces célèbres arguments dans la pensée de leur auteur, et sans nous interdire d'en apprécier la valeur, marquer avec précision le but auquel ils tendaient, voilà la tâche que nous nous sommes donnée.

Zenon, on le sait, partageait les idées de Parménide sur Tunité de l'Être; il voulut venger son maître des railleries dirigées contre lui, et réduire à l'absurde les thèses qu'on lui

..nîl Pour cela il se servit de deux séries d arguments opposait. Pour ceia mouvement; c^est

X * ;^rAnQ«;ihlp Le mouvement, s il est reei, aivibe ic

' ^n rlAuv rhoses lune : ou ces parties sont.divisibies rSi 'ou eu s s nt des éléments indivisibles. Zenon réfute fa première de ces suppositions par les arguments connus souslTnoms de la Dichotomie et V Achille; la seconde par la /i et le Stade. Les quatre arguments forment ams, un diemme. C'est ce que le premier, M. Renouv.er, a montré ^d r^chapitre des Essais de critique générale' consacré u Zenon d'Élée. Toutefois, il laisse de côté le quatrième argument le stade. Nous ferons voir au contraire que ce raisonnement qui a tant embarrassé et scandalisé les historiens, se ralUch; éLitement aux précédents et complète la démons-

''ÎeTquatre arguments forment un système d'une curieuse svmétrl. Le premier et le quatrième considèrent le continu et le mouvement entre des limites données; le second et le troisième les envisagent dans des longueurs indéterminées e quelconques. Dans le premier et dans le troisième, un seul mobile est chargé de réaliser le mouvement, et il se tiouve que le commencement même du mouvement est impossime. Le second et le quatrième, par la comparaison de deux mobiles en mouvement, rendent en quelque sorte plus sensible Vabsurdité de l'hypothèse, prouvent que le mouvement, même commencé, ne saurait continuer, et démontrent l'impossibilité du mouvement relatif aussi bien que du mouve-

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