‹ Études de philosophie ancienne et de philosophie moderne [microform]Chapitre 37 sur 105 · Ibid., chap. v, p · texte numérisé non relu

Ibid., chap. v, p

Brochard. — Études. ^.^

se placer au véritable point de vue et apercevoir l'enchaînement des causes naturelles. Il fallait donc, ou les abandonner à eux-mêmes, ou, par un moyen détourné, les amener au même résultat. C'est pourquoi Dieu leur a révélé la religion. La religion présente comme des décrets édictés par un législateur ou un roi les vérités qui résultent nécessairement de l'essence de Dieu. Elle remplace l'intelligence par l'obéissance, l'amour par la soumission et la piété ; mais, dans un cas comme dans l'autre, c'est la même vérité qui est enseignée sous deux formes différentes. La loi morale est l'équivalent de la loi naturelle, elle est la loi naturelle exprimée en un autre laneaee proportionné à la faiblesse humaine, mise à la portée de ceux qui n'ont pas le loisir ou le moyen d'approfondir la connaissance véritable. « Pour ce qui est de la loi divine naturelle dont le souverain précepte est, selon moi, qu il faut aimer Dieu ie lui ai donné le nom de loi dans le même sens ou les philosophes appellent de ce nom les règles universelles selon lesquelles toutes choses se produisent dans la nature '. » Mais, d'autre part, « tous les moyens nécessaires pour atteindre la fin suprême des actions humaines,je veux dire Dieu entant nue nous en avons l'idée, peuvent très bien sappeler des commandements de Dieu, puisque l'emploi de ces moyens nous est, en quelque sorte, prescrit par Dieu même, en tant qu'il existe dans notre âme, et par conséquent la règle de conduite qui se rapporte à cette fin peut aussi très bien recevoir le nom de loi divine '- ». Comme en Dieu 1 entendement et la volonté sont une même chose et ne diffèrent que par rapport à notre pensée, on peut dire également qu'il entend les vérités éternelles ou qu'il les prescrit comme des commandement» Ainsi « Adam comprit la révélation, non pas comme vérité éternelle et nécessaire, mais comme une loi, je veux dire comme un commandement suivi de récompense ou de punition, non par la nécessité même et la nature de 1 acte accompli, mais seulement pas le vouloir d un prince et par son autorité absolue' ». , . ,,

Il est à peine besoin de remarquer qu'en formulant cette

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