Part. II, Prop. II, t. I, p
2. Part. I, Prop. XV, Sch., p. 50. Cf. Ep., XII, t. II, p. 42.
BnocHARD. — Études.
clans ce cas. Les Stoïciens soutenaient aussi que Dieu et le monde ne font qu un, et ils allaient même bien plus loin n^Sn^za puisqu ils déclaraient que Dieu et le monde rt urcor;;Sle et tangible; cette théorie ne les empêcha t pas dlffirmer que Dieu ou la cause immanente du monde prend conscience de lui-même, qu'il se distingue de runive;s en un certain sens. Ils rappelaient même une Prolidence disposant toutes choses avec une nécessité absolue U est vrai, en vue du plus grand bien. Platon n'identifiait nas Dieu et le monde, mais il concevait Tâme du monde qui Lt un dieu omme inséparable de Tunivers, présen e egalennt à toutes ses parties, distincte cependant de cet univers comme l'àme humaine est distincte du corps quelle amme Ce dernier point de vue a prévalu dans un grand nombre de S ines philosophiques. On ne fait pas difhculte de se présent iLe, si inséparable quelle soit du corps, au moLs dans la vie actuelle, comme présente à toutes ses Ss et cependant distincte, non seulement du corps, mais mime de sesVopres états ou manières d'être. Il semble bien Le Ipinoza se soit arrêté à une conception analogue : bien au'idenUque au monde, Dieu se distingue de lui comme la ^ 1 HP ses effets et la substance de ses modes. Il prend rorcien\:r lut n y a une différence entre la nature nati.
''t: "1^'^^^^^^^ et de la liberté est aussi de
ceies sur lesquelles il est le plus malaisé de s'entendre et qui
ont S à Spinoza le plus grand nombre d'objections. Il
est curieux de^emarquer que la plupart des philosophes se
sont reproché les uns aux autres de limiter la liberté de
dTcu On a accusé Spinoza de la supprimer entièremen ;
2' lui même reproche aux philosophes anciens d avoir
norté ItteteT cetfe liberté en se représentant Dieu comme porte atte nie a ^^ ^^^^^^ ^^ ^^^^^^^^
rttrlief:: :nel qu-U n'^a pas choisie ^ Descartes nva t déià formulé la même critique. Il avait affranchi la dlvtité de cette sorte de contrainte extérieure et proc amé frUblrté a^ de Dieu; il avait soutenu que la volonté
t. Part. 1, Prop. XXXllI, Schol. II, t. I. p. 08.
LE DIEU DE SPINOZA
divine a librement établi la vérité et le bien. Quoique cette conception soit jugée par Spinoza fort supérieure à la précédente, elle ne lui paraît pas encore satisfaisante. Elle introduit, selon lui, l'indifférence et l'arbitraire dans la nature divine. La théorie de Spinoza concilie en quelque manière celle des anciens philosophes et celle de Descartes. Avec la première elle considère la vérité comme immuable et éternelle : c'est l'intelligence même de Dieu; mais avec la seconde elle place à l'origine de toutes choses la volonté en même temps que l'intelligence. La volonté est l'essence même prise comme active, et on peut dire que les vérités éternelles n'existent que parce que Dieu les affirme. Le Dieu de VÉthique, comme celui de Descartes, est affranchi de toute dépendance à Tégard d'une fin quelconque puisqu'il existe seul. Mais sa volonté n'est point indifférente, elle est déterminée nécessairement par son intelligence et, à vrai dire, ne fait qu'un avec elle. Pour Dieu, comprendre et agir sont une seule et même chose. Le philosophe s'inscrit en faux contre les partisans du fatum : Dieu est vraiment libre puisqu'il n'obéit qu'à lui-même*. Spinoza se flatte ainsi d'attribuer à Dieu la véritable hberté, puisque, s'il est déterminé, c'est uniquement par lui-même. Agir conformément à la raison, c'est pour un être raisonnable la suprême liberté : Socrate et Platon avaient déjà dit quelque chose de semblable. Spinoza a donc le droit de dire que Dieu est une cause libre. La hberté et la conscience se déduisent en même temps et de la même manière de son essence ^
Ainsi, à ne considérer même que ses attributs métaphysiques. Dieu apparaît dans VEihique comme doué de conscience et de liberté. Il faut songer maintenant que la pensée et l'étendue divines, les seules que nous connaissions clairement, ne sont pas tous les attributs de Dieu. Parmi les attributs en nombre infini que Dieu possède en outre, rien ne s'oppose à ce qu'il s'en trouve d'autres tels que ceux que l'on désigne ordinairement sous le nom d'attributs moraux. Spinoza est peut-être le plus dogmatique des philosophes; sa
i. Cf. Ep., XLllI, t. II, p. 170.