‹ Etudes de philosophie greeque & latineChapitre 7 sur 20 · PRÉFACE. XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIII

â rbumaDitéf elle lui présentait les signes visibles de i'àme; mais Tàme que, par induction, il allribuait aux animaux^ c'est en lui-même et au moyen de l'observation interne qu'il l'avait découverte. Toutes les grandes vérités métaphysiques qui éclatent dans sa philosophie de la nature, ont leur source dans le bon usage qu'il a fait, plus ou moins sciemment^ de la psychologie et de Tinduction fondée sur la psychologie; toutes les erreurs métaphysiques qu'il a commises au sujet de la nature, dérivent, soit de Tabus, soit de l'oubli de cette méthode. Dans l'un et l'autre cas, son exemple est un enseignement que feraient bien de recueillir ceux qui se flattent de constituer et de développer la philosophie de la nature en se passant de la philosophie proprement dite et de la science de l'âme.

Ce n'est pas tout. Nôn-seulement l'homme doué de raison et de liberté, mais le plus chétif insecte est une œuvre formée avec la plus sublime intelligence. Or, ni le scarabée, ni la fleur des champs, ni le grain de sable, ni Thomme si justement fier de ses nobles facultés, ne contiennent en eux-mêmes le degré d'intelligence qu'il faut pour expliquer la merveille de leur existence. Ils expriment par tout leur être une intelligence que leur être n'a {las, un art supérieur dont ils sont les effets, non la cause. Cette intelligence sublime, cet art achevé, la philosophie de la nature n'est plus une philosophie si

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elle renonce à en rechercher Torigine : et si, d'au<tre part, elle $e persuade que cette intelligence et cet art résident substantiellement dans le grain de sable et le brin d'herbe, pourquoi Thomme. en qui rintelligence est aussi évidente qu'elle l'est peu dans la plante et le coquillage, est^il donc dans une impuissance absolue de créer une simple feuilled'arbre? Ainsi rintelligence,qui est le principe de l'homme et du monde, n'estni l'intelligence humaine, ni l'intelligence d'aucun être créé quel qu'il soit. Cette intelligence, la raison la proclame infinie en vertu d'une induction immédiatedontlepointde départest la conscience psychologique de notre propre faculté de connaître. Donc, que l'àme humaine aille aux causes secondes ou qu'elle monte à la cause première, c'est d'elle-même comme centre qu'elle rayonne. Nous louerons, dans cet ouvrage, Ârislote etPiotin de n'avoir pu concevoir le monde sans un Dieu intelligent qui le domine ; mais on verra ce qu'est tour à tour devenue leur théodicée, c'est-à-dire leur doctrine de la cause première, selon qu'ils ont écouté ou dédaigfaé les avertissements de la science de l'âme.

La question des genres et des espèces touche en même temps à Dieu, à la nature et à notre entendement : à Dieu qui, sans doute, a mis Tordre dans le monde ; à la nature, où les genres et les espèces semblent) du moins jusqu'ici, durer ou périr, mais non se mêler; à notre entendement lequel, malgré

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qii'il en ait^ croit à la stabilité des lois de la nature. Ce problème est donc, l'histoire te prouve, au nombre des plus compUqfués, des plus obscurs et des plus difficiles. N'est-ce pas un foit considérable que le moyen âge^ représenté par Abélard, ait emprunté au foyer de la psychologie les premières clartés qu'il a jetées sur ce ténébreux sujet?

Enfin, et pour dire un mot de la question par la-* qu^e s'ouvrent ces Études, comment savoir si Tâme pensante est Touvrière du corps qu'elle habite, si- D(m par une interrogation délicate^ assidue, pro* fonde du sens intime? Admettons en outre, comme Ta pensé M. de Rémusat dans son beau mémoire sur les F€tcultés inconnues de l'amer qu'à l'observation directe il convienne ici d'ajouter l'induction, encore faudra*t-*il que cette induction allant de rame consciente à l'âme inconsciente, prenne pour point d'appui le témoignage du sens intime. Et, en effet, nul ne conteste cette évidente nécessité.

Ainsi ces Études^ quoique diverses, ont un lien commun : toutes, elles aboutissent plus ou moins explicitement à cette Conclusion que la psychologie est la condition, nous ne disons pas unique, mais première de l'existence et des progrès de la philo* Sophie, entendue surtout comme science des causes. Nous n'avons certes pas la prétention d'offrir cette conclusion comme un principe nouveau . Mais des raisons qui frappent tous les yeux exigent que ce

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